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16/04/2005

Jeux de plages, jeux de vilains.

Tout au long de notre vie nous sommes en concurrence avec quelqu’un. Parfois les règles sont les mêmes pour tout le monde mais le plus souvent ce n’est pas le cas. J’en ai été victime mais j’ai aussi bénéficié de l’aménagement des règles.

En août 1977, j’étais en vacances à Port-Manec’h, petit bourg de la côte sud de la Bretagne aux environs de Pont-Aven. Je me souviens encore de l’année car le 16 août disparaissait le King : Elvis Presley. A cette époque, point de beach soccer et point de beach volley. Mais la grande mécanique marketing était déjà en action. Les grandes marques de bonbons, glaçes et jouets organisaient des opérations de promotions sur les plages de France. Ces opérations prenaient la forme de jeux de plage avec force haut-parleurs et animateurs aigris de s’être fait recaler à la radio ou à la télévision. J’ai pris part avec mon frère à une de ces épreuves d’estivants. La nôtre était organisée par :

Charade (digne des blagues carambar) :
Mon premier est une note de musique
Mon second est un oiseau réputé pour sa propension à s’approprier tout ce qui brille (indice : relire les albums de tintin)
Mon troisième est ce que fait mon second quand il n’a rien qui brille dans la bouche
Mon tout est une célèbre marque de bonbons qui organisait des jeux de plages à Port-Manec’h à l’été 77.


Le jeu commence par une mise en concurrence de la vingtaine de gamins volontaires. A tour de rôle nous devons chanter. A chaque fois qu’un enfant a usé son répertoire, il est éliminé. Elimination sans aucun cadeau ! Elle est belle l’opération de Marketing ! Mon frère résiste un temps mais son répertoire est trop limité. Nous nous retrouvons finalement à deux. Par chance, à l’époque je faisais partie d'une chorale. J’ai donc commencé à taper dans le répertoire sacré. Un requiem sur une plage de bretagne en plein été, c’est tout de même autre chose que la lambada ou que soca dance. Mon adversaire échoue sur le fil : Dalida, Sheila et Michel Sardou face aux musiciens classiques, c’était la défaite assurée. Point de cadeau pour mon malheureux adversaire. Mais aussi pour moi. C’était en fait une épreuve qualificative pour avoir le droit de se frotter à un adulte ! Un peu fort de café, tout de même, madame la pie !

J’attaque un nouveau jeu face à une dame de 20 à 30 ans mon ainée. L’animateur donne une lettre et nous devons citer une ville qui commence par la dite lettre. Plusieurs lettres passent et personne ne flanche. L’animateur lance le « O ». J’annonce : Ouagadougou. Il refuse, cette ville n’existe pas dit-il. Personne dans l’assistance ne réagit. Je suis éliminé. Je repars avec un paquet de bonbon. Passons, sur l’inculture de ces estivants et de l’animateur de la Big Company Malabar & Carambar mais l’affaire n’en est pas resté là. Mon adversaire continue le jeu. A chaque nouvelle ville citée, elle obtient un lot. Au bout du compte, après avoir épuisé l’alphabet, elle repart avec seaux, rateau, pelle, canot pneumatique, bouée, matériel de pêche, carton de bonbons et autres choses diverses…

Au retour à Paris, ma mère a fait une lettre au siège de cette Big Company. Dans la semaine suivante nous avons reçu un carton plein de paquets de bonbons. Quand à l'animateur, il doit être maintenant en train de se la couler douce dans une propriété du Burkina Faso après avoir épousé la candidate bien lotie.

12:30 Publié dans Récits Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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