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23/06/2005

Des nouvelles de la route de l'équateur

La route de l'équateur continue avec son lot de choses amusantes même si le sujet est sérieux. Une course qui devait compter une flotte de 15 à 20 navires et qui n'a vu partir que cinq voiliers, c'est déjà assez risible.

En plus, les avaries ne manquent pas. Je crois que les skippers sont bien au courant que le micro-village qui doit les accueillir à l'arrivée connaît quelques difficultés de planning (c'est un doux euphémisme). Il est donc préférable pour eux de ralentir le rythme quelqu'en soit la façon pour ne pas finir le voyage dans des baraques de chantier.

Il y a juste un hic à cette stratégie, les vivres (avitaillement pour les pro) n'ont pas été calculés en conséquence. Ce qui induit des situations dont se gaussent les propagandistes français du dictateur tropical Congolais (Propagandiste attitré de Sassou: Jean-Paul Pigasse qui à ses heures perdues doit être également capable d'écrire des constitutions taillées sur mesure pour ses bienfaiteurs despotes Africains, quelques dizaines de milliers d'euros tout de même à la clé).

Petit extrait : "Derrière, mille par mille, Philippe Monnet (La Nouvelle Espérance) efface la distance qui le sépare encore du couple d’enragés et pourrait bientôt devenir le spectateur attentif de ce duel au sommet. En attendant, Philippe nous a appris une bonne nouvelle aujourd’hui : «j’ai encore rationné mes huit lascars croates : dorénavant, nous avons le droit à 150 grammes de pâtes par jour et par personne et un biscuit LU, matin et soir. Ce qui veut dire, d’après mes calculs que nous tiendrons le coup jusqu’au 30 juin. Ca devrait être suffisant pour rejoindre Pointe-Noire. Suite à des bruits nocturnes suspects du côté de la cambuse, j’ai du prendre la décision d’entreposer la nourriture dans une caisse ficelée par un bout sous ma bannette à côté de la table à cartes. On n’est jamais assez prudent. Déjà que j’ai perdu au moins dix kilos…» Au moins, Monnet n’a pas perdu son sens de l’humour. C’est plutôt un bon signe ! "

Dessin de Denis Sassou Nguesso * Source Mwinda


Voilà, après avoir été certifié course de propagande de l'année 2005, cette route de l'équateur se double maintenant d'une expérience scientifique inattendue. Un skipper a décidé de faire passer son équipage croate du statut d'Européens moyens bien repus au statut bien moins enviable de Congolais moyens à l'estomac bien vide.

Qui a dit que cette course ne servait à rien ?

Elle permet de montrer que le programme de la nouvelle espérance du gouvernement Sassou n'est rien d'autre qu'une opération pour maintenir les Congolais dans la misère sauf ceux qui appartienent au clan de l'ex-instituteur devenu Président. Elle s'est simplement donné, grace à cette course honteuse, quelques ambitions supplémentaires: impliquer quelques Croates dans ce sinistre dessein en y amenant quelques skippers qui n'ont pas vraiment réfléchi longtemps avant de s'engager dans cette mascarade d'épreuve sportive.

En marge de cette course, quelques liens sur la vie au congo:
Le secteur de la santé
Encore le secteur de la santé

17:20 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires

Slt l'A,
A cette course de la honte. Voici une des réponses qui ont sans doute influencer ma dernière note, comment peut-ont dire à 25 ans que l'homme ne peut rien y changer. Voici ce que l'on m'a répondu :
"On n'y peut rien changer, l'homme a toujours commercé la guerre, depuis la nuit des temps, depuis le temps des conquêtes, puis la colonisation, et encore aujourd'hui, le pétrole contre la nourriture en Irak. Signer une pétition ne changera malheureusement rien au monde d'aujourd'hui. L'homme vend les armes qui tuent, la drogue qui tue, l'alcool au volant qui tue..., c'est s'enrichir peu importe les conséquences, du moment que certaines personnes s'enrichissent, c'est ce qui importe".
Cette réponse me fait bondir, nous savons, nous nous étonnons, nous compatissons mais nous nous cachons, en toute bonne conscience de les faits qui nous surprennes, qui nous scandalisent même, derrière notre individualisme, nous refusons de nous responsabiliser et d'accepter que nous pouvons y changer quelque chose. Dire que "signer une pétition ne sert à rien" c'est s'avouer vaincu et refuser d'affronter la réalité.
J'ai regardé la vidéo sur le peuple pigmée (ta note sur l'esclavage), je ne comprends pas les autorités. Cet homme d'église dit vrai, la loi existe mais pourquoi les autorités ne font pas appliquer la loi, que craignent-elles ? Je ne comprends pas l'attitude passive de ce prefet (je crois qu'il était préfet). Il reconnaît les faits mais reste si passif, c'est pourtant lui le représentant de l'autorité de l'Etat sur le terrain. Comment peut-il y avoir dans ces pays des structures administratives étatiques qui ont l'air bien définie apparemment avec un flou juridique total (j'avoue ne pas trop connaître l'Afrique) mais apparemment ces propriétaires sont si peu nombreux par rapport à la population pygmée, l'état pourrait faire appliquer la Loi. L'Etat ne le souhaite pas apparemment.
Bises,
Cal

Ecrit par : Calamine | 24/06/2005

L’étrange course à la voile des « frères » congolais
(Article paru dans Marseille l'Hebdo quelques jours avant le départ de la course)

Le dimanche 5 juin, part la Route de l’Equateur, une course océanique à la voile qui doit relier Marseille au port de Pointe noire au Congo Brazzaville. Six bateaux, dont certains barrés par des skippers de renom, prendront le large, salués à 11 heures par le passage de la patrouille de France. Dès le jeudi 2 juin et les premières régates autour du Frioul, une grande partie du gouvernement congolais, le premier ministre Isidore Mvouba, plusieurs de ses ministres, le frère et la fille du président de la République, Denis Sassou Nguesso, séjourneront à Marseille. Du très beau monde qui débarque quasiment en catimini. Ni la Préfecture de région, ni la Préfecture de police ne sont prévenues de cette "visite privée". Ils n’ont d’ailleurs rien prévu pour assurer la sécurité et le protocole du séjour de ces illustres hôtes.
Seule la ville de Marseille et la Communauté urbaine participent à l’organisation de la course en recevant les officiels congolais et en mettant à disposition ses infrastructures portuaires. "Nous soutenons cette course indirectement par l’intermédiaire du club de nautisme de l’YPCR, explique France Gamerre. Nous remettrons aussi la Coupe de la ville de Marseille à l’issue des premières régates". Du côté des autres collectivités territoriales, ni soutien financier, ni partenariat. D’ailleurs, en ville, les rares affiches annonçant l’évènement présentent un nombre très réduit de partenaires. Seul sponsor privé connu, Volvo Suède Méditerranée, concessionnaire local. Pas trace du groupe Total, ni de Bolloré, tous deux très présents au Congo. "Nous soutenons la course sur le site d’arrivée, à Pointe noire, dans le cadre des bonnes relations avec le pays hôte", annonce-t-on chez Total. Ce peu de soutien a une raison simple: son budget de 1,5 million d’euros est quasi intégralement pris en charge par la Société Nationale du Pétrole Congolais gérée par le neveu du président.
Car cette course a d’autres buts que la gloire du sport nautique, dans un des pays les plus pauvres du monde où, forcément, ce sport compte peu d’adeptes. Le but avoué par le premier ministre Isidore Mvouba, lors de la soirée de lancement, le 26 octobre dernier au Yacht Club de la Pointe-Rouge est clair comme de la communication institutionnelle: "Grâce à cet évènement, le Congo pourra lever le voile qui grève son image, victime de la désinformation". Pays encore déchiré par une guerre civile, à la démocratie toujours sujette à caution, le Congo a donc décidé de figurer sur l’échiquier mondial comme le premier pays africain à organiser une course à la voile. Soit. Mais pourquoi en partant de Marseille?
Cela tient à la personnalité d’un des personnages clefs de cette histoire : Jean-Claude Vergier. Ancien élu vigouriste, passé un temps chez Tapie, ce chef d’entreprise a tissé des liens étroits avec le Congo durant son mandat municipal et à la Chambre de commerce. Des liens qui sont restés solides. "Il y a quelques années, j’ai reçu un coup de téléphone de Brazzaville, indique-t-il. C’était la présidence. Le lendemain, j’entrais au Congo sans visa pour un séjour de 15 jours. Ensuite, j’y suis resté comme conseiller spécial du président Sassou Nguesso en charge de la coopération décentralisée".
FRANÇAFRIQUE
Depuis, il possède un passeport diplomatique qui lui permet de fréquents allers-retours et de nouer de discrètes relations entre Marseille et Brazzaville. "Ces relations ont débouché sur des projets dans le domaine de la sécurité civile, grâce notamment au Sdis 13, partenaire de la course, qui a formé cent pompiers congolais et offert huit véhicules, énumère Jean-Claude Vergier. Nous avons développé également un volet médical notamment avec l’ONG Hôpital Assistance. Mais les projets les plus intéressants sont à venir, ils concernent les infrastructures. La Chambre de commerce et l’Aéroport sont sur les rangs pour réaliser la rénovation et l’exploitation de l’aéroport de Brazzaville. Le Port de Marseille et Semfos, la société de Charles-Emile Loo, sont intéressés par un projet de rénovation des ports de Pointe noire et de Brazza".
Contactée, la direction de l’aéroport a déclaré ne pas être intéressée par ce projet. Quant au Port autonome, ses responsables indiquent n’avoir jamais dépassé le niveau des appels d’offre concernant le Congo. Le tout fait pschitt.
En revanche, on comprend mieux la nature des enjeux, lorsqu’on sait qu’Hôpital Assistance est une ONG directement liée à la Grande Loge Nationale Française (GLNF), une loge maçonnique très implantée en Afrique. Jean-Claude Vergier est souvent présenté comme le représentant d’Hôpital Assistance au Congo. De même, Luc Jorda, le patron des sapeurs-pompiers du département n’a jamais caché son appartenance franc-maçonne. Une caractéristique que l’on retrouve très simplement aux doigts d’Alain Verdet, président de l’association franco-congolaise Route de l’équateur qui patronne l’événement : cet expert immobilier arbore sans discrétion une chevalière frappée des symboles maçonniques.
Si ces personnages reconnaissent volontiers ne rien connaître au monde de la voile, ils ont en commun leur parfaite connaissance des réseaux maçonniques de la GLNF, particularité que partage également le chef d’Etat congolais Denis Sassou Nguesso et son frère Maurice, patron du club nautique de Pointe noire et "éminence grise" du président selon Vergier lui-même. Quand on interroge ce dernier à propos des enjeux sous-jacents à cette épreuve sportive, ce dernier se contente d’évoquer "un enjeu considérable" pour Marseille et pour le rôle de la France en Afrique. Mais on ne voit pas vraiment ce que peut y faire une course à la voile. BENOÎT GILLES

Ecrit par : bgilles | 17/08/2005

Excellent article que celui de François Gilles. Cela éclaire quelques zones d'ombres et est parfaitement documenté.

Ecrit par : bee_human | 17/08/2005

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