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03/01/2006
Motivé, motivé
Je suis tombé sur 2 articles très intéressants du monde.
Le premier "Les cadres continuent à s'impliquer, mais contestent l'entreprise" montre une certaine tendance de fond et je retrouve pas mal de cadres de mon entourage (y compris moi-même) dans cet article.
Le second est lui aussi très sympathique "Un site pour aider à soulager sa conscience". Mais ce qui décoiffe le plus c'est ce que l'on trouve dans le lien proposé "le repentir d'un gérant de supermarché". Je pense que les extraits qui suivent vont attiser votre curiosité.
[...]
"Pour cela, ils m’ont suggéré des méthodes, à charge à moi de m’en inspirer. Par exemple, si parmi les caissières les plus anciennes, dont vous voulez vous débarrasser, il y en a une qui est très coquette et qui arrive toujours bien pomponnée le matin, vous l’envoyez systématiquement faire des travaux salissants et malodorants, en prétextant qu’il manque du personnel, et une fois qu’elle s’est salie et imprégnée de mauvaises odeurs, vous la renvoyez en caisse ; toute la journée, elle devra subir les regards et les questions des clientes qui trouvent qu’il y a une drôle d’odeur. C’est une façon insidieuse mais très efficace de lui saper le moral.
L’objectif est d’amener la personne soit à se plier aux nouvelles méthodes et aux objectifs de la direction, soit à quitter l’entreprise ; il est bien sûr exclu de la licencier, car cela coûterait trop cher à l’entreprise : il faut qu’elle démissionne d’elle-même."
[...]
Un soir, alors que je venais de fermer le magasin et que j’étais seul sur le parking, deux voitures se sont garées près de moi et deux hommes en sont sortis, des proches de l’une des caissières qui étaient harcelées ; je me suis retrouvé adossé à une voiture avec un couteau sur le ventre, et tout d’un coup je me suis demandé comment j’en étais arrivé là et ce que j’avais fait pour les pousser à un tel geste.
[...]
Par exemple, lorsque je réalisais avec les salariés une nouvelle implantation des produits sur les rayons, ils venaient le dimanche suivant avec le cousin, la sœur, les enfants, remettre en place tout ce que j’avais déplacé. L’objectif était de me pousser à bout pour que j’aille faire une scène dans leur bureau et qu’ils puissent me licencier pour insubordination. Mais j’ai fait le dos rond et j’ai résisté à toutes les provocations : j’ai un caractère plutôt trempé et ce n’est pas facile de me faire plier quand j’ai décidé de tenir bon.
Il faut lire l'article dans son intégralité car il est édifiant. Bienvenu dans le monde des gens cupides. Il y a des dictateurs cupides qui affament leur peuples. Mais sans faire des kilomètres, il existe sans doute près de chez vous des personnes comme ces patrons de supermarché qui n'ont aucune limite pour augmenter leur profit. Même si cela doit se faire en précarisant des familles entières.
00:00 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
J'ai lu presque entièrement "le repentir...". Tout cela est très édifiant. J'ai travaillé trois mois il y a très longtemps comme caissière dans un supermarché leclerc, pour ne pas le citer, pour la saison, et comme on me trouvait trop "fière", trop bien "mise", et fouteuse de merde de surcroît (j'ai une petite tendance pousse-à-la-révolution...), pour me "punir", me rabaisser, on me faisait nettoyer le grand hall d'accueil.(pas de chance, je transpire peu !... ;-))
Je suis partie avant la fin des trois mois, mais c'était juste pour mettre du beurre dans les épinards, alors pas grave, mais pour les personnes qui n'ont que ce boulot pour subsister, c'est raide et inadmissible. C'est aberrant la façon dont on arrive à manipuler les gens, à faire faire le sale boulot par les autres. Et malheureusement, ça existe encore et dans beaucoup d'endroits, et c'est vrai que dans l'agro-alimentaire, c'est particulièrement marqué. J'ai travaillé dans pas mal de domaines, mais là ça atteint des sommets.
Heureuse année quand même, malgré tout ça ...
Ecrit par : radotages | 03/01/2006
C'est édifiant et relativement incroyable quand même...
Que des mecs arrivent à de telles extrémités envers des personnes, ça me débecte quand même...
Ecrit par : matthieu | 03/01/2006
radotages et matthieu > Je suis tombé récemment sur le film "de gré ou de force" (voir au milieu de cette page http://archives.arte-tv.com/societe/mobbing2/ftext/thema.htm ). Les ficelles pour pousser à la démission sont effrayantes : bureau sans lumière avec pas de boulot, tâches dégradantes, acheter la démission etc...
Un film à voir tellement, le comportement de certaines personnes est ignoble dans le monde du travail.
Ecrit par : bee_human | 03/01/2006
Oui, je crois que j'en avais vu des extraits (il me semble avoir vu le passage où un homme est emmené dans son nouveau bureau, un truc sans fenêtre avec juste une table et une chaise)...
Putain de monde
Ecrit par : matthieu | 04/01/2006
Matthieu > C'est bien cela, il récupère le bureau d'une personnes très fragile dont ils ont déjà réussi à se débarasser par ce moyen.
Ecrit par : bee_human | 04/01/2006
Je suis comme radotages, j'ai bossé trois mois dans un hypermarché quand j'avais 19 ans pour me payer mon permis. J'ai très rapidement compris que je ne voulais absolument pas faire ça toute ma vie, tellement l'ambiance était horrible. J'en garde un très mauvais souvenir et... un parti pris de ne jamais m'en prendre à une caissière (ou une vendeuse) et d'être le plus polie et souriante possible avec elles. J'ai aussi vu le téléfilm dont tu parles, Bee, et je l'avais trouvé excellent (Jalabier est aussi infect que Dupont la Joie, dans un autre genre). Le témoignage du gérant auquel tu renvoies est lui aussi très intéressant, surtout qu'il montre bien que ce garçon a été manipulé au départ, sans avoir véritablement conscience de ce qu'il faisait. J'en vois passer aussi des comme ça à mon boulot... Le harcèlement moral au travail est une réalité dont on a du mal à prendre conscience parce qu'en effet, on ne s'attaque qu'à une seule personne à la fois. Les autres se taisent donc en espérant que leur tour ne viendra pas ou en essayant d'eux mêmes de trouver un autre boulot avant qu'on ne s'en prenne à eux. (Et tout ça pour le profit de quelques uns...) Dans ces conditions, il est très difficile de porter une accusation devant les Prudhommes, parce qu'il n'y a ni preuve, ni témoignage... La seule solution est d'arriver à faire comprendre à l'ensemble des employés que tous sont menacés à plus ou moins long terme. Mais la victime du harcèlement n'est pas en état de le faire... C'est vraiment dégueulasse et ça reflète bien le monde d'aujourd'hui où l'être humain n'a aucune importance en tant que tel pour certains. On se croirait revenus quelques siècles en arrière, le décor a changé, mais pas les mentalités.
Ecrit par : Salomé | 04/01/2006
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