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24/01/2006
Chirac et Sassou en prison, un peu de patience ?
En ce moment une seule radio FM diffuse le titre des Wampas : "Chirac en Prison". Didier Wampas qui nous régalait l'année dernière avec sa chanson dont une partie des paroles était: "Si j'avais le portefeuille de Manu Chao, j'irais en vacances au moins jusqu'au Congo". Cela tombe très bien car c'est justement à Brazzaville que se trouve un autre sursitaire, le président dictatorial et corrompu Denis Sassou-Nguesso. Aujourd'hui l'un se trouvait à Versailles en se prenant pour un monarque pour épater Angela. Esbrouffe qui a entraîné le bouclage d'une partie de la ville avec la grande satisfaction des travailleurs, écoliers et étudiants qui n'ont pas pu avoir leurs transports en commun habituels. L'autre se trouve au Soudan pour tenter d'être le nouveau Président de l'UA pour faire croire que c'est un grand diplomate.

Plusieurs Hautes Cours de Justice ont condamné des proches du pouvoirs Congolais pour des manipulations illégales. Manipulations que les accusés ont niées se rendant coupables de parjures, de faux témoignages ainsi que de fabrications et d'usages de faux. On a condamné du monde pour beaucoup moins que cela.
Dernièrement Pigasse dans son brûlot chèrement payé par le régime Brazzavillois pour oeuvrer dans la désinformation écrivait : "Le gouvernement congolais a choisi avec sagesse de ne pas polémiquer publiquement avec Kensington International et Eliott Partners. Il a préféré mener jusqu’à leur terme les travaux engagés avec le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Ce faisant il a agi avec sang-froid et sagesse, les temps à venir le démontreront. Mais il n’est pas trop tôt pour rendre hommage à ceux qui guident le navire dans la tempête sans se laisser impressionner par la hauteur des vagues qui frappent sa coque. La suite des évènements, c’est certain, leur donnera raison." Contrairement à ces affirmations très optimistes du griot français, il semble que le capitaine de Mpila n'ait pas beaucoup appris de ces skippers de la route de l'équateur sur la tenue d'un cap en pleine tempête. Ces marins renommés à cause de qui le peuple Congolais avait de nouveau été spolié afin de dégager des milliers d'euros pour l'organisation d'une course ne servant qu'à tenter de légitimer un pouvoir non présentable.
Voilà, que le gouvernement a le mal de mer. Les vaguelettes d'aujourd'hui ne sont pourtant rien en regard de ce qui attend la classe politique véreuse qui contrôle tout au Congo. Le premier ministre Isidore Mvouba reconnaît déjà les "méthodes peu orthodoxes" utilisées. Malheureusement, il continue de mentir de façon éhontée quand il affirme que ces méthodes ne servaient qu'à protéger le Congo de ses créanciers et en particulier des fonds vautours.
C'est archi-faux. Les 2 entreprises possédées par Gokana n'avaient pas cet objectif au départ (Sphynx et AOGC). Cette déclaration d'Isidore Mvouba est une insulte à notre intelligence et à celle du peuple Congolais tout entier. Sauf peut-être quelques membres de l'opposition Congolaise qui tombent naïvement dans le panneau en se faisant berner par la diabolisation des fonds vautours par Pigasse ou un 1er ministre non constitutionnel. La première cargaison vendue par la SNPC à Sphynx date de janvier 2003. Aucun créancier n'a essayé d'obtenir de saisie de cargaison avant janvier 2005. Ce sont 2 années pleines qui font toute la différence. Depuis janvier 2003, le Congo a vendu environ 120 cargaisons, seule une a été saisie et 2 autres ont été demandées. Ce n'est donc pas cela qui fait peur aux dirigeants et qui aurait dicté les méthodes illégales.
La vérité de ces méthodes peu orthodoxes est à trouver ailleurs. Mais il n'est pas nécessaire de chercher bien loin, tant la vérité saute au yeux quand on analyse les dates des différents méfaits et leur synchronisation avec les plans signés avec les institutions internationales.
Si on regarde déjà la lettre d’intentions du FMI avec le Congo pour permettre au pays d'accèder à l'initiative PPTE. Les lignes directrices de ce programme sont :
1. l’amélioration de la transparence et de la bonne gouvernance dans le secteur pétrolier,
2. renforcer la discipline dans le domaine de la gestion ficale,
3. la promotion du secteur privé avec pour objectif de soutenit la croissance nécessaire à la reduction de la pauvreté.
Simplement sur le premier point, le Congo n’a pas rempli ses obligations. Au lieu d’augmenter la transparence dans le secteur pétrolier, le Congo a spécifiquement bâti de nouvelle façons de détourner l’argent qui étaient par définition indétectables par le FMI. Denis Gokana a été nommé conseiller spécial de Sassou en décembre 2002. Soit juste avant que les certifications de KPMG sur les revenus pétroliers soit mis en place en janvier 2003, comme le prévoyait la lettre d'intention. Dans le même mois, Sphynx jouait l’intermédiaire pour la première fois. C’est aussi trivial que cela. On appelle cela de la préméditation.
Le premier conseil du nouveau conseiller spécial pour le pétrole du Président de la République Congolaise a été de donner la façon de continuer de dérober de l'argent du pétrole compte tenu de l'entrée en vigueur des certifications de KPMG à partir de janvier 2003.
Comme le FMI et KPMG ne s’intéressent qu’aux ventes faites par la SNPC. Si la SNPC annonce qu’elle a vendu 1 million de barils pour 20 $ le baril, le FMI ne vérifiera simplement que 20 millions de $ sont bien arrivés au Trésor Public Congolais. KPMG garantirait que la SNPC avait vendu le baril 20 $ à la Sphynx (un trader dont elle ne connaissait pas le propriétaire). Par contre ce que KPMG ne verrait pas c'est que la Sphynx revendait ce pétrole à 25 $ le baril. La différence ne finissant jamais sur les comptes du Trésor Public Congolais. Voila une méthode infaillible de berner KPMG, le FMI et le peuple Congolais.
Sauf que les fonds vautours ont senti la charogne puante de Brazzaville (et ce n'est malheureusement pas une image, Brazzaville est une ville qui pue car laissée à l'abandon par les dirigeants qui utilisent l'argent détourné de préférence en Europe).
S’il n’y avait pas eu les litiges avec les fonds vautours, ces manipulations n’auraient jamais été dévoilées. Sassou a fait un très mauvais calcul. Il a refusé de négocier avec les fonds vautours, du coup ceux-ci ont engagé des poursuites dans plusieurs points du globe. Les juges ont ordonné au Congo de produire des milliers de documents que le Congo a toujours refusé de montrer au FMI. Du coup, les fonds vautours ont bien plus d’informations que quiconque, y compris le FMI et la Banque Mondiale et sont ainsi capables de démontrer la plupart des manipulations de Sassou.
Le Congo a abordé son programme avec le FMI avec une extrême mauvaise foi en ayant déjà construit les méthodes peu orthodoxes pour continuer de s'en mettre plein les fouilles. L’initiative PPTE est conditionnelle. Ce n’est pas simplement un truc donné aux dictateurs comme une prime pour des décennies de mauvaise gestion et de détournements. Le dilemme de l’initiative PPTE est de s’assurer que les ressources dégagées par l’annulation de la dette seront réellement utilisées pour lutter contre la pauvreté plutôt que d’aller enrichir la classe dirigeante.
La principale condition pour l’annulation de la dette du Congo est la transparence sur la rente pétrolière et la bonne gouvernance. Mais le comportement du Congo a été tout bonnement l’antithèse de cette condition. Compte tenu des termes du contrat entre le FMI et elle-même, la République du Congo ne mérite pas de bénéficier de l’initiative PPTE. Les fonds vautours et les ONG comme Global Witness et Publish what you Pay feront tout ce qu’il est possible de faire pour être certains que le Congo ne bénéficiera pas d’un allégement de la dette qu’il ne mérite pas. Le gouvernement américain défend cette position à 100 % par d’argent pour les dictateurs corrompus et menteurs. Les seuls à soutenir le Congo sont les français. La bêtise de nos politiciens françafricains se retournera de toute façon contre nous. Une nouvelle race de pestiférés est en cours de création de Dakar à Dar el Salaam et d'Alger à Captown: le français.
La Banque Mondiale a affirmé qu’elle ne supporterait pas l’initiative PPTE avant que des réformes majeures n’interviennent. Le Congo a été retiré 3 fois de l’agenda du board du FMI à cause de la pression de la Banque Mondiale, des fonds vautours et des ONG. Malheureusement le FMI ne dira jamais qu’un pays est corrompu, il se contentera de repousser l’examen du dossier. Jusqu'à quand ?
Les fonds vautours ne veulent pas destabiliser le Congo. Si le Congo est instable, ils ne récupéreront pas leurs fonds.
Au final, la responsabilité de tout cela est imputable à Sassou. Il a contracté de manière scandaleuse la dette initiale par sa cupidité et celle de sa famille. Puis il a refusé de payé ses dettes. Il a ensuite ignoré les fonds vautours qui ont acheté la dette initiale (alors qu'il pouvait l'acheter lui-même à vil prix). Il a du coup exposé le Congo à toutes les procédures qui sont en cours actuellement et l'a montré sous sa véritable apparence: un voleur. Maintenant, il veut convaincre l'opinion qu'il est victime d'une machination de gens qui souhaitent que le Congo n'accède pas à l'initiative PPTE. Et pourtyant tout n'a pas encore été porté sur la place publique: le népotisme Sassou-Nguesso avec la mainmise sur les entreprises rentables du pays, la société Likouala SA compagnie enregistrée aux îles vierges britanniques ou les conditions sur l'exploitation du bois. Le dossier à charge sur le Président Sassou-Nguesso grossi sans doute de quelques kilos chaque jour.
Il est clair que Denis Sassou-Nguesso et son grand protecteur, Jacques Chirac ne sont qu'en sursis même si c'est pour des raisons différentes.
Le jour où la justice les aura rattrapés, nous pourrons aménager la chanson de Didier Wampas:
"Chirac et Sassou sont en prison,
Maintenant que j'ai le portefeuille de Sassou-Nguesso je vais m'installer au Congo"
Un Congo qui verra alors une vraie chance de se développer pendant que nos compères se raconteront leurs histoires drôles de franc-maçons au fond de leur cellule.

00:05 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Pas de PPTE pour le Congo aujourd'hui.
Sinon, le peuple congolais mettra tout a nu. Les cadres ont les dossiers qui pesent sur qui conque sutient D. Sassou N.
Ecrit par : le | 24/01/2006
je suis très ravi de rencontrer des pesonnes qui ont le même point de vue que moi sur ce malheureux pays qui n'a jamais eu la chance d'avoir des dirigeants patriotiques.
l'affaire sassou-chirac est un vrai scandale, je me demande parfois s'ils la moindre idée de pouvoir finir un jour comme le feu mobutu du zaïre
Ecrit par : okoumaka carole | 24/01/2006
entre dans le site de l'élysée et envoie le lien à de bonnecorse... il va sourire.
on attend la prochaine revue du Fmi fin de ce mois...et passage au board vers la mi mars... et non dans quelques jours comme le prétend le non-cordonnateur...
si nous avions son mail on lui enverrait le numéro 486 page 2 de la lettre du continent.
Ecrit par : bruno | 24/01/2006
entre dans le site de l'élysée et envoie le lien à de bonnecorse... il va sourire.
on attend la prochaine revue du Fmi fin de ce mois...et passage au board vers la mi mars... et non dans quelques jours comme le prétend le non-cordonnateur...
si nous avions son mail on lui enverrait le numéro 486 page 2 de la lettre du continent.
Ecrit par : bruno | 24/01/2006
Bruno...dernière édition de Africa Energy Intelligence (25/01/06):
"Selon nos informations, l'examen de l'inclusion du Congo dans l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), initialement prévu pour décembre puis repoussé à mars, va être une nouvelle fois retardé, la Banque mondiale et le Fonds monétaire ayant imposé au pays de nouvelles exigences en matière de transparence, notamment dans le secteur pétrolier."
Ecrit par : djeno | 24/01/2006
djeno .... fais une piece jointe et envoie la a mwinda pour voir si on peut le mettre en ligne
Ecrit par : bruno | 25/01/2006
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