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26/03/2006

Document de discussion du FMI sur le secteur pétrolier Camerounais

Le FMI vient de publier un document destiné à susciter les commentaires et la discussion à propos du secteur pétrolier Camerounais (Document de Stéphane Cossé): "Strengthening Transparency in the Oil Sector in Cameroon: Why Does It Matter ?". Ce document est en anglais sous format PDF. J'ai essayé d'obtenir le document en version française mais sans succès à ce jour. Je délivrerai donc mes traductions au cours des jours qui viennent au fil de l'avancement de la version française.

La situation Camerounaise est relativement similaire à celle du Congo en ce qui concerne la transparence et la bonne gouvernance dans le domaine pétrolier et les dépenses d'état. Les différences résidant essentiellement dans la faible production pétrolière du Cameroun qui est en plus en déclin (90 000 barils par jour), l'utilisation du territoire Camerounais pour évacuer la production pétrolière du Tchad vers la mer grâce à un pipeline (200 000 barils par jour) et le poids des revenus du pétrole dans le PIB Camerounais. Ce qui m'étonne un peu dans cela, c'est que le FMI réserve un rapport sur le secteur pétrolier d'un pays qui est le plus petit producteur de l'Afrique sub Saharienne et qui n'a pas défrayé la chronique autant que la République du Congo a pu le faire.

L'intérêt géostratégique du delta du Niger et du golfe de Guinée se confirme de jour en jour. Il y avait cet après-midi un excellent reportage sur la chaîne planète à ce propos ("France - USA : duel pétrolier en Afrique" qui suivait un document de politique fiction "La fin du pétrole") . La concurrence que se livrent Américains et Chinois est de plus en plus rude pour accèder à cette denrée non renouvelable. Pigasse a beau caresser une nouvelle fois dans le sens du poil son commanditaire en nous disant que "l’Union Africaine, à la tête de laquelle de trouve désormais un stratège..." (quand le golfe de Guinée se substituera au golfe Persique), la stratégie n'est certainement pas au niveau de l'Union Africaine. Il apparaît même que l'admission du Congo à l'initiative PPTE bien que fortement liée à un lobbying français a sans doute bien arrangé les affaires Américaines en ne braquant pas le pouvoir de Brazzaville par un refus venu d'outre-atlantique. Tous les indices convergent pour cette hypothèse comme le confirme le récent entretien du nouvel attaché militaire à l'ambassade américaine avec le responsable des FAC pour redynamiser la coopération entre les 2 armées. Sous couvert de luttes anti-terroriste et de lutte contre les pandémies, Washington lorgne sur le pétrole du golfe de Guinée. Et ce n'est pas le "stratège émérite" de l'Union Africaine qui changera quoi que ce soit à cela.

Traduction du Document du FMI effectuée par l'humaniste (http://suis-jeleseulcommecela.hautetfort.com/)

 

IMF Policy Discussion Paper : Strengthening Transparency in the Oil Sector in Cameroon: Why Does It Matter ? Par Stéphane Cossé

 

Renforcer la transparence du secteur pétrolier Camerounais: Pourquoi est-ce essentiel ?

Avertissement : Ce document ne peut pas être considéré comme représentatif de la vision du FMI. Les opinions données dans celui-ci sont celles de son auteur et ne représentent pas nécessairement celles du FMI ou la politique du FMI. Ces documents décrivent des travaux en cours de la part de l’auteur et ne sont publiés que pour provoquer des commentaires et susciter des débats.

On admet de plus en plus que la transparence est très importante pour la croissance économique et le développement social dans les pays producteurs de pétrole. Ce rapport analyse les problèmes de transparence dans le secteur pétrolier Camerounais. Il montre que, malgré les efforts déjà faits, il est nécessaire de poursuivre pour renforcer la transparence. Le papier cherche à identifier pourquoi et comment la transparence, spécialement dans le domaine budgétaire, est importante pour le développement économique et la réduction de la pauvreté au Cameroun.

I. Introduction

Il a été de plus en plus reconnu pendant les dix dernières années que la transparence et la bonne gouvernance sont très importantes pour le développement économique et le développement social, particulièrement dans les économies des pays producteurs de pétrole. La vive augmentation du prix du brut sur les 2 dernières années a eu pour résultat des bénéfices exceptionnels pour les pays pétroliers. Ce qui a renforcé la demande de la société civile et d’un plus grand nombre d’actionnaires de transparence et de responsabilité. Le FMI a récemment publié un Guide sur la transparence sur les revenus liés aux ressources naturelles pendant que l’EITI a vu augmenter les soutiens aussi bien dans les pays producteurs que dans les pays consommateurs de pétrole (note 2). L’EITI encourage la coopération entre les gouvernements, les sociétés pétrolières privées et la société civile afin de renforcer la transparence dans les secteurs pétrolier et minier.

Dans ce contexte, ce rapport analyse les problèmes de transparence dans le secteur pétrolier Camerounais. Il montre que, malgré les efforts substantiels qui ont déjà été faits pour renforcer la transparence, une action continue et soutenue est nécessaire pour combler le fossé qui persiste dans ce domaine. Au début des années 90, les autorités avait amélioré leur surveillance de la Société National des hydrocarbures, y compris sur le transfert des revenus vers le budget de l’Etat. Les efforts ont été aussi renouvelés de manière significative en 2005 en tant qu'élément d’un plus large engagement de l’Etat d’améliorer la transparence budgétaire et les diffusions d’informations lors de la mise en place de programmes avec le FMI (note 3). En regardant plus loin, des étapes supplémentaires pour renforcer la responsabilité sont néanmoins nécessaire pour améliorer l’utilisation des revenus du pétrole et pour réhausser la politique budgétaire pour se conformer aux priorités de développement. En dépit des revenus substantiels du pétrole sur les 30 dernières années, le Cameroun est resté un pays à faible revenu avec des indicateurs sociaux relativement faibles.

Le rapport cherche à identifier pourquoi et comment la transparence compte pour le secteur pétrolier du pays. Il montre en particulier que la transparence budgétaire peut aider le développement économique et la réduction de la pauvreté. A cette fin, le gouvernement a besoin d’inclure dans le budget de l’état tous les revenus qu’il devrait percevoir et de rendre tous les encaissements relatifs plus prévisibles, permettant ainsi de plus nombreuse et de plus régulières dépenses du gouvernement. Par ailleurs, renforcer la transparence dans le domaine pétrolier peut aussi conduire à une plus forte responsabilité et du coup contribuer à améliorer la gouvernance et augmenter la confiance des acteurs économiques.

Le rapport commence par une vision globale du secteur pétrolier au Cameroun. Il revient ensuite sur les principaux bénéfices d’une amélioration de la transparence et étudie les écarts particuliers qui existent au Cameroun, soulignant les efforts spécifiques qui doivent être menés dans le domaine budgétaire. Il montre les derniers engagements politiques et les actions des autorités pour améliorer la transparence. Pour finir par des recommandations pour les prochaines étapes (note 4).

[A suivre...]

Note 2: Une vingtaine de pays ont souscrit à EITI, y compris les 8 pays pétroliers sub Sahariens. Les autorités Camerounaises ont annoncé en mars 2005 qu'elles adhéreraient aux principes de l'EITI et qu'elles travailleraient avec les autres intervenants du secteur pétrolier pour améliorer la transparence.

Note 3: Un programme piloté par les équipes du FMI accepté début 2005 a été remplacé en Octobre 2005 par un programme moyen terme soutenu par le Fonf a travers un arrangement pour réduire la pauvreté et développer la croissance (PRGF programme).

Note 4: Pour une large vision sur l'amélioration de la gestion des revenus pétroliers dans l'Afrique sub Saharienne, voir Katz et les autres (2004) qui souligne quelques points discutés entre le FMI et plusiuers dirigeants Africains pendant un séminaire tenu à Douala au Cameroun en 2003

19:15 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires

A L'humaniste : Il y depuis longtemps une excellente documentation : Pétrole du Golge de Guinée publiée par africa intelligence ( mais c'est cher...)

Même si certains acteurs ont changé, les comportements ne se sont pas améliorés ( bien au contraire), les créations et l'utilité des équivalents SNPC ( que l'on retrouve de partout) sont parfaitement bien expliquées.


Aujourd'hui on évoque le pétrole, hier pour la Côte d'ivoire on parlait cacao... Voir la lutte entre Sucres et Denrées de Varsano et le groupe anglais Peabody ( entre autre) et les comptes en Suisse et ailleurs de principaux dirigeants ivoiriens de l'époque.

Mais que veux-tu tant que nos dirigeants, nos hauts responsables masqueront leur médiocrité intellectuelle en signant des contrats bidons avec des Mont Blanc, des Bretling au poignet, et des caleçons Versace... L'habit ne fait pas le responsable.. On continuera à tourner en spirale...vers le bas en attendant des allègements des déficts publics, les effacement de dettes, et l'accroissement des comptes en banques de nos responsables.

La création d'une place boursière en afrique centrale me fait rire... Qui ira crier et sanctionner les délits " d'initiés"?... Dans un autre domaine les organismes internationaux qui luttent contre le blanchissement d'argent que font-ils ?

Qui reparle encore de Salu Humberto Brada et de ses 22 milliards volés au nez et à la barbe de la banque centrale...gardienne de l'orthodoxie financière... N'existe-t-il pas de rapport économique entre taux de croissance et taux de rémunération de l'épargne ?...

Heureusement qu'il nous reste encore la Passion... Mais pour combien de temps!

Ecrit par : bruno | 27/03/2006

Combien gagnent les hauts fonctionnaires du FMI pour continuer à faire rire les présidents de notre sous-région en leur répétant toujours les mêmes futilités?

"Pour sa quatrième visite en Afrique subsaharienne depuis son arrivée à la tête du Fonds monétaire international (FMI), en juin 2004, Rodrigo de Rato a transmis à ses interlocuteurs un message de fermeté, mais aussi d’espoir puisqu’il a évoqué d’intéressantes perspectives d’allégement de la dette.
Accompagné d’Abdoulaye Bio-Tchané, le directeur Afrique de l’institution, il a, les 14 et 15 mars à Bata, en Guinée équatoriale, participé à la 7e conférence des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). « Nombre de pays se sont aperçus que la richesse tirée de leurs ressources naturelles leur avait filé entre les doigts et que la gabegie et la corruption en avaient réduit à néant les bienfaits », a martelé Rato, en rappelant qu’en dépit du pétrole, 80 % des populations de la région vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 1 dollar par jour).

L’ancien ministre espagnol de l’Économie s’est entretenu avec plusieurs chefs d’État de la région : Fradique de Menezes (São Tomé), Denis Sassou Nguesso (Congo), François Bozizé (Centrafrique), Omar Bongo Ondimba (Gabon) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale). Au gouvernement congolais il a conseillé de prendre langue avec ses créanciers - les fameux « fonds vautours » qui ont racheté une partie de sa dette - afin de négocier un apurement de son passif. Il a par ailleurs demandé aux autorités gabonaises de corriger le tir après les récents dérapages budgétaires liés à l’élection présidentielle."

tiré de Rigueur, rigueur .... http://www.jeuneafrique.com/partenariat/article_jeune_afrique.asp?art_cle=LIN19036riguerueugi0&part=43 par PASCAL AIRAULT

Ecrit par : bruno | 27/03/2006

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