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01/04/2006
Document de discussion du FMI sur le secteur pétrolier Camerounais (2)
II. Quelle est l’importance du secteur pétrolier dans l’économie du Cameroun ?
La production décline mais à rythme non évident.
Le Cameroun est le plus faible producteur de pétrole de l’Afrique sub-saharienne (Figure 1) et les niveaux de production sont en baisse. La production a commencé en 1976 et a atteint son sommet en 1986 avec 173 000 barils par jour. Il a baissé d’environ 40 pour cent pendant les dix ans qui ont mené à 1996. Malgré cela, ce rythme s’est ralenti pour atteindre 10% de baisse sur les 8 dernières années (90 000 barils par jour), ce qui montre les progrès technologiques qui ont permis de produire plus de pétrole par puits (Figure 2 et note 5). Les compagnies privées sont responsables de l’exploration et de l’exploitation, mais le gouvernement reste un acteur essentiel dans le secteur (Encart 1).
Encart 1 : Le cadre institutionnel dans le secteur pétrolier
Au Cameroun, les principales compagnies pétrolières sont Total (68% de la production totale), Pecten/Shell Cameroun (23%) et Perenco (9%).
Le gouvernement est représenté dans le secteur pétrolier par la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), la société publique des pétroles sous l’égide du secrétaire général à la présidence. Son rôle est d’assister le les autorités dans leurs relations financières avec les compagnies privées. SNH est aussi responsable de revendre sa part de brut extrait (à la fois sur le marché international et sur les raffineries nationales) et de transférer les revenus (après retrait des frais) au Trésor. SNH est impliquée de manière marginale dans la production du brut car elle exploite en partenariat avec Perenco un champ pétrolier qui pèse pour 1% dans la production pétrolière du pays en 2004. Finalement, SNH détient des participations chez Total, Pecten et Perenco, dans des sociétés du domaine parapétrolier et dans des sociétés non impliqués dans le secteur pétrolier.
Les relations entre les compagnies privées et la SNH, incluant le régime fiscal, sont contractuellement définies dans les Accords de Partage de Production (PSAs : Production Sharing Agreements). Les PSAs sont décrit en détail dans les annexes.
Figure 1: Production en milliers de barils par jour (sur la base des déclarations des autorités). Note du traducteur: hum,hum, hum, sauf pour le congo où la source est ici.
Figure 2: Production et prix du pétrole Camerounais sur 1985-2010
Les experts pétroliers estiment que la production va continuer de baisser à moyen ou à long terme mais vraisemblablement à un rythme plus faible. Compte tenu de forages toujours plus profonds sur les champs exploités, les réserves prouvées ont été révisées à la hausse de 13% dans les 2 dernières années. Le taux de baisse de production est en conséquence prévu plus bas dans les prochaines années.
Par ailleurs, plusieurs nouveaux contrats d’exploration ont été signés. Bien qu’il n’y ait pas eu de nouvelle découverte importante de champ pétrolier, les progrès technologiques et l’augmentation des prix du brut sont attendus comme les principaux moteurs de l’exploration pour les années futures (Note 6).
D’un point de vue financier, la production de pétrole compte pour 7.5% du GDP en 2004, proche de son niveau 15 ans plus tôt en dépit de la chute de production (Figure 3). L’évolution favorable des prix du pétrole et des taux de changes a permis de compenser l’effet volume. Dans le même ordre d’idée, la part de l’exportation du pétrole par rapport aux exportations totales s’élève à quasiment 1/3 en 2004, baissant seulement doucement depuis 15 ans.
Figure 3 : L'importance du pétrole dans l'économie Camerounaise

Les activités en amont du secteur pétrolier consistent principalement en production offshore et la mise à disposition d’un pipeline pour le transit de la production du Tchad (environ 200 000 barils par jour). Les activité du pipeline ne donnant pas une contribution financière significative (Encart 2).
Encart 2 : L’impact économique du pipeline Tchad-Cameroun
Le projet du pipeline Tchad-Cameroun a eu 2 effets pour le Cameroun
Une contribution ponctuelle dans le secteur de la construction en 2001-2003. Malgré le fait que la majorité des équipements ont été importés, il y a eu des dépenses notables dans le domaine économique local (services de construction, transport et télécommunication). Depuis le commencement du projet en Octobre 2000 jusqu’à son achèvement en décembre 2003, les dépenses locales se sont élevées à 264 milliards de Francs CFA soit 3.8% du GDP de 2002. De la main d’œuvre locale a aussi été embauchée sur une courte période montant jusqu’à 6000 personnes en 2002. L’emploi permanent s’est stabilisé à environ 700 personnes.
En terme de contribution au GDP, les investissements totaux relatifs au pipeline ont représenté de 3 à 5% par an sur la période 2001 à 2003. L’impact net, si l’on retire l’augmentation de consommation liée au surcroît de population, est moins importante (0.5 à 2% par an). En fin de compte, il y avait une forte dépendance par rapport à l’importation de biens et de services. L’effet sur la croissance était cependant relativement important comme le montre le faible taux de croissance en 2004-2005 après l’achèvement du projet.
Une relativement faible augmentation des revenus de l’état provenant des droits de transit par le pipeline (41 cents américains par baril). Basé sur un flux de 200 000 barils par jour (ce qui est la moyenne attendu dans les années à venir), les revenus collectés se sont élevés à environ 0.8% des revenus globaux ce qui équivaut à 0.2% du PIB.
Les revenus du pétrole, bien que variables, fournissent une part assez importante des revenus de l’état.
La collecte des revenus du pétrole ont été en moyenne de 4.2% du PIB depuis 1990, avec un plus bas de 2.2% en 1994 et un plus haut de 6.9% en 2001 (figure 4). En se basant sur les projections actuelles, cette contribution restera dans une fourchette de 3 à 5.5% du PIB jusqu’à la fin de la décennie, reflétant en particulier l’impact des prévisions des prix internationaux du pétrole à un haut niveau. Les revenus du pétrole ont compté pour une moyenne d’un quart de tous les revenus depuis 1990. Cette part a fluctué entre 16 et 35%, montrant qu’il est nécessaire de prendre en compte la volatilité des prix du pétrole pour déterminer la politique budgétaire et estimer les perspectives budgétaires à moyen terme.
Figure 4 : Les revenus du Pétrole sur 1990-2005

Au final, les revenus du pétrole qui reviennent au gouvernement sont équivalents au 2/3 de la valeur totale de l’exportation du brut. Cette part (parfois appelée "Oil Take") est relativement haute si on la compare à la moyenne de 53% dans les autres pays pétroliers d’Afrique sub Saharienne. Le niveau des revenus du gouvernement à l’export dépend dans chaque pays du coût de production et de transport ainsi que des conditions contractuelles entre le gouvernement et les compagnies pétrolières. Au Cameroun, une large part des frais fixes sont amortis alors que le coût de transport depuis les plateformes offshore est relativement bas.
Note 5: Le brut camerounais est lourd. Il a été vendu à des prix en moyenne inférieur de 2$ par baril par rapport au prix WEO (prix composite de 3 qualités de brut : World Economic Outlook) sur les vingt dernières années. Cette différence a récemment augmenté en conséquence d'une plus forte demande pour les brut de meilleure qualité.
Note 6: La demande régionale pour le gaz naturel et le niveau de réserves prouvées ne sont pas apparus suffisamment importants à ce moment pour justifier de commencer des productions à grande échelle.
15:40 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
j'ai trouvé votre discussion très interessante et j'aimerais souvent etre tenu au courant de l'evolution de vos debats et vos conclusions.
Ecrit par : nkoulou pierre sylvain | 17/04/2006
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