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11/11/2006

Sassou sur TV5 - Europe 1 (8)

Episode 8: Sassou et les amitiés françaises 

Journaliste: Quand vous voyagez, Président Sassou-Nguesso, et cela vous arrive souvent, vous rencontrez toujours les grands dirigeants des pays que vous visitez. En France votre fonction, l'exil et vos responsabilité ont favorisé des amitiés avec les dirigeants français. Est-ce que ces amitiés sont surtout à droite ?

DSN: Elles, elles, ne sont pas qu'à droite. Elle sont à gauche, euh, euh, à droite. Je vais vous dire. Euh, quand nous avions dans notre pays, le parti marxisme... marxiste-léniniste au pouvoir, euh, nous avions Georges Marchais, euh, qui était notre ami. Il n'était pas à droite. Ils sont à gauche, ils sont à droite.

[Ah, c'est pour cela que tu parles toujours comme lui et que l'on a souvent du mal à comprendre ce que tu dis...]

Journaliste: A droite quels sont vos amis ? Parce qu'après tout, tout le monde n'a pas un discours qui est dans la tradition du discours habituel. Pas tous les amis. Mais disons, Nicolas Sarkozy a eu un discours assez rude quand il était au Bénin où il a fustigé l'Afrique de papa, ce qu'il appelle l'Afrique des réseaux, la Françafrique. Comment vous réagissez à ce discours de Sarkozy ?

medium_villepin-sassou.JPGDSN: Bon, nos rapports avec la France ont toujours été liés, euh,  au respect, euh, des intérêts de, de la France, euh, en Afrique. Parce que la France ne manquait pas d'intérêts ou ne manque pas d'intérêts, euh, même stratégiques en Afrique. Euh, pour notre part, euh, nous avons toujours, euh,  pensé, euh, que divers gouvernements qu'ils soient de gauche, de droite, du centre, euh, ils étaient en rapport avec l'Afrique pour défendre les intérêts de la France. Maintenant si les hommes ont pu dans leurs rapports établir des liens d'amitié, je ne vois pas ce qui est condamnable. Mais au fond c'était toujours les intérêts de la France, ça n'a jamais été l'inverse.

Journaliste: Est-ce que, pour enchaîner sur la question de mon confrère Henri Vernet, la France a rompu avec les mauvaises habitudes qui était peut-être une politique dont on disait qu'elle était paternaliste, intéressée, qu'elle soutenait des régimes boiteux et peu fréquentables. Ca a changé ?

DSN: Mais, il faut poser cette question aux autorités françaises.

Journaliste: Non mais vous, vous êtes l'africain. Vous êtes la voix de l'Afrique.

DSN: Mais, je venais de vous répondre. Nos rapports avec les autorités françaises étaient toujours dans le cadre des intérêts des Etats.

Journaliste: Est-ce que vous suivez personnellement les, la vie politique française ? Est-ce que vous vous intéressez à la campagne qui se prépare ? Est-ce que vous avez une analyse à nous proposer ? 

DSN: Euh, non pas.

Journaliste: Non ?

DSN: Non, pas. Pas dans mes responsabilités, là.

Journaliste: Mais vous suivez cela de près ? 

DSN: Oui, on suit. On observe.

Journaliste: Par exemple, quand vous avez rencontré Nicolas Sarkozy, y'a pas longtemps, vous lui avez dit que vous ne faisiez par partie de l'Afrique de papa ?

DSN: Est-ce qu'il a dit qu'il y a l'Afrique de papa, ici ?

Journaliste: Oui, il l'a dit au Bénin. Mais vous lui avez dit que cela ne vous concernait pas.

DSN: Pas du tout. Et ça ne me concerne pas.

Journaliste: Et quand vous vous parlez avec lui, vous le tutoyez.

DSN: Euh, Je le vouvoie, euh,  je le tutoie, bon, euh, euh, ça dépend des circonstances.

Journaliste: Comme avec Jacques Chirac. Comme...

DSN: Mais, euh, tss.., euh, y'a, y'a, y'a-t-il un mal à cela ?

Journaliste: Pas du tout. Mais on pose la question pour voir comment sont les relations avec.

DSN: Je croyais qu'il y avait un mal à cela.

Journaliste: Au contraire, au contraire. Pas du tout.

DSN: Je crois que c'est très amical.

Journaliste: Même si vous ne vous intéressez pas tellement, vous ne connaissez pas tellement la politique française...

DSN: Ce n'est pas ce que j'ai dit. Vous ne connaît pas (?). Je pense que ce n'est pas à cette tribune qu'on devait débattre de la politique française... euh... intérieure. [se rendant compte qu'il était en train de dire une énorme connerie, il rajoute intérieure]

Journaliste: Est-ce que l'Afrique est attentive aux prochaines élections de 2007 en France ?

DSN: Ben, euh, Bien sûr que oui. Parce que la France est un partenaire important pour l'Afrique.

Journaliste: Et qu'est-ce qu'elle en attend l'Afrique de cette élection ?

DSN: Qu'elle élise un Président qui sera l'ami de l'Afrique. Qu'elle élise un Président qui soit l'ami de l'Afrique, c'est le minimum.

Journaliste: Vous avez dit un Président. Mais à droite ou à gauche, s'il y avait une présidente ce serait la même chose ?

DSN: C'est une façon de parler. Je n'allais qu'en même pas dire une Présidente, sinon elle serait déjà élue.

[Tout le monde rigole, Ouarf c'est trop drôle... Une note d'humour sur 45 minutes, ce Président est vraiment le roi du rire]

DSN: Je préfère dire un président ou une présidente, disons. Qui soit l'ami [Sassou je met un e ou non à ami ?] de la France.

Journaliste: Vous voyez Monsieur Sassou Nguesso, l'importance de votre voix. Vous dites si je disais une présidente, elle serait déjà élue.

DSN: Si elle étais présidente j'aurais déjà rayé tous les hommes. Ce n'est pas le moment. [Phrase dite comme par une personne complétement saoule... Très difficile à comprendre. Pas sûr d'avoir compris, d'ailleurs]

Journaliste: Qu'est-ce que vous attendez d'une politique africaine de la France dans les années 2000 [Pour le coup, bravo au journaliste qui pose cette question en 2006. C'est vrai que si on raisonne millénaire, 2006 c'est rien par rapport à l'an 3000]. Qu'est-ce qu'il faut qu'il y ait pour qu'il y ait une reconnaissance d'une.. de, de ce que sont les Etats, l'indépendance en même temps les solidarités ?

DSN: Euh, je crois que de plus en plus, euh, il y a la politique de la France. Mais de plus en plus nous voulons parler de l'Europe. Nous pensons, euh, en tant qu'africain que, euh, l'Europe a avec l'Afrique des liens historiques, culturels, géographiques. Gibraltar c'est 15 kilomètres [C'est suffisant pour se noyer quand on est africain et qu'on n'a pas de papier] . Euh, et, et, nous pensons que soit défini vis à vis de l'Afrique, une, euh, vrai politique, euh, euh, de coopération pour le développement, euh, c'est ce que nous attendons.

A suivre... Episode 9: Sassou et les flux migratoires (Lundi 13 novembre) 

00:15 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Georges Marchais, Sassou, Chirac, Sarkozy, Ségolène Royal, Présidentielles 2007

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