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11/02/2007
Une nouvelle pièce au dossier de l'association de malfaiteurs congolais
Encore un dossier qui montre que le clan mafieux qui dirige le Congo n'a aucune limite dans le cynisme et utilise toutes les ficelles possibles pour piller toujours un peu plus ce qui reviendrait à tous les citoyens dans un vrai pays démocratique.
Levons le voile sur le dossier SOCAB
Les éléments semblent à première vue anodins. Pourtant en faisant le tri, en comparant les différents documents, on obtient la confirmation de ce que l'on pressentait. Il était, jusqu'à présent, difficile d'obtenir des éléments tangibles pour le démontrer puisque nous avons en face de nous un réseau mafieux et sa loi du silence. Mais la chance est maintenant avec nous. Tout réseau mafieux génère ses repentis. C'est ce qui nous permet aujourd'hui d'avoir une première idée des méthodes utilisées par le clan au pouvoir en République du Congo pour s'enrichir illicitement de manière accélérée. Pendant que le reste du peuple congolais meurt prématurément de malnutrition, de choléra, de paludisme .... des différents maux de la pauvreté pour faire simple, le clan construit des édifices de prestiges. Mais, il est incapable de faire sortir de terre des hôpitaux dignes de ce nom.
Ces palais présidentiels qui fleurissent partout au Congo dans le cadre de la municipalisation tournante, au-delà de leur inutilité pour la lutte contre la pauvreté (voir les objectifs du millénaire), sont au contraire les meilleurs alibis pour les riches dignitaires du régime afin d'augmenter toujours plus la valeur de leur patrimoine immobilier. Le dossier de ce premier repenti se trouve sur flickr. Il s'intitule "ces pauvres voleurs congolais". Il a visiblement été mis par un complice du clan de malfrats. Un repenti qui, après de bons et loyaux services, a perdu la confiance des autres malfaiteurs. Ceux-ci, par opportunisme se sont retournés contre lui. Le résultat est là: le repenti a décidé de rompre la loi du silence en diffusant des documents qui en disent long sur la gangrène qui mine le régime congolais et le cynisme sans limite de ces gens.
Le dossier contient 51 photos dont certaines sont des documents scannés parmi lesquels différentes lettres à des dignitaires du régime comme le Président de la République, Denis Sassou Nguesso. Les photos sont annotées avec des explications ou des commentaires du repenti. En les ayant analysées les unes après les autres, j'en ai tiré un certains nombre d'enseignements que je vais essayer d'expliquer dans la suite de cette note.
Parmi les acteurs de ce dossier, on retrouve les habitués des dérives d'un régime qui n'en finit pas de tout faire pour s'achever de sinistre façon, comme ceux d'autres dictateurs comme Ceaucescu, Mobutu ou Bokassa. En première ligne, Edgard Nguesso, le neveu du Président de la République qui est déjà célèbre dans les médias pour son patrimoine immobilier et automobile fastueux en France. Neveu qui s'est également illustré récemment en se faisant dérober 270 000 € dans sa chambre de l'hotel Meurice à Paris. Le second rôle de ce dossier va à Jean-Jacques Bouya, lui aussi neveu du Président. Ce neveu cumule la fonction de conseiller auprès du Président pour le transport, l'aviation civile, les travaux publics et l'équipement avec la fonction de Directeur de la DGGT (1) (Délégation Générale des Grands Travaux). Finalement, ce dossier c'est un peu un jeu des 7 familles qui ne sentent pas franchement la rose. On y trouve aussi la fille Edith, celle qui est marié à un autre dictateur, celui du Gabon, Omar Bongo. Maurice Nguesso, le frère ainé du Parrain Président, obtient une nomination comme un autre oncle d'Edgard Nguesso, Frédéric Indomba qui semble servir de prête-nom dans une des entreprises écrans d'Edgard. Ninelle et Julienne (dite joujou pour les intimes), deux autres filles du Président semblent, elles aussi, avoir bénéficié des détournements de ressources sur des chantiers d'Etat. Au fil des photos, par le biais des sociétés impliquées dans le dossier on y trouvera des références à Janvier Goublily, Maître Moussa ou le général Essongo.
Les éléments sur Flickr étant confus, je suis parti de la lettre adressée au Président Sassou Nguesso. Je l'ai retranscrite pour y mettre les commentaires de ce que l'on peut comprendre de cette affaire puisque son auteur a tenté grace à elle de donner le maximum d'informations sur les habitudes qui entourent les marchés de l'Etat Congolais. Il est possible que mon interprétation soit, par moments, fausse puisque les éléments ne sont pas toujours faciles à déchiffrer et à décoder. Avertissement: J'ai également modifié la lettre pour des questions d'orthographe ou de phrases mal construites, mais toujours en prenant garde de ne pas en dénaturer le sens.
Je suis poursuivi depuis quatre mois pour détournement de fonds et abus de confiance. Plainte fondée sur une simple situation de travaux, et non d’une situation financière. Je vous prie de croire MONSIEUR LE PRESIDENT, qu’il n’en est rien, la plainte est infondée, je n’ai détourné aucun fond pendant ma gestion de la SOCAB, l’audit en cours le prouvera. Je n’ai jamais perçu de commission de l’extérieur, tout comme ici au Congo avec nos sous traitants, ou fournisseurs.
Commentaire: Le Président veut faire croire qu'il s'attaque à la corruption. C'est dans le but de faire plaisir à la société civile qui commence à ne plus supporter les débordements et les exactions du clan. Mais pour être crédible, il faut jeter des gens en pâtures. C'est le cas de l'auteur de cette lettre qui n'a aucun lien de parenté avec le Président donc un excellent client pour faire croire qu'au Congo on s'attaque à la gangrène de la corruption. On reproche à ce français de s'en être mis plein les poches alors qu'en fait il était jusqu'à présent aux ordres des membres du clan comme Edgard Nguesso et Jean-Jacques Bouya qui seuls décidaient de l'affectation des ressources puisées sur des chantiers d'Etat pour alimenter leurs chantiers personnels (villa à Pointe-Noire, à Edou, villa du général Essongo à Impfondo, ensemble de villas à Oyo etc...) ou recevoir directement de l'argent liquide.
Si toute fois, j’en étais encore accusé, les preuves seraient montées de toutes pièces, tout comme le conseil d’administration du 5 août. Car je ne pense pas que les personnes qui m’accusent puissent revenir en arrière. M. Roux étant le fusible, c’est lui qui doit sauter.
Commentaire: Il confirme ici qu'il n'est que le fusible pour que le Président n'ait pas besoin de s'attaquer à sa propre famille. EN particulier ses 2 neveux qui pourtant se font continuellement remarquer par leurs débordements d'amour... de l'argent. Il se comporte comme Lansana Conté qui fait exploser la Guinée par un cynisme sans bornes. Dans le clan on n'hésite pas à user des faux documents comme celui qui est accessible et qui montre la cabale montée par la famille pour démettre l'auteur de la lettre quand il a voulu protéger les intérêts de l'entreprise dont il avait la gérance. Entreprise dont la présidente du conseil d'administration est Edith Bongo. Celle-ci a préféré se débarrasser de ce collaborateur qui empêchait pourtant ses frères et cousins de l'escroquer jusqu'à mettre en péril son entreprise la SOCAB. Il est vrai que des bruits courent disant qu'Edith n'a plus toute sa tête. Nous en aurions au moins une première confirmation.
Je vais commencer, par le palais de Pointe Noire, ou la SOCAB était sous traitante de la Société Hamilton, notre marché était de 1.653.000.000 , le groupement de société était : Hamilton, TOP,s service et Socab. Les réglements à notre fournisseur de France, lui parvenaient directement d’une banque Suisse. Le dernier vol de l’iliouchine, contenant les derniers éléments pour terminer le palais n’a pas été réglé à notre fournisseur à ce jour, malgré toutes les assurances reçues à Paris par le représentant du Domaine Présidentiel, le solde est de 121 millions cfa. Notre devis a été remanié par Hamilton, nous venons d’apprendre récemment par une mission du Conseil d’Etat, qu’en fait le marché global était de 8 milliards. Le Palais terminé en temps et en heure, pour le 15 août 2004, ne nous a pas été réglé en totalité, il reste près de 800 millions, dû à ce jour à Socab.
Commentaire: Voici les petites grosses magouilles de Jean-Jacques Bouya et Edgard Nguesso. Ils sont ceux qui accordent les marchés d'Etat aux entreprise. Donc ils les accordent à leurs propres sociétés écrans comme la société Hamilton ou TOP's service qui se contentent de sous-traiter à des entreprises comme la SOCAB en ayant pris bien soin de travailler les devis pour arriver à une surfacturation de l'Etat (Ecart en 8 milliards et 1 milliards 6...). On n'est jamais mieux servi que par soi-même, comme on dit ! En plus, il sont mauvais payeurs surtout quand il s'agit de la propre entreprise de leur soeur.
La Socab n’est pas la seule à ne pas avoir été réglé sur Pointe Noire, Ogive pour 121 millions, Lanty décoration pour plus de 200 millions, à ce titre Lanty décoration doit à Socab 93 millions, mais ne peut nous régler puisque lui-même n’ayant pas été soldé.
En 2005, après avoir réhabilité le Palais du Peuple pour la conférence sur la CEMAC, nous avons de nouveau travaillé pour le compte d’Hamilton, il nous a été réglé une somme de 90 millions. Notre devis a été remanié tout comme celui de Pointe Noire, et bien d’autre par la suite, y compris celui de votre mur de clôture pour lequel la Socab n’avait reçu que 100 millions. Je ne sais à ce jour ce que le DDP a versé au nouveau DG de la Socab.
Commentaire: De nombreuse entreprises sont donc toujours dans l'attente du solde de leur factures de cette municipalisation tournante. Petite annecdote, pour ne pas avoir à parler du domaine présidentiel, celui a reçu le nom de code "cristal" comme le nom des bouteilles de champagne qui participent à faire monter les notes d'hotel de Sassou toujours un peu plus haut quand il se déplace pour se plaindre de la pauvreté en Afrique au niveau des instances internationales. Le mûr de cloture de Mpila que l'on continue d'aggrandir en expropriant les pauvres congolais de leur bidonvilles pour les envoyer dans des bidonvilles plus loin des yeux présidentiels.
Entre les deux, nous finissons le Club House, et les sous bois à la résidence d’Oyo. Notre trésorerie étant déficiente nous nous sommes servis d’une partie des fonds du chantier de Mpila pour terminer ces ouvrages en espérant rentrer dans nos fonds. Ce qui n’a pas été le cas, malgré les efforts de Madame. Arrive Impfondo, où nous démarrons avec un handicap pour le non paiement du solde de Pointe Noire. Les entreprises et sous traitants ont exigés d’être soldés en partie avant de retravailler avec nous.
Le Palais, d’une surface d’environ 2000m2 est passé en cours de réalisation à 3000m2.
Commentaire: La DGGT de Bouya fait très bien sont travail ! Les cahiers des charges sont tellement professionnels qu'un ouvrage peut passer de 2000m2 à 3000m2 pendant le chantier. L'auteur de cette lettre se débat dans des problèmes de trésorerie entièrement généré par le sans-gêne incommensurables des membres de la famille.
Nous avons commandé à l’extérieur à deux fournisseurs en plusieurs fois la totalité des matériaux nécessaires pour le second œuvre. Mis à part la décoration et l’ameublement qui relevait du Domaine Présidentiel, une grande partie de ce mobilier se trouve à Chateauroux. Nous n’avons au titre de la Socab qu’une petite partie ainsi que chez un fournisseur en Italie. La Socab a été contrainte de faire des travaux sur Pointe Noire sur les deux villas pour le compte de M. le DDP, tant en main d’œuvre, qu’en matériaux. Dont certains étaient destinés au chantier d’Impfondo, tels que tuiles, marbre, climatisation etc… et autre matériel commandé à l’extérieur. Plusieurs voyages sur Paris de notre architecte, aux frais de la Socab, il s’y trouve actuellement avec M. Rodrigue.
Commentaire: Ce sont vraiment des arrivistes qui ne se complaisent que dans les produits de luxe importés d'Europe.
Pendant les travaux d’Impfondo, la Socab a dû participer sur les ordres de Mrs Edgar Nguesso et Mr JJ Bouya à la finition du second œuvre du Général Essongo et ce à la hauteur de 63 millions, plus un décaissement de 50 millions en espèces.
Commentaire: Les donneurs d'ordre sont clairement nommés. Il n'hésitent même pas à utiliser l'entreprise de leur souer comme une Société Bancaire qui leur permet d'avoir quelques liquidités (celles qui disparaissent ensuite dans les chambres de l'hotel Meurice ou pour payer les membres des clubs de soutient au programme politique de la nouvelle espérance ?)
Monsieur le Président, ne voulant pas vous faire perdre votre temps si précieux, ce qui est écrit plus haut n’est qu’une partie. Il me faudrait plusieurs pages pour tout vous décrire. Je tiens à préciser que Madame Bongo, n’a jamais été au courant de ces transactions occultes et n’ayant pas voulu accéder à certains désirs de haut responsables tel que Mr JJ Bouya, j’ai été catalogué de mauvais partenaire. Il faut des preuves avant de faire des dégâts irréparables. Perte de confiance vis-à-vis des banques, de vous-même et de madame Bongo dont j’ai toujours une très grande estime (c’est ce qui m’importe le plus), de mes amis, des fournisseurs, de la dignité de toute ma famille, famille de nouveau coupée en deux, humiliation. Avec l’espoir que cette note retiendra votre attention, veuillez accepter MONSIEUR LE PRESIDENT, l’expression de mon profond respect et soyez assuré que j’ai toujours œuvré avec dignité et loyauté avec votre famille et avec vous-même. Veuillez accepter tous mes vœux de prompt et bon rétablissement. Je souhaite vivement être rétabli dans les droits afin que je puisse reconstruire ma vie au Congo notamment à Pointe Noire, ville de ma jeunesse et créer ma propre entreprise, pouvoir regrouper ma famille et retrouver votre confiance et celle de Madame Bongo Ondimba.
Il va sans dire que le Président Congolais n'a pas répondu à cette lettre comme il n'a toujours pas répondu aux attentes du peuple congolais d'avoir des élections enfin transparentes avec la création du Commision Electorale Nationale Indépendante.
En synthèse:
Le repenti, Monsieur X, faisait partie de la SOCAB une société dont le conseil d'administration est présidé par Edith Bongo. Monsieur X nous apprend que la SOCAB répondait à des appels d'offres de sociétés qui répondaient à ceux de l'Etat Congolais dans le cadre de la municipalisation accélérée. Ce terme n'est sans doute pas bon. Je lui préfère, compte tenu des éléments présentés, une expression qui colle plus à la réalité "enrichissement illicite accéléré du clan Sassou-Nguesso". D'après Monsieur X, les sociétés qui obtenaient les marché d'Etat comme Hamilton sont des entreprises écran d'Edgar Nguesso ou d'autres membres de la familles. Les entreprises retenues par l'etat, retraitant complétement les devis des entreprises sous-traitantes pour surfacturer leurs services. Mais cela ne s'arrêtait pas là.
Les donneurs d'ordre dont Jean-Jacques Bouya et Edgar Nguesso profitait du budget obtenu sur le dos des congolais pour l'utiliser à des fins personnelles. Les sociétés sous-traitantes ne travaillaient pas en respect des chantiers obtenus mais également (voire surtout) pour travailler sur des chantiers permettant de construire le patrimoine personnel des membres du clan Sassou-Nguesso. Cela nous donne une magnifique collection de photos des propriétés construites et aménagées avec l'argent du Trésor Congolais. Monsieur X est très professionnel au fil de l'avancement des chantiers, il a noté ce qui était fait sur le chantier officiel et ce qui concernait tout ce qui était détourné pour faire avancer les autres chantiers comme celui du général Essongo à Impfondo (115 millions de FCFA) ou celles de Ninelle . La SOCAB sert aussi de banque à la demande de Jean-Jacques Bouya : "Nous avons remis au Commandant Goubakouly Lezin, Directeur Technique du domaine Présidentiel une somme de 20 000 000 FCA et un virement de 30 000 000 FCFA. Ce dernier semble avoir réussi à se faire construire une villa personnelle à Pointe-Noire, Impfondo, Dolisie au travers des travaux de la municipalisation tournante".
Voila donc un nouvel élément du programme politique de la nouvelle espérance du Président Denis Sassou-Nguesso. Le programme est très simple (vue de la famille Nguesso):
1. Faire main basse sur une grande partie de l'argent lié au pétrole par les sociétés écrans de Gokana en le plaçant dans des paradis fiscaux
2. Obtenir le maximum d'aide publique et d'effacement de la dette (vous comprenez nous on est de pauvres africains, on n'a pas d'argent...)
3. L'argent qui parvient tout de même au trésor sert à des grands chantiers pour construire des bâtiments inutiles. Ces chantiers sont accordés aux entreprises du clan Nguesso qui en profitent pour se faire bâtir un patrimoine de rois.
Mais à côté de cela, le FMI est content car il y a de la croissance au Congo. Même si cette croissance est une croissance contre-productive qui risque de générer ce qui se produit actuellement en Guinée avec un autre champion du cynisme Lansana Conté.
(1) Source Congo-Site (l'article omet de dire que Jean-Jacques Bouya est le neveu du Président): La DGGT a pour mission de:
- (1) procéder à l’appel d’offres avec la concurrence auprès des entrepreneurs
- (2) dépouiller les offres portant exécution des grands travaux
- (3) rédiger les contrats et les marchés ayant trait aux grands travaux en liaison avec les services techniques
- (4) apprécier sous l’angle technique les devis descriptifs et estimatifs
- (5) assurer la maîtrise d’ouvrage délégué, la gestion, le suivi technique et financier des grands travaux
- (6) organiser et procéder à la réception des ouvrages
- (7) assurer le secrétariat du comité d’attribution des travaux
11:10 Publié dans Afrique, République du Congo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Edgard Nguesso, FMI, République du Congo, Denis Sassou Nguesso, Jean-Jacques Bouya, Voleurs, Détournement
Commentaires
Et le sommet France pays africains de Cannes ? Ils ont bien sûr pas évoqué le sujet... Enfin, pas de ton point de vue en tous cas !
Ecrit par : matthieu | 16/02/2007
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