« La mort à Johnny | Page d'accueil | Chienne de Vie »

15/01/2009

Les nations unies

On sait que l'ONU est bien chargée en ce moment avec la bande de Gaza. Mais l'ONU ne doit pas se restreindre à quelques peuples seulement. La planète "abrite" beaucoup de peuples qui souffrent. En plus, faire en sorte que Sassou Nguesso mette en place une Commission Electorale Indépendante dans son pays, c'est à la portée de l'ONU pour peu qu'il y est la volonté politique. Un message d'un mouvement d'opposition de la République du Congo:

A Son Excellence, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Washington, DC.

S/C de Monsieur le Représentant Résident du PNUD au Congo.
Brazzaville.

Excellence,

Les années 90 ont été marquées au Congo par une forte demande des libertés fondamentales, des droits humains et du citoyen, d’efficacité de l’action politique, et surtout, de légitimation du pouvoir par le libre consentement des citoyens. Cette forte demande démocratique s’est matérialisée par l’adoption d’une nouvelle constitution en 1992 et la tenue des premières élections libres, consensuelles et transparentes. Au terme d’une conférence nationale voulue souveraine.

Ces avancées ont été malheureusement brisées par un coup de force perpétré en 1997 par le Général Denis Sassou Nguesso. Dès lors, un régime d’exception s’est installé, fondé sur les armes et qui brille par des multiples violations des droits humains dont les plus spectaculaires sont : la disparition au beach de Brazzaville de centaines des concitoyens qui, pourchassés de leur pays au motif d’appartenir aux régions de Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, revenaient à Brazzaville à la suite d’un discours rassurant du chef de l’Etat autoproclamé et d’un accord tripartite HCR-RDC-Congo ; le maintien en exil de certaines personnalités non moins importantes de la vie politique nationale ; l’arrestation de certaines personnalités de l’opposition à l’instar de Gilbert N’songuissa Moulangou, militant de l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale, UPADS ; l’interdiction des activités des partis de l’opposition (interdiction de la tenue de l’assemblée générale constitutive de l’association « Marien Ngouabi et Ethique » le 17 mai 2008, interdiction du meeting du Rassemblement des Jeunes Patriotes, RJP de Paul Marie M’POUELE le 13 décembre 2008, interdiction des activités du Conseil National des Républicains, CNR du pasteur Ntumi, à Owando ainsi que d’autres formations politiques comme l’Union Patriotiques pour le Renouveau National, UPRN, de Mathias Dzon, etc.) ; la confiscation des richesses nationales au profit de la famille présidentielle et ses courtisans ; de la consécration de l’impunité avec la protection par la police nationale et même le parquet de Nicolas Okandzi, après avoir donné la mort à son domicile, à Jean Roger Boubelo, jardinier, le 23 décembre 2008, l’intimidation, l’entretien par le pouvoir des milices privées (à Tsambitso et à Kintélé), l’achat effréné d’armes et du matériel de guerre, etc. )

La gestion de tels précédents et d’un tel passif ne peut se faire que dans le cadre d’un dialogue national incluant toutes les parties afin de construire une réconciliation véritable.

En effet, au mépris de tout bon sens et de tous les textes relatifs aux élections, le pouvoir de Brazzaville s’entête à relever son propre défi fixé en 2002, celui de « transformer la victoire militaire de 1997 en victoire politique ». Dès lors, les différentes consultations électorales organisées depuis 2002 n’ont été que des parodies électorales dénoncées par toute la classe politique et par les observateurs de l’Union Africaine et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, CEEAC en 2007 et 2008.

Tout compte fait, le Congo est soumis à l’arbitraire d’un régime qui se préoccupe de demeurer au pouvoir foulant sans cesse aux pieds les dispositions de la nouvelle constitution rédigée par le pouvoir lui-même. Or, la lutte pour le pouvoir est le régulateur patenté de la paix et de la guerre civiles dans toutes les sociétés organisées. Non démocratisée, elle génère la violence récurrente, antinomique avec l’existence d’une société des libertés et de progrès.

Conscients du danger que représentent le scrutin présidentiel parodié dans notre pays, les signataires de la présente pétition dénoncent l’obstination du président de la République et de son gouvernement à vouloir organiser de façon unilatérale et frauduleuse l’élection majeure qu’est l’élection présidentielle ; le refus paranoïaque de mettre en place une commission électorale indépendante chargée de toutes les opérations préélectorales, électorales et post électorales telles le recensement administratif spécial en vue de déterminer un corps électoral fiable, la confection et la distribution des cartes d’électeurs et des listes électorales, la proclamation des résultats et la transmission du contentieux électoral au juge électoral, etc.

Ils en appellent à la communauté internationale et à votre propre attachement à la paix, la démocratie et la bonne gouvernance, pour qu’une pression suffisante soit exercée sur le régime de Monsieur Sassou Nguesso afin que soit pris en compte la revendication légitime du peuple congolais d’exercer sa souveraineté pour élire de façon libre, démocratique et transparente le futur président de la République tel que stipulé dans la Déclaration de Bamako, la Charte africaine des droits de l’Homme et plusieurs autres textes y relatifs.

Les signataires de la présente pétition en appellent aussi à tous les démocrates du monde à soutenir le peuple congolais dans sa quête de démocratie et dans son aspiration légitime à avoir des élections libres, équitables et transparentes passant nécessairement par la tenue d’une nationale inclusive.

Fait à Brazzaville, le 12 janvier 2009.

Les signataires :


Joël MAFOUTA , Président du RLBC

 

22:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : onu, congo, commission électorale indépendante, sassou

Commentaires

Vraiment merci de continuer à nous faire partager ces précieuses informations :-)

Ecrit par : guenny | 22/01/2009

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.