03/07/2007

Ballet de dictateurs chez Sarkozy

465fe015013b786e5e18b17c7cbc378d.jpgCe jeudi 5 juillet, le Président de la République française élu dans les règles de l'art reçoit Denis Sassou-Nguesso tout auréolé des résultats des élections les plus anti-démocratiques de ces dernières années:

  • carte électorale complétement en faveur d'une région (celle dont est originaire le président...)
  • cartes d'électeurs non distribuées
  • bureaux de votes non ouvert ou aux horaires atypiques
  • organisation de tournée d'électeurs de bureau en bureau
  • pas de papier d'identité
  • nombreux morts sur les listes (on comprend pourquoi les ministres congolais se déplacent en masse en Corse quand un parrain meurt)
  • circonscriptions avec un seul candidat grace à l'intimidation (élu par 99,**% des voix avec moins de 5% des votants)
  • circonscriptions où le nombre de votants est supérieur au nombre d'habitants
  • candidats déclarés ou retirés la veille des élections
  • urnes déplacées à la nuit tombée avant le dépouillement
  • etc... et des meilleures.

De manière étonnante, cette année, pas d'observateur de l'union européenne pour vérifier la transparence de ces élections. Cela sera-t-il fait pour le second tour à la fin du mois de juillet ?

Monsieur Sarkozy, vous qui avez été élu dans une élection transparente qui montre la France comme une véritable démocratie, ne croyez-vous pas qu'il est temps que la France arrête de donner des satisfecits à nos gouverneurs noirs d'Afrique, uniquement pour que nous puissions continuer de sucer tranquillement le pétrole du peuple congolais ?

Rappel d'un récent voyage de Sarkozy en Afrique: "Une fois la question de l’immigration éclaircie, le candidat à la présidentielle a pu passer au second objectif de son voyage : poser les bases d’une politique Africaine nouvelle. Nicolas Sarkozy a plaidé pour un « partenariat rénové » entre la France et le continent africain, pour « chasser les vieux démons du paternalisme, du clientélisme et du partenariat ».  ''Nous devons créer les conditions de relations adultes, responsables et décomplexées qui pourront s'épanouir en pleine lumière, sous le regard de tous'', a lancé le ministre de l'Intérieur. Une critique à peine voilée de la politique prônée par Jacques Chirac. « Ce dialogue et ce partenariat exigeant, ils doivent s'inscrire dans le cadre d'un échange équilibré entre nations souveraines et alliées, liées par des liens privilégiés », a poursuivi le ministre, annonçant que les relations avec l’Afrique seraient une « priorité » de sa politique internationale, s’il est élu l’an prochain. Nicolas Sarkozy a plaidé pour « une obligation de résultats et plus simplement de moyens » en matière d'aide publique au développement. « La question de l'aide, ce n'est pas seulement: combien? C'est aussi: comment et pour quels résultats? 'Nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs. Comme nous ne devons plus tolérer les détournements auxquels elle donne encore trop souvent lieu », a conclu le ministre de l’Intérieur... source: le figaro

Sarkozy a dit mais a fait. Il est vrai que comme sous Miterrand, Chirac ou les présidents qui les ont précédés, nos politiciens sont friands de la phrase: "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent !".
 

28/11/2006

Simone Royal: Un signe des temps

Les dernières sorties sur grand écran:

Simone Royal

Productions du Studio de la rose
Acteur: Ségo, Dodo, François Fafa, Jojo

Si vous avez manqué le début:

Segolene Simone RoyalFrançois Hollande accumule depuis quelques temps les déboires électoraux. Les dernières élections présidentielles ont vu disparaître le parti socialiste dès le premier tour. Massacré par les électeurs obligés de voter Chirac, par les dinosaures du parti qui lui reproche d'être inexistant et par les guignols de l'info qui le font passer pour un demeuré. Au bord du gouffre, une autre mauvaise nouvelle l'accable : Sarkozy truste l'espace médiatique. Si cela persiste le parti socialiste ira au tapis une nouvelle fois en mai 2007. Les militants s'impatientent, le parti est en crise, toujours marqués par l'échec du oui lors du référendum sur la constitution européenne où Fabius avait défendu le non.

Mais il y a quelques mois, François a reçu Simulation One, un logiciel révolutionnaire provenant d'un fan, Lionel Jospin, un ermite génial. Ce programme permet, à l'aide d'un simple clic de souris, d'animer une socialiste sarkozyste au réalisme confondant, S1m0ne Royal. Il lui vient alors une idée de génie : utiliser les possibilités offertes par ce logiciel pour aller aux élections présidentielles. Rapidement, la jeune femme séduit les militants socialistes qui la propulse investie de la candidature socialiste ... 

 

Nous avions eu la comédienne virtuelle face à Al Pacino. Nous avons maintenant une candidate socialiste dont l'expérience de la fonction est plutôt... virtuelle, également. Il est vrai que Fafa et Dodo ont parfaitement joué leur rôle de faire-valoir. Une élection présidentielle qui s'annonce vraiment bien. Jospin bien capé avec son passé de premier ministre a échoué. Prenons maintenant quelqu'un qui n'a jamais occupé un grand ministère, ça passera peut-être mieux...  Ce doit être l'époque qui veut cela. Loana a bien écrit un livre. On pourrait peut-être voter par SMS (à 1€ le message) pour les prochaines élections présidentielles.

15/11/2006

L'actualité est très Drunksouls

medium_drunksouls.jpg J'avais déjà parlé du groupe marseillais Drunksouls. L'actualité de ces derniers jours m'a fait immédiatement penser à eux. D'abord l'actualité cinématographique avec le film Borat dans lequel on conte l'histoire d'un journaliste du Kazakhstan qui va faire un reportage aux Etats-Unis. En entendant parler de ce film, je me suis immédiatement souvenu d'un extrait de la présentation de drunksouls sur leur excellent site : "De retour d’une tournée triomphale dans les provinces du Kazakstan, après avoir été décorés de la légion d’honneur Balte, après avoir écumé les festivals du Nord de la Pologne, les Drunk Souls , plus connus sous le nom de Rois des Balkans («Krol Balkanov»), sont de retour sur leur terres marseillaises."

Le scénariste de Borat a-t-il écrit son histoire en surfant sur le web ?

La seconde actualité, qui m'a fait penser au Drunksouls, vient également des Etats-Unis. C'est le camouflet que Bush a pris lors des dernières élections avec la victoire des démocrates. Le groupe Marseillais chantait dans "dernière cigarette" de l'album "On verra plus tard":

 

   N’oublions jamais
Qu’un bretzel avalé de travers
Aurait pu être salutaire
Pour des milliers de gens

Le bretzel n'a pas fait son oeuvre. Les morts nombreux de la politique affairiste de Bush sont à déplorer. Mais les urnes vont peut-être enfin arrêter le carnage. Je ne peux finir cette note, sans livrer les paroles de la chanson "United Nations" qui fait aussi partie de l'album "On verra plus tard":

  You can't bring me
A real solution
You just bring me
A resolution
You call yourself
United Nations / United Nations
Sounds like incantations
Without conviction

Pacifions la terre avec la guerre
Désarmons le monde avec nos armes
Marchons sur les cadavres de nos ideaux
Bien trop beaux pour nos sales têtes

Pleurons de joie avec les larmes
De ceux qui se mettent au travers
De la route de la félicité…
Economique…

Respirons l'air pollué par nos soins
Expliquons à la terre entière
Ce qui est bien…
Bouchons nous les oreilles
Afin que les bombes qui tombent
Ne nous réveillent en sursaut
Et nous détournent de la route de la félicité
Economique…


United Nations
The doubt is on your role
So much frustration…
Each time you lose control…
United Nations
Without conviction…

Allez nous sommes tous frères
Singeons le monde en grandes assemblées
Etablissons bien les priorités
Pourvu qu'elles plaisent
A l'Amérique…

Lions les mains de ceux qui traînent les pieds
Fermons les yeux de ceux qui veulent bien voir
D'autres valeurs que celles inscrites sur les dollars
Les piliers verts de l'Amérique…


Faut t'il te rappeler que les droits de l'homme
Ne sont pas les droits que certains hommes s'octroient
Faut t'il se rappeler que les droits de l'homme
N'existent pas …

United Nations / Disunited Nations…

 

Drunksouls un groupe à découvrir ou redécouvrir, avec des musiques qui sont à la hauteur de l'engagement qui est dans les paroles.

01/11/2006

Sassou sur TV5 - Europe 1 (3)

Episode 3: Alternance, paix et armes 

Journaliste: Monsieur le Président, pourquoi l'alternance démocratique reste aussi rare finalement en Afrique. On a le sentiment qu'à chaque fois on part dans des, des situations de violence, de gens qui s'accrochent, des coups d'état, de choses de ce genre là. Alors j'aimerais que vous me disiez si la situation progresse. Je vous vois réagir. C'est une question, ce n'est pas une affirmation.

DSN: N'exagérons pas. N'exagérons pas. Tout à l'heure, Monsieur Elkabbach a dit que, euh,  moi-même, euh, euh, j'ai quitté le pouvoir, j'ai connu l'exil ici en France, y'a eut des élections dans mon pays. J'étais président... [il est coupé par les journalistes]

Journaliste: Heureusement, vous aviez des forces avec vous car celui qui vous pourchassait, il avait aussi des forces.

Autre journaliste: Ce sont aussi des rapports de force militaires. Ce n'était pas des petites phrases comme on entend en ce moment en France.

DSN: C'était pas le cas, ce n'était pas le cas parce que je ne lui ai pas donné l'occasion d'utilisation les forces. J'ai perdu les élections, il y a eu alternative... alternance dans la paix. Mais, il y a d'autres pays africains, vous ne les citez pas ?

Journaliste: Si, il y a le Sénégal.

DSN: Il y en a plusieurs, vous voulez que je vous en cite ?

medium_bongo-sassou-gabon.jpgJournaliste: Le Président Bongo, votre beau-fils.

DSN: Euh, mais non, mais, y'a pas encore d'alternance. Mais, y'a toujours des élections.

Journaliste: Je n'ai pas parlé d'alternance mais il y a des élections.

DSN: Des élections, oui. Mais alternance. Nous parlons d'alternance dans la paix. On a connu l'alternance dans la paix au Mali, au Sénégal, euh, au Kenya, euh, j'en passe, parlons-en ! [Euh, Tu passes ou tu veux qu'on en parle ? ]
Et ce n'est pas rien. Pour des jeunes démocraties après tout.

Journaliste: Il paraît que vous avez fait un jour organiser une cérémonie, une grande fête dans votre capitale et que vous avez brulé des armes.

DSN: Plusieurs fois.

Journaliste: Donc, ça veut dire que ça revient.

DSN: Non, ça revient pas, ça veut dire que dans le processus de désarmement des milices, de ramassage des armes, il nous est arrivé lors de la convention sur la paix dans mon pays, euh, devant des chefs d'Etats, j'ai organisé au boulevard des armées un grand bûcher. Et dernièrement lors du passage du secrétaire général des Nations-Unis parce que nous engageons ce processus avec la participation du PNUD et nous avons procédé, procédé et, euh, à, à, euh ...

Journaliste: Donc vous n'achetez pas d'armes, vous. Vous achetez des armes pour l'armée.

DSN: Pour l'armée, oui.

Journaliste: Les autres, vous ne le tolérez pas.

DSN: Non, elles sont ramassées. Elles sont brûlées, nous en avons donné la preuve. 

A suivre... Episode 4: Le Mausolée de De Brazza à Brazzaville ( le vendredi 3 novembre)  

30/10/2006

Sassou sur TV5 - Europe 1 (2)

Episode 2 : La Côte d'Ivoire 

medium_sassou-gbagbo-main-aux-fesses.jpgJournaliste: Alors le deuxième sujet. On disait tout à l'heure, c'est une anomalie parce qu'encore ce soir, L'opposition de la Côte d'Ivoire est en train de demander la mobilisation de toutes ses forces dans tout le pays pour provoquer le départ du président Gbagbo qui devait avoir lieu dans quinze jours. Enfin des élections présidentielles devaient avoir lieu dans quinze jours. Il est au pouvoir, il est bien installé. Il ne veut pas. Qu'est-ce que vous allez lui dire ? Est-ce que vous acceptez qu'il reste encore longtemps au pouvoir sans élection ?

DSN: Euh, demain, je vais me rendre, euh,  à Addis Abeba parce que nous avons après demain une réunion du conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine sur la question de la Côte d'Ivoire pour examiner les propositions qui nous ont été faites ,euh, euh, par... par la CEDAO. Et naturellement, il s'agit de créer toutes les conditions pour aller aux élections. Je ne pense que ce soit à travers les violences d'où qu'elles viennent... coupé par le journaliste

Journaliste: Monsieur le Président, ces élections elles sont différés d'une nouvelle année en Côte d'Ivoire... un autre journaliste coupe le premier journaliste

Autre journaliste: Est-ce qu'elles sont différées ? Est-ce que dans vos solutions, vous allez donner un sursis d'un an à monsieur Gbagbo ? ... le premier journaliste coupe le second

Premier journaliste: L'annonce a été faite.

Les deux journalistes parlent en même temps: [On ne sait plus si l'annonce a été faite ou non....] 1 an. Est-ce que c'est ça que vous nous annoncez ?

DSN: Ben, Je ne,... je ne peux pas anticiper. Mais, en tous les cas si c'est 1 an, ce sera bien le maximum. Parce qu'il faut bien qu'avant, euh, la fin de cette nouvelle année là, il y ait des élections, euh,  en Côte d'Ivoire sinon je ne vois pas bien comment on pourrait sortir de l'impasse sans des élections.

Journaliste: 1 an c'est le délai maximum que vous lui donnez.

DSN: Je le pense.

Journaliste: Il y a eu déjà plusieurs délais maximum, si je puis dire. Et Laurent Désiré Gbagbo est toujours là. Est-ce que vous redoutez pas un pourissement de la situation.

DSN: Non, il y a eu un délai d'un an. Et aujourd'hui, et.. on sait pourquoi les élections n'ont pas pu se tenir au cours, euh, des douze derniers mois...

Journaliste: Les listes électorales notamment.

DSN: Listes électorales, euh, désarmement, et, et, euh, euh... et élimination des milices. Euh, les, ... les points, euh, sont connus. Euh, les,... les blocages aussi.

Journaliste: Mais qui a bloqué ? D'où sont venus ces blocages ? Des rebelles ou du gouvernement ?

Autre journaliste: Des rebelles ou des forces opposées ?

Premier journaliste: C'est lui (en parlant de Sassou ?) qui dit les rebelles. Moi, je ne sais pas.

DSN: Les forces nouvelles vous voulez dire. Bien, euh, la question qui s'était posée, le gouvernement voulait le désarmement d'abord et les forces nouvelles voulaient l'identification d'abord. Nous nous sommes rendus à Abidjan et nous avions proposé que ces 2 processus soient menés concomitamment*. Et cela a été accepté. Il y a eu les cinq derniers mois de nouveau blocages, euh,  qui n'ont pas permis d'avancer. Mais je pense que les décisions que nous allons prendre maintenant au niveau de l'Union Africaine et du conseil de sécurité c'est pour lever, euh,  tous ces verrous.

Journaliste: Oui, vous avez dit il n'y a pas longtemps, euh,  vous avez promis des mesures sérieuses pour des élections. Des mesures sérieuses pour des élections en Côte d'Ivoire. Qu'est-ce que c'est des mesures sérieuses ?

DSN: 1, euh, mettre en place un mécanisme, euh,  pour aller droit à l'identification. Même s'il y a des difficultés liées, euh, à certaines, euh, lois sur le code de la nationalité. On doit pouvoir prendre des mesures exceptionnelles pour qu'il y ait identification des listes électorales. Deuxièment, euh, il faut engager, euh, le processus de désarmement et de démantélement des milices. Ce sont ces deux actions que l'on devrait prendre... dans la période...

Journaliste: Monsieur le Président Sassou-Nguesso, si, euh,  Monsieur Gbagbo y'a des élections, il est réélu, il est réélu. Mais vous dites, il faut des élections sinon c'est un pouvoir usurpé, non démocratique, c'est ça ?

DSN: C'est l'avis de tout le monde.

Journaliste: Non, mais à votre avis.

DSN: Mon avis c'est qu'il faut des élections. On travaille pour qu'il y ait des élections en Côte d'Ivoire. Si, Sinon on ne voit pas quelles sortie de crise sans élection en Côte d'Ivoire.

A suivre... Episode 3: Alternance démocratique, paix et armes (le 1er Novembre)

 

* Zazou veut faire l'intellectuel bien qu'il s'exprime comme Georges Marchais. En Côte d'Ivoire, ils ne l'ont pas pris au sérieux, celui qui est incapable de tenir la paix dans son pays et qui vient donner des leçons chez eux. Du coup, retour à la case départ, Gbagbo reconduit pour 1 an. Finalement, Gbagbo c'est comme un contrat d'assurance, tous les ans, il y a tacite reconduction.