24/06/2007
Elections législatives au Congo: Un seul votant
Les élections législatives congolaises sont très peu relayées dans les médias français (Pour s'en convaincre, voici le lien vers la page internationale du monde électronique: ici, voyez-vous que l'on y parle des élections en République du Congo ?). Seul RFI s'en fait l'écho dans une note où l'envoyée spéciale sur place note de profonds dysfonctionnements: "Ce samedi soir, dans plusieurs quartiers de Brazzaville, beaucoup d’habitants n’ont pas encore reçu leur carte d’électeur. Tandis que d’autres sont en possession de plusieurs cartes au même nom. Un homme a même reçu la carte de son épouse décédée en 2001. En fait, il semble bien que les listes électorales qui, cet après-midi, n’étaient pas toujours affichées dans les bureaux de vote, ces listes électorales sont truffées d’erreurs. Un chef de zone dans le quartier de Bakongo m’a affirmé que, sur ces listes, figuraient bon nombre de morts ou de personnes ayant déménagé. [...] " Pour lire la suite...
Mais tout cela n'est que péripétie pour amuser la galerie. Dans les élections congolaises, la liste des votants peut être fausse à 100% puisqu'elle ne sert à rien. La seule liste qui compte, c'est la liste des élus qui est déjà figée. Les ennemis d'hier, ceux qui ont mis le Congo à feu et à sang juste avant le passage au nouveau millénaire, se sont réconciliés sur le dos des vivants et des morts pour déterminer les membres des clans familiaux qui auront accès à la mangeoire.
La mangeoire en République du Congo c'est l'endroit où l'argent du pétrole peut être tranquillement détourné en toute impunité par les personnes autorisées au détriment de tout le reste du peuple Congolais avec la bénédiction de nos dirigeants politiques occidentaux.
En République du Congo, il n'y a qu'un seul votant, c'est Denis Sassou Nguesso. Ce qui fait bien les affaires de ses enfants, neveux ou cousins ainsi que ceux de l'allié du jour, Bernard Kolelas. Ce soir tous ces gens auront les yeux brillants et le ventre soulagé par la rente de situation que leur offre le Président revenu par les armes et grand amateur de luxe.
12:30 Publié dans Afrique, République du Congo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Denis Sassou-Nguesso, élections législatives, dysfonctionnements, vote
30/01/2007
Débat Participatif, j'y étais ! Du coup mon pote Sassou y était aussi
Matthieu nous faisait récemment "l'article" sur le dernier James Bond. De mon côté, je fais encore plus fort. Au lieu de me rendre au cinéma, puisque les salles proches refusent toujours de diffuser Congorama, je me suis rendu à la salle polyvalente de mon village. Nous avions droit nous aussi à notre séance de débat participatif qui doit permettre à Ségolène Royal de dégager un programme politique de "désir d'avenir". Le très célébrissime "programme à l'écoute".
Un collègue partant en retraite m'avait dit qu'il avait participé à un de ces débats dans son bled à lui. Cela a attisé ma curiosité. J'avais un tract dans ma boite aux lettres : Débat participatif "L'environnement & le développement durable". Une petite faute de goût avec un tract A4 imprimé en couleur... pas très développement durable. J'invite le PS à prendre exemple sur les marabouts qui sont capable de faire des publicités sur un format ticket de métro en N&B. Pour le développement durable, c'est pas mal aussi d'épargner les forêts !
Le débat était organisé par la section PS des Essarts Le Roi-Auffargis et le comité de soutien à Ségolène Royal de la Xème Circonscription des Yvelines. L'invité surprise était Didier Fischer qui est conseiller régional d'Ile-de-France. Nous avons au moins un point commun, nous avons chacun notre blog.
Il y avait 10 personnes d'après la police (Hé, oui Sarkozy est toujours ministre de l'intérieur) et 500 d'après les organisateurs. Je plaisante. Je crois que nous étions entre 40 et 50. Fourchette qui était aussi celle de la moyenne d'age. Pas trop concernés les jeunes par le débat participatif (5 personnes dans la tranche 18-29). Même si le sujet était a priori plutôt intéressant pour eux.
Comme dans tous les coins de France, je suppose, des sujets généraux au départ se sont rapidement recentrés pour concerner la population à 15 kilomètres à la ronde. Que peut-on en tirer pour un programme politique ? C'est à voir le 11 février en exclusivité sur la ségosphère !
La parole a été trustée par très peu de personnes au final. J'ai écouté au départ mais j'ai mis mon grain de sel un peu plus loin dans le débat à propos des biocarburants. Pour le moment rien ne prouve que le bilan énergétique ne soit pas au rendez-vous comme on essaie de nous le faire croire. Il faut donc attendre des études confirmés par plusieurs experts puisque qu'à ce jour les résultats publiés sont contradictoires.
J'en ai profité pour glisser mon point de vue sur ce que j'attends d'un Président de la France, ce pays des droits de l'homme: l'arrêt du soutien aux dictateurs depuis son initialisation par le général de Gaulle (en particulier Africains et encore plus particulièrement le Président de L'Union Africaine, Denis Sassou Nguesso). Cela passe à mon sens par une véritable politique de suppression des Paradis Fiscaux et une remise à plat des contrats négociés par nos multinationales qui engrangent des bénéfices exceptionnels pour la retraite des américains en maintenant des peuple entiers dans une pauvreté choquante au XXIème siècle. Cela nécessite un homme ou une femme politique d'une stature exceptionnelle. Mais pour ceux qui lisent parfois mon blog c'est la confirmation que je reste en ligne par rapport à mes voeux de 2007. Un des débatteurs a renvoyé l'argument habituel: "Oui mais si nous on part, la place sera prise par les américains". Donc d'après lui, il faut continuer de se voiler la face. Les lobbying anglo-saxons sont par expérience beaucoup plus fermes à dénoncer les dérives de leurs élites vis à vis des pays du sud que ce que l'on peut voir en France en partie à cause de la désinformation médiatique.
Les jeunes ne se sont pas exprimés, c'est dommage. Peut-être que les conditions ne s'y prétaient pas.
Je ne connaissais pas Didier Fisher et n'avais donc aucun a priori à son égard. Je l'ai trouvé relativement convaincant sur la plupart des sujets. Le problème c'est que la présidentiable est Ségolène Royal.
00:00 Publié dans Afrique, Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Didier Fisher, Ségolène Royal, Denis Sassou-Nguesso, Présidentielles 2007, Développement durable, Environnement
16/12/2006
T'as pas fini de siphonner les réservoirs ?
Xavier Harel est passé 4 minutes sur iTélé suite à la sortie de son livre sur les scandales du pétrole africain. Je regrette vraiment que l'on accorde si peu de temps de temps dans une émission dédiée à l'Afrique alors que nos médias nationaux accordent 45 minutes à Denis Sassou-Nguesso qui est l'un des principaux protagonistes dans les scandales dénoncés par le journaliste. Je suis assez dépité par le journaliste d'iTélé (Joseph Andjou) qui par ses questions semble prendre partie pour ces régimes mafieux soutenus par Paris. En particulier la question "Vous l’avez écrit seul ou avec d’autres complicités ?" m'a plutôt interpellé après son premier demi-lapsus "je pense bien que tous ceux que vous jugez... vous citez dans votre livre". Mounzeo et Makosso qui dénoncent l'opacité de l'industrie pétrolière au Congo sont en jugement par un très bon montage du régime dont ils mettent sur la place publique les détournements des revenus pétroliers. Xavier Harel qui dénoncent lui aussi les pratiques douteuses est nécessairement, d'après le journaliste télé, un délinquant dont il s'agit d'identifier les éventuels complices.
Voici le texte de l'interview bien trop courte :
- Nous arrivons à nos questions à Xavier Harel qui a sorti chez Fayard : "Afrique Pillage à huit Clos Comment une poignée d’initiés siphonne le pétrole africain". Bonjour Xavier
- Bonjour
- Dans votre livre, vous tapez très fort sur les grandes puissances qui amusent la galerie, selon vous, avec la complicité des chefs d’Etats de ces pays producteurs de pétrole toute cela au détriment de leurs populations. Alors, Pensez-vous que votre livre peut changer quelque chose ?
- C’est un livre qui peut effectivement changer un certain nombre de choses car il révèle d’une certaine façon l’envers du décor. Derrière les beaux discours, les choses sont malheureusement beaucoup moins claires. Depuis quelques années, il y a une certaine mobilisation de la communauté internationale en faveur de l’Afrique. On annule la dette, on augmente l’aide publique au développement, on crée même des taxes sur les billets d’avion pour financer un certain nombre de luttes contre des maladies. En revanche, dès qu’il s’agit de regarder ce que font leurs compagnies pétrolières, leurs banques dans ces pays, notamment en Afrique centrale, tout le monde détourne la tête de peur d’y découvrir la corruption absolument débridée qui s’y passe et notamment des centaines de millions de dollars qui y sont détournés. On est complètement dans un double discours. On ne peut pas à la fois faire la campagne pour une taxe sur les billets d’avion et puis soutenir un certain nombre de régimes qui détournent des centaines de millions de dollars de revenu pétrolier. Argent qui vient évidemment à manquer quand il s’agit de financer la santé, l’éducation ou des infrastructures. La raison pour laquelle l’industrie pétrolière génère une telle corruption, génère des détournements aussi importants, c’est évidemment la grande opacité qui entoure cette industrie. C'est-à-dire qu’on ne sait pas combien les compagnies pétrolières versent aux Etats. Ce qui permet toutes les tricheries possibles et inimaginables et tous les montages qui bien souvent passent par des Paradis fiscaux. Qui sont financés par des grandes compagnies bancaires comme BNP Paribas ou bien qui sont couverts par certaines compagnies pétrolières.
- Alors Xavier dans votre livre, vous avez particulièrement la dent dure envers Denis Sassou-Nguesso, le Président du Congo Brazzaville. Vous l’accusez même de bénéficier du soutien de Monsieur Jacques Chirac, notre Président. Notamment dans le cadre de l’affaire Elf. Ce n’est pas assez dangereux pour vous ?
- Ecoutez, quand on est journaliste et qu’on a de bonnes informations, il faut les donner. L’objectif de ce livre est de dénoncer le double discours des pays riches à l’égard de l’Afrique et le fait est qu’il y a un soutien incontestable de Jacques Chirac à Denis Sassou-Nguesso qui est le Président du Congo Brazzaville.
- Il y a aussi la Guinée Equatoriale que vous épinglez, le Nigéria…
- Il y a une sorte de malédiction de l’or noir, malédiction du pétrole, qui fait que tous les pays pétroliers enregistrent des performances économiques inférieures aux pays qui n’ont pas de ressources naturelles. C’est lié à cette industrie qui est à la fois très opaque et qui génère des revenus absolument colossaux mais qui ne crée pas d’emploi. Donc l’essentiel du débat politique se résume à une chose capter la rente pétrolière, capter une partie de la rente pétrolière.
- Dans un souci de débat contradictoire, je pense bien que tous ceux que vous jug… citez dans votre livre n’approuvent pas forcément vos écrits. Est-ce que vous pensez que des procès seront intentés contre vous ?
- Alors, on m’a fait passer le passage que certaines compagnies m’attaqueraient en diffamation. Elles ne l’ont pas fait car tout ce qui est écrit dans ce livre est étayé par des documents. On ne s’attaque pas à des régimes ou à des multinationales sans preuve. Ce serait évidemment une folie. Mais jusqu’ici personne ne m’a attaqué en diffamation. Le livre est parfaitement étayé. C’est évidemment sur la base de documents incontestables que j’affirme…
- Vos sources sont tout à fait fiables ?...
- Fiables, sûres !
- Vous l’avez écrit seul ou avec d’autres complicités ?
- J’ai écrit seul ce livre.
17:45 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Denis Sassou-Nguesso, Xavier Harel, Afrique, Afrique Centrale, détournements, pétrole




