07/07/2007

Sassou-Nguesso à l'Elysée, les premières images

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

Paris, le mercredi 4 juillet 2007


Déclaration du Porte-parole

Comme l'avait indiqué le Porte-parole de la Présidence lors de son point de presse hebdomadaire du 28 juin dernier, le Président de la République (1) recevra son homologue congolais M. Denis SASSOU-NGUESSO, le jeudi 5 juillet à 18 heures, pour évoquer notamment la relation bilatérale entre les deux pays et, de façon plus générale, la situation du continent africain.

La République du Congo siège en ce moment même au Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Président SASSOU-NGUESSO a présidé l'Union Africaine l'an passé (2). Il a une connaissance très intime des grands sujets du continent africain (3).

(1) C'est quoi une Répulique ? Une contraction de répugnante république ? Voir l'image plus bas et le site de l'Elysée.

(2) Avec les résultats que l'on connaît: rien, nada, nothing...

(3) On ne peut effectivement pas lui retirer cela. Il a une connaissance très intime, voire très mafieuse de la mafiafrique avec ses collègues dictateurs du Gabon, du Tchad, de l'Angola, de la Centrafique, du Cameroun... etc...

 
Sassou et Sarkozy parlant du génocide au Darfour à l'Elysée en 2007
Sarkozy, Chirac et Sassou en image à l'Elysée
 

05/07/2007

Visite du dictateur Sassou à Paris: Communiqué de survie

Voici le communiqué que l'association Survie diffuse suite à l'annonce de réception à l'Elysée par Nicolas Sarkozy de Denis Sassou Nguesso:

Après avoir reçu le dictateur gabonais Omar Bongo (au pouvoir depuis 1967) à la fin du mois de mai dernier, le président français Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée, le jeudi 5 juillet, Denis Sassou Nguesso (dictateur du Congo-Brazzaville de 1979 à 1991 et depuis 1997). Loin de rompre comme il l’avait promis avec les réseaux de la Françafrique et de « mettre un terme » au « système de relations personnalisées » Nicolas Sarkozy insulte par cette réception les nombreuses victimes du criminel Sassou.

Denis Sassou Nguesso, dictateur et criminel

Le président français ne peut ignorer la nature prédatrice et dictatoriale du régime congolais, qui est de notoriété publique.

Pour rappel, la justice française donnait raison, en 2002, à François-Xavier Verschave (alors président de Survie) auteur du livre Noir Silence (les Arènes, 2000) dans lequel il démontrait que Denis Sassou Nguesso était un dictateur auteur de crimes contre l’humanité.

En 2006, la justice américaine donnait raison aux fonds d’investissement qui démontraient l’ampleur des détournements opérés par le régime Sassou sur les revenus pétroliers : environ 20% du budget parti se cacher, avec la complicité de banques et d’entreprises françaises, dans les circuits opaques de la finance mondiale. Un mécanisme parfaitement huilé décrit avec talent par Xavier Harel dans Afrique, pillage à huis clos (Fayard, 2006).

Il y a deux semaines, le 19 juin 2007, le Parquet de Paris donnait raison aux associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD) qui accusent Sassou de profiter en France d’argent détourné au Congo, en ouvrant une enquête préliminaire sur son patrimoine immobilier en Île-de-France. Quelques jours plus tard, l’ONG Global Witness mettait à jour les dépenses somptuaires, financées par le pétrole, du fils du dictateur, Denis Chrystel Sassou Nguesso.

N’oublions pas l’affaire dite des disparus du Beach, massacre perpétré en 2000 contre des civils congolais et pour lequel une instruction judicaire est en cour en France.

Une rupture avec la Françafrique qui se fait attendre

Manifestement, Nicolas Sarkozy se soucie peu de cet édifiant curriculum. Déjà, en novembre dernier, dans un entretien au journal Jeune Afrique (n° 2391), Nicolas Sarkozy avouait apprécier Denis Sassou Nguesso (en plus de déclarer son amitié pour Omar Bongo). Le voilà donc, moins de deux mois après son élection, qui s’apprête à recevoir le tyran congolais.

Le discours que tient Sassou est simple : le Congo a besoin de l’aide internationale et des allègements de dette promis aux pays pauvres très endettés ; pour y avoir accès il lui faut redorer son blason auprès des institutions financières internationales comme le FMI, soucieux de la gestion des revenus pétroliers ; l’enquête ouverte à Paris pour « recel de détournement d’argent public » tombe donc au plus mal pour la « réputation » du régime. Et ce ne sont pas les conditions déplorables dans lesquelles s’est déroulé le 1er tour des élections législatives au Congo le 22 juin dernier (une sombre mascarade entachée d’irrégularités comme l’ont constaté les observateurs de l’UA) qui permettront aux bailleurs de constater des progrès accomplis en matière de gouvernance démocratique…

On peut s’attendre à ce que le potentat vienne dire en substance à l’hôte de l’Elysée que si la justice française continue à mettre son nez dans les « affaires » congolaises, les privilèges accordés aux entreprises françaises pourraient prendre fin. Avec le risque qu’il trouve une oreille attentive. Nos associations resteront donc vigilantes quant aux décisions prises à l’issue de cette rencontre.

Estimant que le plus élémentaire respect des droits de l’Homme exige que soit déclaré personna non grata dans notre pays tout dictateur arrivé et maintenu au pouvoir par la force et la fraude électorale, nos associations condamnent fermement cette visite

1. Dans son projet pour 2007 l’UMP affirmait que ses élus ne soutiendraient « ni les dictateurs ni les pays dirigés pars des régimes corrompus ».

2. En 2007, 30 associations de solidarité internationale regroupées dans la campagne « 2007 Etat d’urgence planétaire, votons pour une France solidaire ! » ont signé une fiche de revendications sur les relations France-Afrique adressée aux candidats aux élections françaises. Elles y dénonçaient le soutien de la France à des régimes contestés par leurs peuples et réclamaient le conditionnement de l’aide française au respect de l’Etat de droit dans les pays concernés : www.etatdurgenceplanetaire.fr

03/07/2007

Ballet de dictateurs chez Sarkozy

465fe015013b786e5e18b17c7cbc378d.jpgCe jeudi 5 juillet, le Président de la République française élu dans les règles de l'art reçoit Denis Sassou-Nguesso tout auréolé des résultats des élections les plus anti-démocratiques de ces dernières années:

  • carte électorale complétement en faveur d'une région (celle dont est originaire le président...)
  • cartes d'électeurs non distribuées
  • bureaux de votes non ouvert ou aux horaires atypiques
  • organisation de tournée d'électeurs de bureau en bureau
  • pas de papier d'identité
  • nombreux morts sur les listes (on comprend pourquoi les ministres congolais se déplacent en masse en Corse quand un parrain meurt)
  • circonscriptions avec un seul candidat grace à l'intimidation (élu par 99,**% des voix avec moins de 5% des votants)
  • circonscriptions où le nombre de votants est supérieur au nombre d'habitants
  • candidats déclarés ou retirés la veille des élections
  • urnes déplacées à la nuit tombée avant le dépouillement
  • etc... et des meilleures.

De manière étonnante, cette année, pas d'observateur de l'union européenne pour vérifier la transparence de ces élections. Cela sera-t-il fait pour le second tour à la fin du mois de juillet ?

Monsieur Sarkozy, vous qui avez été élu dans une élection transparente qui montre la France comme une véritable démocratie, ne croyez-vous pas qu'il est temps que la France arrête de donner des satisfecits à nos gouverneurs noirs d'Afrique, uniquement pour que nous puissions continuer de sucer tranquillement le pétrole du peuple congolais ?

Rappel d'un récent voyage de Sarkozy en Afrique: "Une fois la question de l’immigration éclaircie, le candidat à la présidentielle a pu passer au second objectif de son voyage : poser les bases d’une politique Africaine nouvelle. Nicolas Sarkozy a plaidé pour un « partenariat rénové » entre la France et le continent africain, pour « chasser les vieux démons du paternalisme, du clientélisme et du partenariat ».  ''Nous devons créer les conditions de relations adultes, responsables et décomplexées qui pourront s'épanouir en pleine lumière, sous le regard de tous'', a lancé le ministre de l'Intérieur. Une critique à peine voilée de la politique prônée par Jacques Chirac. « Ce dialogue et ce partenariat exigeant, ils doivent s'inscrire dans le cadre d'un échange équilibré entre nations souveraines et alliées, liées par des liens privilégiés », a poursuivi le ministre, annonçant que les relations avec l’Afrique seraient une « priorité » de sa politique internationale, s’il est élu l’an prochain. Nicolas Sarkozy a plaidé pour « une obligation de résultats et plus simplement de moyens » en matière d'aide publique au développement. « La question de l'aide, ce n'est pas seulement: combien? C'est aussi: comment et pour quels résultats? 'Nous ne devons plus accepter que l'aide au développement puisse devenir une prime à la mauvaise gouvernance et aux régimes prédateurs. Comme nous ne devons plus tolérer les détournements auxquels elle donne encore trop souvent lieu », a conclu le ministre de l’Intérieur... source: le figaro

Sarkozy a dit mais a fait. Il est vrai que comme sous Miterrand, Chirac ou les présidents qui les ont précédés, nos politiciens sont friands de la phrase: "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent !".
 

21/06/2007

Première nuit contre la Françafrique

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Je souhaite que Rama Yade ne soit pas qu'une belle jeune femme. Que ses origines et la dénomination de son secrétariat d'Etat l'inspirent fortement dans les décisions indispensables à prendre pour en finir avec la Françafrique une fois pour toutes. Cela ne sera pas facile avec un ministre comme Kouchner qui n'a pas hésité à faire des missions pour le dictateur Sassou Nguesso quand il n'avait plus de portefeuille de ministre.
Le Monde: "Rama Yade était taillée sur mesure pour devenir, à 30 ans, la benjamine du gouvernement, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme. [...] La jeune secrétaire d'Etat ne sait pas encore en quoi consistera sa mission sur les droits de l'homme."
Madame la ministre, branchez-vous sur Zalea TV et prenez rendez-vous avec les gens de survie ou Sherpa, vous comprendrez bien vite ce que l'on attend d'un secrétaire d'Etat aux droits de l'homme dans le gouvernement du pays des droits de l'homme. Vous en apprendrez bien plus, malheureusement, qu'avec votre ministre de tutelle (tout socialiste bon teint qu'il est comme l'était l'équipe de Miterrand qui a fait plus de mal à l'Afrique que tous les gouvernements de droite précédents).