25/06/2006

Une longue histoire sur l'eau salée

Un peu d'embruns, de vagues, d'eau salée, de police maritime, d'insconscients et de voileux

Le 23 Août 2002 restera à jamais gravé dans ma mémoire comme un des moments les plus angoissants de mon existence.

Le port de pin rolland à Toulon


Quelle idée m'était passée par la tête quand je m'étais mis à apprécier la voile ? J'avais d'abord fait plusieurs week-end avec mon CE. Je suis passé ensuite à des croisières de 10 jours sur un ancien voilier qui participait dans le temps à la transat anglaise. En 2000, je rallonge encore la durée des expériences maritimes. Nous faisons cette année là une première croisière de quinze jours en méditerranée avec un couple d'amis marseillais rencontrés sur les pistes de ski de la station de Luc Alphand.

Notre itinéraire comprend Porquerolles, Port-Crau, Port-Grimau, Cannes, les îles de Lerins et le retour sur Toulon en nous arrêtant de nouveau dans les différentes îles. Quelques souvenirs avec Christophe qui nous a chassé une murène entre l'ile Saint Honorat et l'ile Sainte Marguerite. Nous nous faisions une joie de la déguster au dîner ce soir là. Quelle déception, tant la bête était immangeable car bourrée d'arêtes. Mais le souvenir le plus comique étant le sauvetage que nous avons effectué en revenant de Saint Honorat.

Le même bateau qu'Heloise amarré dans le port principal de Porquerolles


Je vous décris le tableau. Nous sommes au près, sur notre tribord un couple de personnes d'un age avancé nous fait des signes désespérés. Nous enclenchons le moteur et affalons les voiles pour faire une manoeuvre d'approche de ces étonnants personnages. Ce couple est sur un voilier mais ils ne savent pas s'en servir. Ce qui est fort problématique car leur moteur vient de les lâcher. Nous lançons un bout pour que le septuagénaire le rattrape avec la gaffe. Au bout de plusieurs essais infructueux, il réussit enfin à s'en emparer. Malgré notre consigne de passer le bout par le chaumard, ils s'y mettent maintenant à deux pour tenir le cordage sans l'attacher nulle part. Le monsieur nous demande alors de les tracter jusqu'au Yachting Club en nous précisant qu'il en est le président. Nous ne relevons pas. Par contre, nous n'en pensons pas moins. Une fois dans le port, il lache le cordage et avec l'inertie l'embarcation se dirige vers une place libre. Nous jetons un dernier regard pour voir qu'ils viennent de perdre leur gaffe dans la mer et qu'un groupe de personnes arrive à leur rescousse. Nous nous éclipsons en abandonnant monsieur le Président à une fin de sortie bien ridicule.

La dernière annecdote significative de notre croisière intervient dans un des derniers jours. Nous sommes au mouillage devant une grande plage de Porquerolles. Nous ne sommes pas les seuls. Une bonne trentaine de bateaux sont à l'arrêt dans notre zone. Christophe décide de partir faire son commandant Cousteau dans les alentours. Il met sa combinaison et s'en va faire un peu d'apnée vers un bloc de rochers. Pendant que leur fils et ma fille jouent, nous entâmons une discussion avec la femme de Christophe. Une poignée de dizaine de minutes passent. Soudain, la police maritime arrive et demande à l'ensemble des bateaux de notre secteur de quitter les lieux.

Nous faisons la sourde oreille et cherchons des yeux Christophe. Il est impossible à repèrer. Nous tentons de discuter avec les policiers mais ils ne sont pas d'humeur. Ils nous expliquent que nous nous trouvons sur une zone de taxifolia. Cette algue tueuse détruit peu à peu l'écosystème méditérranéen en se substituant à la posidonie. Nous n'avons pas le choix. Nous démarrons le moteur et partons plus loin. J'imagine en souriant la tête de Christophe s'il sort la tête de l'eau au moment où son bateau part avec sa femme et son fils...

Cela était vraiment très drôle à part le fait qu'une fois repéré le tueur de murènes, il ne me restait plus qu'à prendre l'annexe et à ramer pour aller le rechercher.

sailing,voile,photo


Des marins privés de mer

Après cette première longue croisière, j'ai laissé passer 2 ans avant d'attaquer cette épique épisode de 2002. L'été 2001, j'ai continué dans des aventures nord-africaines par un petit périple en Tunisie. Mais cela est une autre histoire...

En 2002, nous descendons à Marseille en avion depuis Paris pour rejoindre nos compagnons d'aventure. Nous nous rendons à Toulon pour préparer le bateau et nous occuper de l'avitaillement. La femme de Christophe étant enceinte de 6 mois, une règle d'or est adoptée : nous ne ferons pas de navigation au-delà de force 5. Nous prévoyons cette fois-ci de descendre jusqu'à Barcelone et pour partir dans les meilleurs conditions nous préfèrons attendre un vent favorable. Durant cinq jours le vent vient de l'ouest et la houle est importante.

Maintenance des feux du haut du mât

Nous en profitons pour faire la maintenance des feux qui se trouvent en haut du mât. C'est toujours amusant de faire un peu l'équilibriste. Ai-je destabilisé la balise Argos dans les différentes opérations effectuées là haut ?

Baie de Toulon vue des hauteurs

Nous faisons également du Karting sur la presqu'île de Giens. J'ai découvert à cette occasion qu'ils fabriquaient des karts à 2 places. Ceci m'a permis de faire quelques frayeurs à ma fille en véritable père indigne que je suis. Nous faisons également des ballades sur les hauteurs pour avoir une magnifique vue sur Toulon et Saint-Mandrier.

Mais à force, le trampoline, les ballades, le karting et les acrobaties diverses sont des activités lassantes quand on est venu pour faire de la voile. Cependant le constat est vite fait. Même dans le port, l'eau est fortement agitée. Ce qui laisse imaginer ce qui se passe au large ! Nous avons une règle d'or à tenir. Il n'y a que cela qui compte. Nous ferons également une sortie ciné pour voir MIB II.

medium_port.jpg


Un voilier au moteur qui ne tient pas la distance

Finalement après 5 jours d'attente, le vent tourne. Il n'est pas portant mais nous évitera de multiplier les virements de bord. Nous décidons de faire une très longue première étape. Nous partons de Toulon et visons Palavas Les Flots. Nous ferons une navigation de nuit pour y arriver. Nuit qui nécessitera une certaine concentration car nous sommes au large de Fos Sur Mer alors qu'il fait déjà nuit. Il faut être attentif aux sorties des Tankers et à la houle croisée engendrée par l'arrivée des eaux du Rhone en méditérannée. Nous gardons cependant un oeil sur le magnifique ciel étoilé de ce mois août. Les choses se passent sans encombre. Christophe et moi nous partageons les quarts à la barre. Le lendemain le vent disparaît complètement. La mer est étale. La fin de l'étape au moteur est interminable. En fin d'après-midi nous amarrons condiments* dans le Port de Palavas les Flots. Le restaurant tournant nous surplombe. Nous décidons d'y prendre notre dîner et par chance nous y trouvons une table sans avoir réservé, ce qui est visiblement un exploit.

Restaurant tournant de Palavas les Flots


Le lendemain nous réduisons la longueur de l'étape pour rejoindre le Cap d'Agde. Nous enchaînons ensuite sur une étape plus longue pour rejoindre Argelès (Nous visions plutôt Collioure ou Port-Vendres mais à cette époque de l'année les places de port sont rares). Nous sommes un samedi. Nous prévoyons de passer la frontière espagnole le lendemain.

C'est avec envie que nous appareillons le dimance matin pour passer le cap Cerbère. Nous sortons du port au moteur. Je suis dans la cabine pour préparer la navigation. Les enfants finissent leur petit déjeuner sur la table du carré. Soudain Christophe nous crie de sortir. Nous sortons tous, le moteur est coupé mais une fumée pas sympathique s'échappe du caisson moteur. Nous voilà donc sans moteur. Nous laissons dériver un peu pour jeter l'ancre en dehors du passage d'entrée et de sortie du port. Après avoir pris contact avec les autorités du port, nous nous faisons remorquer à quai.

Un dimanche même en plein été c'est plutôt difficile de trouver un mécano ou alors déjà fort chargé. En fouillant dans les pièces de rechange que nous avons à bord, nous trouvons un rotor de la pompe à eau de mer. La documentation nous informe que c'est une pièce fort fragile. La présence à bord de cette pièce laissée par le précédent propriétaire nous suggère que nous devons tenir la pièce stratégique. Les discussions avec nos voisins d'amarrages nous confirment cette hypothèse quand nous évoquons les symptômes de la panne moteur. Malgré l'inaccessibilité de cette partie du moteur nous nous mettons au travail pour changer la pièce déficiente. Quand nous sortons la pièce précédente nous sommes certains d'avoir résolu notre problème. Le rotor en place a perdu quelle pales qui devaient avoir une certaine utilité. Une journée de navigation de perdue et trois heures d'expérience mécanique en plus.

La frontière espagnole sera pour le lundi.

Le temps se fait court

C'est dans un temps britannique que nous hissons les couleurs espagnoles. Nous n'y voyons pas à 10 mètres. Le vent est faible. Le silence est pesant. Il est parfois interrompu par le bruit d'un hors-bord lancé à pleine vitesse. Nous nous attendons à chaque fois à nous faire découper en deux par un abruti qui ne se contente pas d'être un meurtrier potentiel sur route mais également sur mer.

Port de la Selva


Finalement, nous atteignons le port espagnol qui devait être notre première étape dans ce pays (Port de la Selva).

medium_port_de_la_selva.jpg


Musée Dali à FiguerasLe retard du départ, les ennuis avec le moteur, le manque de vent et l'anticipation du retour à Toulon nous obligent à restreindre nos ambitions. Nous ne pourrons pas atteindre Barcelone sans risquer de ne pas être de retour pour l'avion de Paris que nous avions réservé. Nous sommes descendus jusqu'à la Escala en passant devant Cadaquès (Village de bord de mer rendu célèbre par Salvador Dali). Après avoir cherché chez plusieurs loueurs, nous avons trouvé une voiture pour 3 jours. La première journée, nous nous sommes rendus à Figueras pour visiter le musée Dali.

Musée Dali à Figueras


Le lendemain nous nous rendons à Barcelone pour y visiter plusieurs sites où l'empreinte de Gaudi est dorénavant indélébile.

La visite de Barcelone est en images. J'ai créé un album qui reprend quelques photos des oeuvres de Gaudi, en particulier la Sagrada Familia. Il y a aussi quelques photos du parc que l'on voit dans le film "L'auberge Espagnole" de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Cécile de France, Audrey Tautou et Judith Godrèche entre autres.

Album Photo : Barcelone (2002)

C'est maintenant que l'affaire se gâte avec la météo qui se dégrade

medium_11111.jpgLe 22 août, nous faisons d’une traite Port-Vendres à Port-Camargue, il n’y a pas de vent et nous finissons au moteur et nous amarrons à la station service du port à 1 heure du matin. A 6 heures du matin des coups de pieds dans la coque nous réveillent. Le gérant de la station service nous fait comprendre qu’il faut que nous décampions. A moitié endormis, nous appareillons sans avoir pu prendre la météo. Nous voilà partis dans un épisode très angoissant. Le début de la navigation commence tranquillement sans réel souci. Les bulletins météos pris à la radio n’annoncent rien de particulièrement inquiétant. Pourtant dans la matinée le ciel à l’horizon commence à se couvrir de nuages menaçants qui ne présagent rien de bon. Nous décidons de nous équiper quand il devient clair que nous nous dirigeons droit sur un grain. Nous ne nous doutions pas, alors qu’il était 11 heures du matin, que nous allions garder nos harnais pendant les 13 heures suivantes.

Le premier grain passé, un second lui succède, puis un suivant jusqu’à réaliser que nous sommes en pleine tempête. Nous sommes à la voile, nous faisons bord sur bord en face des Saintes-Marie de la Mer et ses bancs de sable. Je descends fréquemment pour faire le point à la table à cartes. Nous avons beau faire, nous n’avançons pas. Pire, les éléments contraires nous ramènent d’où nous venons. Pendant une à deux heures nous nous entêtons à rester toilé. Nous sommes encouragés par la vision d’un autre voilier luttant lui aussi avec les éléments. Le vent ne cesse de forcir. Nous avons rencontré le premier grain à force 6-7. Nous en sommes maintenant à 7-8 beaufort.

Nous ne voyons plus l’autre bateau, compagnon d’infortune dans cette mer déchaînée. A-t-il renoncé ? Est-il parti plus au large pour s’écarter des bancs de sables ? Nous ne le saurons jamais. Nous décidons de ne pas renoncer mais de changer de stratégie. Nous allons continuer au moteur avec 2 ris dans la grand-voile. Pourvu que le rotor de pompe ne nous lâche pas une nouvelle fois. Nos talents de mécaniciens étaient-ils suffisants ?

Nous inversons la tendance, à la carte je constate que nous gagnons péniblement dixième de miles par dixième de miles. Mais le vent continue de forcir pendant le reste de l’après-midi. La nuit commence à tomber et nous n’avons pas atteint le point critique de Fos sur Mer. L’endroit où l’arrivée du Rhône et la houle se conjuguent pour donner une mer si difficile. Je continue de faire fréquemment le point. A chaque descente dans la cabine, je dédramatise la situation auprès des enfants et de la femme de Christophe qui ne doit pas être dupe. Quand nous sommes à force dix, je demande à Christophe quelles solutions de replis il y a. Sa réponse me glace le sang, les seuls ports possibles sont à Marseille. Marseille est à 30 miles nautiques après Fos. L’autre alternative c’est la fuite, à savoir se laisser porter par le vent vers notre point départ. Ce qui en fait nous ramènerait à Sète avec une forte probabilité de nous échouer sur un banc de sable. Je tente de contacter le CROS pour me renseigner sur les évolutions de la météo et au moins signaler notre position, impossible de les joindre. Nous apprendrons le lendemain que leur émetteur était tombé en panne à cause de la tempête. Pour couronner le tout Christophe me montre l’étui ouvert de la balise Argos au sommet du mât. Nous continuons d’avancer à raison d’1 ou 2 miles par heure.

La situation est stressante. Parfois Christophe me fait remonter en urgence pour choquer la grand-voile alors qu’une rafale couche notre frêle embarcation. Je surveille la jauge à carburant car la capacité de notre réservoir ne nous permet pas d’atteindre Marseille sans ravitaillement. Je devrais dans un tel déchaînement de vagues me rendre à l’avant du bateau avec un bidon de gasoil pour remplir le réservoir. Cette perspective m’enchante peu. Mais Christophe étant à la barre, il n’y a que moi pour cette tâche. Après avoir de nouveau surveillé notre niveau de carburant, je calcule notre route vers le port de Pointe-Rouge. Mes calculs m’indiquent que le cap que nous tenons nous permet de passer tout droit vers le port en laissant le phare du Planier à tribord et les îles du Frioul à bâbord. Nous avons finalement un peu de chance dans cette tempête. Même si Christophe est sceptique sur ma navigation, craignant que nous nous approchions trop du phare ou des rochers qui entourent les îles. Je suis pour ma part serein sur mes calculs.

Alors que je suis une nouvelle fois en cabine, Christophe me crie violemment : « Patrice, tu t’es planté ! ». Je remonte précipitamment. Alors que le bateau émerge d’une vague, des lumières sont apparues droit devant nous à quelques centaines de mètres. Vers quelle terre allons-nous nous écraser ? Est-ce un mauvais calcul de ma part ? L’Atlantide est-elle en train de réapparaître devant notre frêle esquif ? Soyons rationnels, tout cela n’est que le fruit de notre imagination. Quand nous observons que ces lumières sont en mouvement nous réalisons notre erreur de jugement. C’est un super Tanker qui a quitté Fos et qui suit tranquillement sa route comme si les creux, qui m’impressionnent tant, n’existaient pas. Nous ne savons pas s’il nous a vu mais sa vitesse était suffisante pour que nous croisions son sillage plutôt que nous nous fassions déchiqueter par sa coque métallique. C’est une nouvelle frayeur dans cette journée déjà bien chargée.

Nous n’avons pourtant pas de répit, la jauge arrive à un seuil critique. C’est le moment de prendre son courage à deux mains et d’aller remplir le réservoir dont l’accès se trouve au milieu du pont. Plus tôt dans la soirée, j’avais recherché une autre embouchure. Sans succès, le seul point d’entrée se trouvait au milieu du pont. Nous commençons par déterrer le bidon de gasoil qui se trouve dans les équipées du cockpit sous une masse de bouts, de matériels de plongée et de pêche. Cela a déjà été une sacrée prouesse, vu les circonstances. J’écoute d’une oreille distraite et fatiguée les explications sur le fonctionnement du système de remplissage. Trop distrait, une fois au milieu du pont, je monte le système à l’envers. Christophe est furieux. Je rectifie rapidement l’erreur avant que de l’eau salée ne puisse s’introduire dans le réservoir ce qui serait une catastrophe pour notre moteur et par la même occasion pour notre destination finale. Me voila en équilibre au milieu du pont, mon dos protège l’ouverture de l’eau qui s’écrase sur moi. Le réservoir met un temps infini à se remplir. Mais l’opération est menée à son terme sans conséquence néfaste.

Finalement, ma route était bonne. Nous laissons le phare du Planier à tribord comme prévu. Quelques instants après nous longeons les masses sombres du frioul. Nous sommes en baie de Marseille. C’est sans doute l’une des rares fois où un parisien a été si content de voir les lumières de la ville phocéenne. Voila enfin les petites lueurs vertes et rouges qui marquent l’entrée du port de Pointe-Rouge. Dans la baie la force du vent est plus faible. L’angoisse est terminée, nous sommes arrivés à bon port. Nous prenons la première place inoccupée que nous trouvons. Il y avait peu de chance que l’on vienne nous en déloger par le temps qu’il faisait.

La femme de Christophe et les enfants montent à l’appartement de Marseille. Nous sommes plus que 2 sur le voilier. Je vais chercher le journal pour voir ce qu'ils racontent sur cette tempête. Je découvre que nous n'étions pas les seuls dans la panade.
le Kalinga à Marseille après la tempête


Nous ne sommes plus que 2 sur le voilier. Le hors-bord (un « promène-couillons » comme l’appelle les voileux que nous sommes) à qui nous avons pris la place, se présente pendant leur absence. Au moment où nous longeons le quai nous apercevons les enfants. J’attrape le ravitaillement en marche. Direction le port d’attache de « condiments ». Encore une journée de mer alors que nous sommes complètement épuisés. Nous avons beaucoup d’heures de sommeil à rattraper. Le temps sera bon pour nous, même si à plusieurs reprises nous observons de violents orages dont la route évitera finalement la notre.

Maintenant quand je regarde la scène finale du film "En pleine Tempête", c'est avec des frissons que je suis des yeux le bateau qui escalade la vague fatale.

Pour ou contre le prolongement de l'A12 ?

medium_DSCN0906.JPGJ'ai ajouté 2 photos du pommeret à l'album* sur le prolongement de l'A12. Ce n'est donc plus l'A12 en 11 photos mais l'A12 en 13 photos.

http://suis-jeleseulcommecela.hautetfort.com/album/a12......

Alors vous êtes pour ou vous êtes contre ?

 

Depuis que je suis passé de la version payante à la version gratuite* des blogs hautetfort, le blog en est tout chamboulé dans son paramétrage (* du coup l'album est mort par manque de place). Cela impacte fortement la partie commentaire, puisque plusieurs personnes saisissent des commentaires dont la validation de ma part ne donne rien.  J'ai ainsi reçu ce commentaire que je ne peux pas intégrer comme tel, je l'inclus donc directement dans la note.

 

De la part de Pascale

Pour info, voici la lettre ouverte que nous avons récemment diffusée aux habitants de la Verrière:

Habitant à La Verrière depuis près de 15 ans, nous avons été très tôt sensibilisés aux risques que représentait l’autoroute A12 pour notre ville. Comme beaucoup de verriérois, nous avons participé à des manifestations, des pétitions, des réunions pour s’opposer aux nombreux tracés qui, au fil des années, ont menacé La Verrière de tous les côtés. Lors du débat public en 2006, nous sommes intervenus à de nombreuses reprises, en écrivant une contribution sur le tracé 2C’, en formulant des avis, en posant des questions sur le site internet de la CNDP et en prenant la parole plusieurs fois  lors des réunions publiques. Jusqu’alors, notre opposition concernait des tracés. Les enseignements que nous avons pu tirer du débat public (le Pommeret décidément «  intouchable » ; A12 = mauvaise réponse au vrai problème de la N10) et la prise de conscience de deux faits majeurs pouvant remettre en cause la place de la voiture dans notre société ( réchauffement climatique et fin du pétrole)  nous ont amenés à penser que c’est au projet A12 lui-même qu’il faut s’opposer. Nous avons fait savoir notre position et les arguments qui la fondent par des textes diffusés aux élus de cette ville et à des membres d’associations mais aussi à des personnalités politiques. Ces idées ont rencontré un écho certain, notamment à La Verrière. Dans le cadre de la campagne présidentielle, avec d’autres verriérois partageant cette position, nous avons interpellé divers responsables politiques dont le président de la région Ile de France et celui de l’agglomération de Saint Quentin en Yvelines. Leurs réponses nous ont confortés dans l’idée que c’est au projet de l’A12 dans son ensemble qu’il faut s’opposer.
Nous avons donc décidé de poursuivre cet effort lors de la campagne législative en nous adressant aux candidats des circonscriptions concernées. Les réponses très favorables apportées par ceux à qui nous nous sommes déjà adressés nous encouragent à continuer.
Pourquoi écrire cette lettre ouverte aujourd’hui ? pour faire bouger les choses ! La campagne des législatives vient de commencer ; si vous partagez l’analyse développée ici, n’hésitez pas à écrire aux candidats et à saisir l’occasion des réunions publiques à venir pour les interpeller !


Pierre et Pascale Gerbouin
La Verrière, 7 mai 2007


Pierre Gerbouin, agronome et socio-anthropologue, est enseignant chercheur. Il est conseiller municipal de La Verrière depuis  2001. Pascale Gerbouin est chargée de projets en santé publique. Elle est membre de l’Advaar. Pour  prendre contact et obtenir des informations complémentaires : dossierA12.lv(at-nospam)gmail.com 

A12 : un choix très discutable pour l’environnement et l’économie

La décision du ministre de prolonger l’A12 est discutable à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique devient une priorité. Comme tout projet autoroutier, il favorisera l’augmentation du trafic des voitures et des camions, gros émetteurs de gaz à effet de serre, alors que les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) estiment que ces émissions doivent être divisées par 4 d’ici à 2050 dans les pays industrialisés, si l’on veut éviter que le réchauffement franchisse le seuil fatidique de 2°C, au-delà duquel la « machine climatique s’emballerait » de façon irréversible. Les conséquences en seraient dramatiques : fonte accélérée des glaciers et élévation des mers mettant en péril de nombreuses populations côtières, intensité croissante des cyclones et canicules de plus en plus fréquentes, augmentation des risques sanitaires et de famine, forte diminution de la biodiversité (plus d’1 million d’espèces pourraient ainsi disparaître d’ici à 2050) et de la disponibilité en eau potable, affectant plus d’1 milliard d’êtres humains en Asie et plusieurs centaines de millions en Afrique.D’autre part, c’est un choix discutable au niveau économique. A l’horizon 2030, période prévisible de la mise en service de l’autoroute, faute de carburants suffisants et d’un prix abordable, nous devrons, comme certains experts nous le prédisent, réduire drastiquement le trafic routier. Nous savons tous que dans 20 ans du fait de sa rareté, le pétrole deviendra extrêmement cher… certains pensent que les agrocarburants résoudront tous les problèmes. C’est un leurre sur le plan énergétique puisque la production de ces carburants nécessite beaucoup d’énergie, voire presqu’autant qu’ils en fournissent, dans le cas de l’éthanol. C’est aussi un leurre puisque faute de surface cultivable suffisante, l’agriculture ne pourra pas répondre au défi de nourrir les 9 milliards d’humains prévus pour 2050, si elle doit aussi alimenter des milliards de réservoirs tout en conservant quelques forêts !  Michel Griffon  dit ainsi  «  il faudrait 2 planètes pour remplir les estomacs, les réservoirs et préserver la biodiversité ». Sans compter que la production que ces agrocarburants, grande consommatrice d’eau et de produits chimiques, aggravera la pollution du milieu et la pénurie de cette ressource précieuse qu’est l’eau.  Sans compter que l’éthanol et le biodiesel sont tout aussi polluants que les dérivés du pétrole, selon des études toutes récentes, et que leur combustion contribue tout autant au réchauffement de la planète !

Certes, la science et la technique sont mobilisées sur ces grands problèmes, mais rien ne dit que des réponses suffisantes seront apportées à temps et  le principe de précaution s’impose à nous. La proposition d’un moratoire sur les autoroutes, préconisée par de nombreuses personnalités, dont Nicolas Hulot, et reprise lors de la campagne présidentielle par des partis politiques comme Cap 21, les Verts, le PCF, prend alors tout son sens… un moratoire sur l’A12 s’impose donc.

A12 : un danger évident pour La Verrière et Le Mesnil

Il est aujourd’hui clair que l’A12 ne passera jamais par le vallon du Pommeret. Même les plus ardents défenseurs de ce tracé, y compris à La Verrière, n’y croient plus car ils font ce constat : aucun gouvernement depuis plus de 20 ans n’a opté pour ce tracé. Cela parait encore plus inconcevable aujourd’hui que les questions environnementales sont au cœur des débats et des priorités politiques, comme vient d’ailleurs de le rappeler, dès son élection , le nouveau Président de la République, dans sa déclaration dimanche 6 mai, place de la Concorde, en annonçant qu’il ferait « du combat pour la défense de notre planète une des priorités de la France ». Il est aussi clair que le passage de l’A12 au nord de la N10 est tout aussi inconcevable : aucun tracé ne figurait au dossier du débat public et ceux proposés par les participants ont tous été rejetés après analyse. Il est donc finalement clair que les seules alternatives possibles sont les 2 tracés médians qui traversent le Mesnil et La Verrière. Nous avions  perçu ce risque dès le début du débat public, ce qui nous avait conduits à cibler nos interventions sur ces tracés, particulièrement le 2C’. Ce danger a été confirmé par la décision du ministre de choisir le 2C’ en octobre 2006. La construction et la mise en service de l’A12 par ces tracés apporteraient des nuisances inacceptables aux riverains. On entend dire qu’un tunnel résoudrait ce problème ; c’est oublier que lors du débat public, on nous a expliqué qu’un tracé en tunnel avait du être abandonné pour être remplacé par une tranchée couverte parce que les formations géologiques ne le permettent pas. Quand bien même l’obstacle technique serait vaincu, la question du coût ne permettrait pas d’envisager un tunnel de longueur suffisante. L’A12 resterait donc à ciel ouvert à moins de 200m de l’ERPD, du centre de gériatrie, de l’Institut Marcel Rivière, d’Orly Parc II et de la zone pavillonnaire du Mesnil et ne résoudrait pas non plus le problème de l’échangeur à ciel ouvert, tout près du quartier du Bois de l’Etang et du hameau du Rodon. Dans ces conditions, souhaiter le prolongement de l’A12, c’est accepter qu’elle traverse La Verrière et Le Mesnil, ce qui n’est évidemment pas acceptable.

A12 : une réponse tardive et inappropriée aux problèmes actuels

Le prolongement de l’A12 est un projet datant de plus de 40 ans. Il ne devrait pas être achevé avant 2030. Dès lors, les problèmes de sécurité routière, d’embouteillage et de nuisances que subissent riverains et utilisateurs de la N10 depuis 40 ans, problèmes que ce projet est censé résoudre,  perdureront encore plus de 20 ans. Par ailleurs, comme cela nous a été démontré par différents spécialistes durant le débat public, la création de cette portion de l’A12 ne diminuera que partiellement la circulation sur la N10, et ces problèmes continueront ainsi d’exister même après sa mise en service. Un aménagement conséquent sera donc de toute façon nécessaire pour fluidifier le trafic, réduire la vitesse des véhicules, améliorer la sécurité et diminuer significativement les nuisances. Il sera nécessaire en particulier d’enterrer des tronçons de la N10 (ce qui facilitera aussi les circulations transversales et contribuera à réduire la fracture urbaine), de changer le revêtement par un « enrobé silencieux » permettant de diminuer les bruits de roulement,  d’étendre la construction des murs anti-bruits.  Pour réduire la fréquentation de cet axe, il faudra aussi encourager les automobilistes à utiliser les transports en commun, en améliorant l’offre de transport collectif et en facilitant l’accès et le stationnement aux gares et il faudra aussi créer une véritable offre de ferroutage, de façon à inciter les entreprises à l’utiliser pour le transport de marchandises.

Plutôt qu’un prolongement de l’A12 qui ne résoudra pas les problèmes de la N10 et qui créera de nouvelles nuisances pour la santé d’autres populations, en contribuant par ailleurs à augmenter le trafic routier, et donc le réchauffement climatique, ne faudrait-il pas s’en tenir à ces aménagements de la N10 et au développement des transports en commun et du ferroutage ?

24/06/2006

Myassa en concert à Melun le 1er Juillet

Myassa est un groupe que j'ai découvert il y a plus d'un an en me promenant sur les sentiers de la Musique Libre. Ce groupe a longtemps fait partie de ma playlist : http://beehuman.incognitaterra.org. La trajectoire de ce groupe est intéressante et montre le gros travail de leur manager qui se défonce pour la réussite du groupe.

Le groupe sera en concert à Melun avec  Raphaël, Bénabar, Anaïs, Raskar Kapak, Fundé... et d'autres encore au stade Paul Fisher à partir...

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23/06/2006

Un gros bug sur les commentaires Hautetfort

L'informatique c'est bien utile mais parfois ça prend la tête. C'est un informaticien qui vous le dit !

Avec la nouvelle version de Hautetfort, j'ai connu quelques soucis sur les commentaires. Il était tout simplement impossible d'en laisser un nouveau depuis quelques jours. Visiblement les robots de spamm y arrivaient mais je n'en suis plus trop sur.

D'après le support, c'est moi qui avait mal bidouillé dans le code du template. Pour avoir fait du support, je sais très bien que l'utilisateur final a toujours tort.

Il est vrai aussi que le support tombe parfois sur des cas. Pour le plaisir, strip tease avait fait une émission sur la livraison d'un PC portable à entrepreneur laveur de vitres. Les clips que vous pouvez visualiser ici sont phénoménaux :

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15/06/2006

A12 or not A12, that is the question ?

 

medium_DSCN0742.JPGBon, en fait ce n'est pas tout à fait la question. C'est plutôt, par où faire passer le prolongement de l'A12 dont on parle depuis 30 ans ?

Cette question tient en haleine les Yvelines en général mais plus particulièrement quelques communes bien concernées: Trappes (qui n'à rien à voir avec le disque de David TMX "Avant j'étais trappeur"...), La Verrière, Montigny le Bretonneux (à ne pas confondre avec Montigny le Boutonneux qui est un village encore adolescent), le Mesnil Saint-Denis, Lévis Saint-Nom, Coignières et quelques lieu-dits pittoresques.

Pour résumer: y'a ceux qui sont complétement contre, ceux qui sont pour un passage "hors la ville" dans le parc national pour faire suer les riches et ceux qui sont pour un passage "dans la ville" pour faire suer les pauvres.

J'ai fait un petit album photo des revendications des uns et des autres: A12 en ... 11 photos. Il y a la dernière réunion de concertation demain à Montigny.

13/06/2006

La Chaîne (IX) : La photo du pendu - Terreur dans le terroir

On ne peut pas dire que la chaîne de notes que j'avais commencé, avance beaucoup. Je n'en suis qu'à la 9ème. Il reste du chemin à parcourir.

Aujourd'hui, c'est la séquence frisson. On y parlera de la photo d'un pendu.

A la fin des années 80, encore étudiant, j'étais parti, avec un autre camarade, dans la maison familiale d'un de nos collègue. Cette maison familiale qui datait du XVème siècle, se trouvait en Corrèze. Plutôt plus près de Brive que de Tulle. Je vous rassure tout de suite, ce copain n'avait rien à voir avec notre Président futur prisonnier de droit commun.

medium_batisse.jpgC'était une bâtisse extraordinaire avec une crypte, de nombreuses pièces sinistres, un arbre occupé par une nuée de chauve-souris, un sous-sol qui donnait sur un dédale de plusieurs caves voutées et un donjon dont la pièce supérieure aménagée en micro-chapelle avait le sol recouvert de mouche en hibernation au point de ne pas savoir si le sol était un parquet ou de la pierre. Le donjon étant assez fréquemment survolé par une vingtaine de corbeaux croassant lugubrement.

Un vrai paradis pour y tourner un film d'horreur comme "Damien chez chichi", "Nuée de zombies sur Brive","Cannibal au low cost des petites pièces jaunes", "La malédiction du président" ou bien encore "69 chauves-souris et 666 mouches". Sauf qu'à cette époque là, le matériel de cinéma était trop coûteux pour des étudiants. J'avais bien une caméra 8 mn mais je ne l'avais pas prise.

Un soir après avoir joué la corvée de vaisselle aux flêchettes ou au billard, l'un d'entre nous s'écria:

"Et si nous faisions un roman photo ?"

En voila, une idée qu'elle est bonne rétorquèrent les 2 autres (surtout celui qui devait faire la corvée vaisselle). Nous avions à notre disposition un magnifique appareil photo dont la pellicule était une sorte de roue à 12 poses. Genre de matériel dont le succès a été pour le moins confidentiel à l'époque. S'il reste un exemplaire de cet appareil, il doit être exposé dans le musée des flops. On a consommé quelques roues pour arriver au bout de notre roman photo intitulé "Terreur dans le terroir" (on fait ce qu'on peut sur les titres...). 

Pour les décors, nous ne pouvions rêver mieux que les possibilités offertes par la maison. De nombreuses armes tapissant les murs, nous avions les accessoires. Pour les costumes nous nous sommes débrouillé avec ce que nous avions amené comme affaires. Au niveau des effets spéciaux, nécessaires pour le type de superproduction sanglante retenue, nous avions à disposition de la gelée de groseille pour faire le sang en cours de coagulation.

Mais le meilleur effet spécial reste tout de même la scène du pendu. Dans notre histoire tirée par les cheveux et abracadabrantesque, un des personnages se pendait dans le grenier. Ensuite, il revenait sous forme de fantôme. Comme cela l'un de nous faisait 2 personnages ce qui enrichissait le casting sans coût supplémentaire.

La difficulté d'une telle scène c'est de pendre quelqu'un sans le pendre par le cou tout en donnant l'impression qu'il est pendu par le cou. Ce que nous avions fait finalement, c'est de le pendre sous les aisselles. On avait roulé la corde au tour du torse sous les aiselles et on l'avait accroché à une poutre. Cela faisait un peu mal malgré les linges qu'on avait calés entre la corde et les aisselles. Le directeur de la photographie devait donc se dépêcher de prendre la photo pour que l'on puisse détacher notre copain suicidaire.

C'est là que le drame c'est produit !

Le photographe, c'était moi. J'ai mitraillé 2 photos au flash dont voici le résultat :

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Le flash sur un premier plan mal maîtrisé, ça donne une photo pas terrible. On devine bien que notre copain était pendu, car entre les deux photos, l'internaute observateur notera qu'il a tourné d'un quart de tour. Mais au final, la production a fait faillite car la scène du pendu était raté. J'avais bien tenté de me rattraper par la photo d'art qui suit, mais le navire avait déjà sombré.
Ce fut notre dernier roman-photo qui a rencontré un succès d'estime auprès de 2 ou 3 agriculteurs Corrézien. Si Audrey Tautou avait été de la distribution, sans nul doute aurait-elle pleuré. Et dire que notre collègue était en train de lire un ouvrage que nous avions trouvé dans une cache secrète d'une des caves. La signature était sans nulle doute celle de Léonardo Da Vinci. Il y racontait ses journées à la recherche du Graal entre Tulle et Brive. Plusieurs passages étaient codés mais nous n'avions pas à l'époque le Da Vinci Code.
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