27/06/2007
Tanguy et Laverdure
Dans le temps... Il y a vraiment longtemps, nous avions un hebdomadaire pour les spectacles qui s'intitulait "7 à Paris". Ce magazine avait plusieurs chroniques rigolotes dont une qui était: "La petite souris". C'était un journaliste qui s'amusait à déballer des conversations entendues (qui étaient peut-être imaginaires...) en se promenant dans Paris.
Pour cette note, je reprends en partie le concept.
Pour ce début de semaine, au programme un court déplacement à Marseille. Lundi soir, début du voyage par le TGV méditérannée pour aller voir un fournisseur de solutions innovantes pour mon activité... d'innovateur. Pour l'aller, je suis derrière un groupe de 3 personnes. Une jeune femme journaliste et 2 techniciens d'âge mûr qui partent faire un reportage sur un sujet brûlant: la réforme des universités. Encore du Sarko ! Chouette ! La journaliste se rend vite compte qu'elle a oublié ses notes sur le sujet et avoue ne pas trop maîtriser tous les tenants et les aboutissants. Un des techniciens lui suggère de se les faire envoyer par SMS. lol.
Nous décidons quelques temps plus tard avec mes collègues de dîner dans le train. Je teste le menu léger. Voici un menu qui porte bien son nom. C'est très léger, il n'y a aucun risque d'étouffement. Le plus consistant étant finalement la boisson de 50 cl. Une collègue demande au serveur qu'est-ce que le yaourt 1919. Franchement, des fois, y'en a qui ont des questions stupides. On se doute bien qu'un yaourt 1919, c'est un yaourt fabriqué à la sortie de la première guerre mondiale. Un yaourt en poudre... Du lyophilisé de 90 ans.
3 heures après le départ, arrivée en gare de Marseille. C'est le chantier et nous perdons un peu de temps pour trouver le point taxi. Longue file d'attente et pas la queue d'un taxi à l'horizon. Finalement, la queue s'écoule au compte-goutte avec un taxi toutes les 2 minutes. Quand il ne reste plus que 2 personnes devant nous, c'est un groupe de 6 taxis qui pointe le nez. Pour nous c'est une 407. Contrairement à la peugeot de taxi 3, la notre n'est pas blanche. Le chauffeur nous rassure en nous disant qu'il conduit lentement depuis qu'il se prend le vertige en voyant les sommets des prix à la pompe. Pour une fois, je ne vais pas critiquer les taxes. Je dis même merci aux taxes. Si là, il roulait lentement, qu'est-ce que cela doit être quand il roule vite? Une trentaine de kilomètres constamment à l'aspiration derrière les autres voitures, c'est un peu stressant quand on se trouve à la place du mort.
Nous arrivons vivants pour une nuit dans un hôtel de Saint-Memet. Il y a des hôtels qui vieillissent mal. Le prix everestique ne décourage pas les gens mal éduqués qui ont passé toute la nuit à claquer les portes. Heureusement qu'il y avait un documentaire très intéressant sur Canal à propos du mensonge. Reportage qui reprenait l'histoire de Romain Gary avec son pseudonyme de Marcel Ajar et des interviews d'Eliakim, Birenbaum ou de Mongolfier... et bien sûr le nuage de Tchernobyl qui avait décidé tout seul de ne surtout pas passer les frontières de la France.
J'ai ensuite testé la qualité de la douche. Je n'y suis pas allé pour rien. Avant de pénétrer dans la douche, je teste la température de l'eau. Je tourne la douchette vers le fond de la douche pour ne pas m'arroser et épargner également la salle de bain. Technique qui a fait ses preuves. Totalement inefficace quand le flexible n'est plus à la hauteur. Le pied ! J'ai vite constaté que ma douche était équipée malgré elle d'une douchette bidirectionnelle en prenant toute la flotte dans la figure alors que je l'attendais de l'autre côté.
Petit déjeuner à la hauteur. Journée avec le fournisseur très intéressante qui ouvre quelques perspectives. Mais c'est ultra-confidentiel. Donc motus et bouche cousue.
Le taxi du retour à la gare Saint-Charles est plus cool. Il est cependant bien aidé par les embouteillages de l'heure de sortie de bureau qui l'empêche de taper un chrono. Une fois dans le train, on squatte 4 places qui ne sont pas à nous car nos différentes réservations nous ont dispatchés aux quatre coins du TGV. Je blague sur le fait qu'on va se faire déloger par un groupe de Chinois. Raté, finalement nous partons de Marseille sans nous faire expulser par des yeux bridés. Eric Cantona passe dans le couloir dans un sens puis dans l'autre à la recherche de ses places. Je le signale à mes collégues. "Qui ça ?" me dit une collègue (la même que celle qui a pris du yaourt lyophilisé aux myrtilles). Un poête qui a dit un jour : "Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines", réponds-je.
J'attaque quelques modifications de documents sur l'ordinateur. Nous atteignons Avignon où le quai est bien plein. Un groupe d'asiatiques récupèrent leurs places. Celles où nous nous sommes installés. Je ne pourrais pas affirmer que ce sont des Chinois. Je ne parle pas l'asiatique du tout. Je réintègre ma place attitrée dans la voiture une... Bon, en fait pas vraiment, puisqu'elle est squattée par un groupe. Une dame m'indique la place qui se trouve à côté d'elle comme étant libre.
Je suis dans le sens de la marche, côté couloir sur un espace quatre places avec en face une gamine qui dessine des chevaux. De l'autre côté du couloir, j'ai Tanguy et Laverdure: un brun et un blond qui discutent de la parade du 14 juillet où visiblement ils vont défiler en tant que pilotes. Calcul de route, inclinaison, dérive, axe, préparation, mécano, fox, charlie, tango etc... Carte, re-carte, griffonnage, calcul d'itinéraire, 6 minutes, attente, approche...
Moi qui pensais que depuis tant années cette parade devait être parfaitement maîtrisée. En les écoutant avec une question à la minute, je me suis dit que cela confinait à l'improvisation. La seule différence avec Tanguy et Laverdure, c'est que le blond paraissait plus sérieux que le brun.
C'est bien les voyages en train, ça permet d'observer ses contemporains.
00:45 Publié dans Récits Divers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tanguy et Laverdure, Eric Cantona, Réforme des universités, yaourt 1919, taxi 3, Marseille, TGV
03/04/2007
Quand le vent marin sent la merde !
Cette note fait l'objet d'un lien sur Global Voice: Vous Reprendrez Bien Un Peu d’Humanisme is upset that veteran sailor Florence Arthaud has accepted the Sassou-Nguesso government’s offer to participate in a sailing event there in less than 2 weeks for an event that is designed to boost local tourism. Says the blogger: "Are French sailors naive? Does Florence Arthaud lack critical thinking skills to the point of being had by any old crook?… This decision is a bad one because it cautions a violent dictatorial regime."
Jusqu'à présent, quand je pensais à la voile, c'était un bol d'air frais qui m'arrivait dans les narines. Malheureusement, l'air marin prend de nouveau cette année une odeur nauséabonde qui n'a rien à voir, pour une fois, avec la propension de l'être humain à polluer son environnement. On ne parle pas ici d'une pollution par les produits toxiques comme à Abidjan ou d'une marée noire dont les compagnies pétrolières ne sont jamais responsables. Il s'agit dans notre cas d'une pollution des esprits par des champions de l'intoxication que sont certaines sociétés d'incentive sans foi, ni loi.
Les skippers et skippeuses français sont-ils des grands naïfs?
Florence Arthaud manque-t-elle d'esprit critique à ce point qu'elle pourrait se faire arnaquer par le moindre petit escroc?
L'air marin a-t-il un effet négatif sur le maintien de la bonne santé des neurones?
C'est une partie des questions que l'on se pose quand on voit ce qui va avoir lieu dans moins de 2 semaines. Après la première route de l'équateur en 2005, remportée sans péril et sans gloire par Sébastien Josse. Voici cette année, la seconde édition. Philippe Monnet, le délinquant routier multirécidiviste est de retour après avoir amené à la dernière place le bateau aux couleurs du programme politique du Président Denis Sassou-Nguesso lors de la précédente épreuve ("la nouvelle espérance" qui est dans la bouche du Président de servir les intérêts de la France dont il est l'un des gouverneurs). Place considérée comme non usurpée, l'avis est unanime à ce propos. Le programme en question ne mérite pas mieux. Sauf à trouver une place qui soit même au-delà de la dernière.
La machine à convaincre de l'équipe de Sail Incentive a de nouveau fonctionné à plein régime (et pas de banane). C'est une ancienne pointure de la mer qui est sur le plateau de cette année: Florence Arthaud. On peut imaginer un dialogue qui a conduit à une telle décision de la part de la navigatrice:
- Florence A.: C'est quoi cette course ?
- Sail Incentive: Une grande course qui va être bientôt connue.
- Florence: Mais on n'en parle pas du tout dans les médias.
- Sail Incentive: Si, regarde ces communiqués et ces news.
- Florence A.: Mais, c'est toujours le même communiqué écrit par votre équipe.
- Sail Incentive: On a les moyens de convaincre (L'interlocuteur montre une liasse de dollars qui sentent fortement le pétrole)
- Florence A.: C'est bien comme pays le Congo ?
- Sail Incentive: Les dirigeants sont supers... Il veulent développer le tourisme dans leur pays (L'interlocuteur esquisse un sourire ironique). Ils font tout pour (l'interlocuteur est plié de rire).
- Florence: Ah bon, vous êtes sûrs ? Je ne suis vraiment pas convaincue.
- Sail Incentive: Bon, tu veux combien, Florence ? Tu veux une autre coupe de champagne ? C'est la boisson préférée du Président Congolais, il ne boit plus que ça (l'interlocuteur se dit intérieurement: c'est vrai qu'il ne vaut mieux pas boire l'eau là bas...)
C'est un dialogue tout droit sorti de mon imagination. Mais, est-il si loin de la réalité ?
Florence Arthaud a-t-elle été convaincue par un critère de développement tout à fait mensonger ou, de manière plus terre à terre, par une enveloppe bien rebondie (la retraite ça nécessite de l'épargne...) ?
Quelqu'en soit la raison, cette décision est une mauvaise décision puisqu'elle entache le palmarès de cette navigatrice par la caution qu'elle donne à un régime dictatorial sanguinaire et particulièrement ignoble pour le peuple congolais. Alors Madame Arthaud, même si votre décision s'est faite dans un moment d'égarement, je suppose que vous savez lire. Vous partez pour trois semaines de croisière. Je dis bien croisière, l'aspect sportif de ce parcours est, comme l'aspect humanitaire, un sympathique morceau de pipeau.
Je me permets de vous suggèrer une petite liste de livres à apporter lors de votre promenade qui vous ferons comprendre que l'on peut parfois prendre des décisions mal réfléchies (non, non, ne me remerciez pas, c'est tout naturel. Je suis pour le réveil des esprits):
- Xavier Harel "Afrique Pillage à Huit Clos - Comment une poignée d'initiés siphonne le pétrole africain". Pour mieux comprendre qui se cache derrière les dirigeants du Congo que vous cautionnez en participant à cette course.
- Vincent Hugeux "Les sorciers blancs - Enquête sur les faux amis français de l'Afrique". Pour bien comprendre ce qui anime des sociétés comme Sail Incentive. Aucune éthique, l'argent, l'argent et l'argent. Qui sont de ce fait des complices de la spoliation des peuples d'Afrique par des dirigeants corrompus aux services d'intérêts occidentaux.
- François-Xavier Verschave "L'homme qui voulait soulever des montagnes". Pour comprendre que tout n'est pas perdu et que certains ont plus de sens critique que d'autres. Ce qui leur permet de lutter contre les 2 premiers types d'individus.
A la fin de ces trois livres, vous vous poserez certainement la question: dans quel groupe d'individus doit-on me ranger?
En complément de ces livres, je vous propose également d'emmener avec vous une sortie papier des images qui suivent.
Les villas que se construisent les membres du clan du Président Congolais (Faites donc une visite sur le site: Biens mal acquis).


Pour vous qui êtes une femme: une salle d'une maternité Congolaise où ne vont pas les femmes de la famille du Président. Elles vont toutes accoucher ou se faire soigner en Europe. Pour toutes les autres femmes congolaises, c'est la roulette russe dans ces maternités d'un autre age.
Et enfin, quand viendra l'heure de la remise du trophée final, pensez à ce classement de la qualité de vie paru récemment: sur 215 villes notées, Pointe-Noire arrive 211ème et Brazzaville 214ème (Merci à Bagdad de prendre la dernière place...). Cette année l'air marin est nauséabond. Mais ce n'est rien en comparaison des effluves de Brazzaville et de Pointe-Noire où le choléra sévi. C'est compliqué l'hygiène en l'absence d'eau courante. Surtout quand cela est aggravé par l'arrêt des pompes au moment des nombreux délestages d'énergie.
Votre petite balade d'européenne privilégiée risque d'avoir un goût plutôt amer pour les congolais qui vivent dans ces conditions. Ne vous laissez pas tromper, comme votre collègue de Broc, par les centaines de congolais qui viendront vous accueillir à votre arrivée à Pointe-Noire avec leurs grands sourires, les tee-shirt à votre effigie et les bravos. Au point où ils en sont, ils sont pour la plupart près à tout pour 1000 FCFA (1,5 €), boire une bière et avoir un vêtement neuf. Même à faire des courbettes à une championne inconnue d'un sport dont ils n'ont rien à cirer en ayant votre trombine en imprimé sur la poitrine.
Pour finir sur une note plus gaie: le seul avantage de cette course qui sent mauvais, c'est que Philippe Monnet en mer, il n'est pas au volant d'une voiture avec 3g d'alcool dans le sang sur nos routes ou le Paris-Dakar.
21:40 Publié dans Afrique, Humeurs, Mer et voiliers, République du Congo, Sport | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Florence Arthaud, Route de l'équateur, voile, Pointe-Noire, Marseille, scandale




