03/04/2007

Quand le vent marin sent la merde !

Cette note fait l'objet d'un lien sur Global Voice: Vous Reprendrez Bien Un Peu d’Humanisme is upset that veteran sailor Florence Arthaud has accepted the Sassou-Nguesso government’s offer to participate in a sailing event there in less than 2 weeks for an event that is designed to boost local tourism. Says the blogger: "Are French sailors naive? Does Florence Arthaud lack critical thinking skills to the point of being had by any old crook?… This decision is a bad one because it cautions a violent dictatorial regime."

Jusqu'à présent, quand je pensais à la voile, c'était un bol d'air frais qui m'arrivait dans les narines. Malheureusement, l'air marin prend de nouveau cette année une odeur nauséabonde qui n'a rien à voir, pour une fois, avec la propension de l'être humain à polluer son environnement. On ne parle pas ici d'une pollution par les produits toxiques comme à Abidjan ou d'une marée noire dont les compagnies pétrolières ne sont jamais responsables. Il s'agit dans notre cas d'une pollution des esprits par des champions de l'intoxication que sont certaines sociétés d'incentive sans foi, ni loi.


Les skippers et skippeuses français sont-ils des grands naïfs?

Florence Arthaud manque-t-elle d'esprit critique à ce point qu'elle pourrait se faire arnaquer par le moindre petit escroc?

L'air marin a-t-il un effet négatif sur le maintien de la bonne santé des neurones?

C'est une partie des questions que l'on se pose quand on voit ce qui va avoir lieu dans moins de 2 semaines. Après la première route de l'équateur en 2005, remportée sans péril et sans gloire par Sébastien Josse. Voici cette année, la seconde édition. Philippe Monnet, le délinquant routier multirécidiviste est de retour après avoir amené à la dernière place le bateau aux couleurs du programme politique du Président Denis Sassou-Nguesso lors de la précédente épreuve ("la nouvelle espérance" qui est dans la bouche du Président de servir les intérêts de la France dont il est l'un des gouverneurs). Place considérée comme non usurpée, l'avis est unanime à ce propos. Le programme en question ne mérite pas mieux. Sauf à trouver une place qui soit même au-delà de la dernière.

La machine à convaincre de l'équipe de Sail Incentive a de nouveau fonctionné à plein régime (et pas de banane). C'est une ancienne pointure de la mer qui est sur le plateau de cette année: Florence Arthaud. On peut imaginer un dialogue qui a conduit à une telle décision de la part de la navigatrice:

  • Florence A.: C'est quoi cette course ?
  • Sail Incentive: Une grande course qui va être bientôt connue.
  • Florence: Mais on n'en parle pas du tout dans les médias.
  • Sail Incentive: Si, regarde ces communiqués et ces news.
  • Florence A.: Mais, c'est toujours le même communiqué écrit par votre équipe.
  • Sail Incentive: On a les moyens de convaincre (L'interlocuteur montre une liasse de dollars qui sentent fortement le pétrole)
  • Florence A.: C'est bien comme pays le Congo ?
  • Sail Incentive: Les dirigeants sont supers... Il veulent développer le tourisme dans leur pays (L'interlocuteur esquisse un sourire ironique). Ils font tout pour (l'interlocuteur est plié de rire).
  • Florence: Ah bon, vous êtes sûrs ? Je ne suis vraiment pas convaincue.
  • Sail Incentive: Bon, tu veux combien, Florence ? Tu veux une autre coupe de champagne ? C'est la boisson préférée du Président Congolais, il ne boit plus que ça (l'interlocuteur se dit intérieurement: c'est vrai qu'il ne vaut mieux pas boire l'eau là bas...)


C'est un dialogue tout droit sorti de mon imagination. Mais, est-il si loin de la réalité ?

Florence Arthaud a-t-elle été convaincue par un critère de développement tout à fait mensonger ou, de manière plus terre à terre, par une enveloppe bien rebondie (la retraite ça nécessite de l'épargne...) ?

Quelqu'en soit la raison, cette décision est une mauvaise décision puisqu'elle entache le palmarès de cette navigatrice par la caution qu'elle donne à un régime dictatorial sanguinaire et particulièrement ignoble pour le peuple congolais. Alors Madame Arthaud, même si votre décision s'est faite dans un moment d'égarement, je suppose que vous savez lire. Vous partez pour trois semaines de croisière. Je dis bien croisière, l'aspect sportif de ce parcours est, comme l'aspect humanitaire, un sympathique morceau de pipeau.

Je me permets de vous suggèrer une petite liste de livres à apporter lors de votre promenade qui vous ferons comprendre que l'on peut parfois prendre des décisions mal réfléchies (non, non, ne me remerciez pas, c'est tout naturel. Je suis pour le réveil des esprits): 

  • Xavier Harel "Afrique Pillage à Huit Clos - Comment une poignée d'initiés siphonne le pétrole africain". Pour mieux comprendre qui se cache derrière les dirigeants du Congo que vous cautionnez en participant à cette course.
  • Vincent Hugeux "Les sorciers blancs - Enquête sur les faux amis français de l'Afrique". Pour bien comprendre ce qui anime des sociétés comme Sail Incentive. Aucune éthique, l'argent, l'argent et l'argent. Qui sont de ce fait des complices de la spoliation des peuples d'Afrique par des dirigeants corrompus aux services d'intérêts occidentaux.
  • François-Xavier Verschave "L'homme qui voulait soulever des montagnes". Pour comprendre que tout n'est pas perdu et que certains ont plus de sens critique que d'autres. Ce qui leur permet de lutter contre les 2 premiers types d'individus.

A la fin de ces trois livres, vous vous poserez certainement la question: dans quel groupe d'individus doit-on me ranger?

En complément de ces livres, je vous propose également d'emmener avec vous une sortie papier des images qui suivent.

Les villas que se construisent les membres du clan du Président Congolais (Faites donc une visite sur le site: Biens mal acquis).

 

Pour vous qui êtes une femme: une salle d'une maternité Congolaise où ne vont pas les femmes de la famille du Président. Elles vont toutes accoucher ou se faire soigner en Europe. Pour toutes les autres femmes congolaises, c'est la roulette russe dans ces maternités d'un autre age.

 

Et enfin, quand viendra l'heure de la remise du trophée final, pensez à ce classement de la qualité de vie paru récemment: sur 215 villes notées, Pointe-Noire arrive 211ème et Brazzaville 214ème (Merci à Bagdad de prendre la dernière place...). Cette année l'air marin est nauséabond. Mais ce n'est rien en comparaison des effluves de Brazzaville et de Pointe-Noire où le choléra sévi. C'est compliqué l'hygiène en l'absence d'eau courante. Surtout quand cela est aggravé par l'arrêt des pompes au moment des nombreux délestages d'énergie.

Votre petite balade d'européenne privilégiée risque d'avoir un goût plutôt amer pour les congolais qui vivent dans ces conditions. Ne vous laissez pas tromper, comme votre collègue de Broc, par les centaines de congolais qui viendront vous accueillir à votre arrivée à Pointe-Noire avec leurs grands sourires, les tee-shirt à votre effigie et les bravos. Au point où ils en sont, ils sont pour la plupart près à tout pour 1000 FCFA (1,5 €), boire une bière et avoir un vêtement neuf. Même à faire des courbettes à une championne inconnue d'un sport dont ils n'ont rien à cirer en ayant votre trombine en imprimé sur la poitrine.

Pour finir sur une note plus gaie: le seul avantage de cette course qui sent mauvais, c'est que Philippe Monnet en mer, il n'est pas au volant d'une voiture avec 3g d'alcool dans le sang sur nos routes ou le Paris-Dakar.

19/03/2007

Vous n'êtes que des sans coeur !

medium_petite_congolaise.JPGVoici une note que je veux dédier à notre Président sur le départ, Jacques Chirac, l'ami d'une certaine Afrique (une Afrique vraiment pas belle à voir...). Avec le regret que la prison qui le guette soit malheureusement bien plus douce que la vie qu'endurent ces millions d'africains victimes du système Foccart institué par De Gaulle. Une françafrique qui a été pérennisée par tous les présidents français qui se sont succédés depuis. Jacques Chirac et Francois Miterrand ayant été peut-être les plus brillants dans l'hypocrisie.

Je veux dédier également cette note et la vidéo qui l'accompagne à ces marins qui vont servir de faire-valoir à un dictateur qui préfère offrir des fortes sommes d'argent à des skippers européens et à des agences de communication occidentales plutôt que de mettre en place les conditions pour une vie digne à ses concitoyens alors que le pétrole coule à flots au large de ses côtes... pour la grande joie des actionnaires de Total et notre petit confort d'européens.

 

Matondo-Congo a enrichi la liste des skippers qui vont se repaître d'argent frais pendant que les congolais vivent dans les ordures, sans eau courante et le plus souvent sans electricité. L'agence de communication (dont le budget affecté par les congolais est de combien ?) a même débauché Florence Arthaud qui vient avec le frère de Philippe Poupon. Philippe Monnet est également là, mais son cas est très certainement désespéré (Philippe Monnet délinquant routier).

Deux ans après la première édition de la route de l'équateur, on nous annonce pour cette seconde édition de la course de l'équateur: en plus de Florence Arthaud, Philippe Monnet et Luc Poupon les présences des skippers Frédérique Brulé, Patrice Carpentier, Philippe Fiston, Franck Ferey, Michel Mirabel et côté équipages Alexis Lepesteur, Jean-Michel Gandon, et Alexia Barrier. D'autres skippers doivent encore confirmer leur présence sur la ligne de départ: Anne Liardet, David Lefebvre, Marc Lespesqueux, Philippe Naudin et Arnaud Aubry. Comme pour la première édition et le tour de France à la voile, vous pouvez toujours chercher un skipper congolais...

La vidéo qui est au-dessus est tournée dans la capitale de la République du Congo. En pleine capitale d'un pays pétrolier, les habitants lavent leurs affaires dans les ruisseaux alors qu'il y a une épidémie de choléra. On va chercher l'eau au fleuve alors que la famille du président avec l'argent du pétrole a sans doute créé une société privée d'eau minérale. Les pauvres sont expropriés de leurs parcelles pour que les ministres et les généraux agrandissent leurs villas avec l'argent des chantiers d'Etat. Les militants des droits de l'homme qui réclament la transparence sur la gestion des revenus pétroliers sont assignés à résidence.

medium_traite.JPGLa liste des preuves s'est allongée sur le comportement cupide et cynique du clan Sassou depuis la dernière course de l'équateur. Pourtant les skippers se bousculent pour toucher l'argent du dictateur.  Après les familles italiennes et françaises de De Brazza qui ont touché leur pécule pour permettre de rapatrier les restes du colon sur les bords du fleuve, c'est au tour des skippers français de toucher de l'argent pour descendre le long des côtes de l'Afrique en bateau. Comme le faisaient jadis nos ancêtres négriers (voir la carte ci-contre).

Les agences de communication et d'incentive ne tarissent pas d'idées symboliques avec l'argent volé aux esclaves des temps modernes: les peuples d'afrique qui ont la malchance d'avoir à la tête de leurs pays des dictateurs soutenus par les anciennes puissances coloniales qui avaient grandement bénéficié de la traite des noirs.

Un grand merci aux skippers et aux équipages de la Route de l'équateur. Nous avons bien compris que vous étiez des sans coeur... Avez-vous bien prévu les chaînes dans vos cales ? 

06/01/2007

Les amis délinquants du ministre

Matthieu vient de faire une note sur le Paris-Dakar où il explique pourquoi cette course part le 5 janvier: "La chasse aux nègres". Par contre, il n'explique pas pourquoi cette course part de Lisbonne. Je vais donc vous en expliquer la raison. Pour pouvoir circuler en France, il faut être titulaire d'un permis. Parmi les concurrents de ce rallye-raid, nous avons un habitué de la course du rhum, le dénommé Philippe Monnet. C'est un skipper émerite mais il a malheureusement un penchant pour la bouteille et dans ces cas là, à l'instar de Gérard Lambert réparant sa mobylette, il ne faut pas lui chercher des noises. Que vous soyez de la maréchaussée importe peu à l'affaire.

En 2003, il est condamné à 6 mois de prison ferme par le tribunal de Lorient pour conduite en état d'ivresse (en R5). Le tribunal a expliqué qu'il était en récidive puisque son casier judiciaire comprenait déjà 7 condamnations pour rébellion, dégradation et conduite en état d'ivresse (Philippe Monnet condamné à six mois de prison ferme). Ce qui semblait être un penchant se révèle finalement être une grave addiction. En octobre 2005, c'est au tour du tribunal de Grasse de condamner le navigateur a 2 ans de prison dont un an ferme pour conduite... Je vous le donne en mille... en état d'ivresse: "Philippe Monnet était jugé en comparution immédiate après avoir été interpellé de retour d'une fête donné par l'humoriste Jean-Marie Bigard. Conduisant une Mercedes à vive allure, le navigateur avait grillé un feu rouge avant d'être arrêté par la police municipale du Cannet et d'être contrôlé avec 1,50 g d'alcool dans le sang. Philippe Monnet, dont le permis de conduire avait été annulé lors d'une précédente condamnation, roulait avec un permis passé en Italie où il a indiqué résider actuellement" (source: caradisiac). En taux d'alcool, il a fait moins bien qu'en Bretagne où il était imbibé à hauteur de 1,78 g. Chouchen 1 - Pastis 0. Par contre en terme de standing de voiture, c'est mieux.

Il va falloir prendre des mesures dans le sud de la France. Entre Philippe Monnet et Sami Naceri, je touve que l'on est un peu trop permissif avec les people à l'alcool.

Vous avez compris de vous-même pourquoi le Paris-Dakar part de Lisbonne et non pas de Paris. Philippe Monnet ne peut plus y conduire même avec un permis groenlandais.

Ce passif de délinquant routier ne semble pas gêner outre mesure notre ministre des sports qui donne sa bénédiction au marin pour aller faire le délinquant routier en Afrique : "Un ministre soutient un marin aventurier sur son océan de sable...". Ils sont trop fort chez Matondo Congo, quel titre de note poétique. C'est sûr que c'est mieux que "...sur son océan de whisky" ou "...sur un océan de vomi". Certains devraient aller plonger leurs têtes dans cet océan de sable. Pendant que le gouvernement nous serine la tolérance zéro sur les routes de France où nous prenons des prunes pour 1km/h en trop, Jean-François Lamour de la pointe de son épée nous dessine un Z qui veut dire... qui ne veut rien dire du tout, c'est simplement la trajectoire de Philippe Monnet quand il est au volant.

Comme je ne veux pas vous laisser trop déprimés après cette note, je vous laisse savourer cette pointe d'humour de son principal protagoniste en réponse au journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait de la polémique qui revenait chaque année au moment du rallye africain (source: autonews) :"Je peux vous certifier que les Africains adorent le Dakar, c'est le seul événement international qui a lieu chez eux, il apporte beaucoup à l'Afrique en terme de notoriété mais aussi en aide directe, logistique et médicale. Et malheureusement, on ne parle pas de tout ce que le Dakar apporte, on préfère ne retenir que l'accident tragique, même si ça reste évidemment tragique. Là-bas, il y a le foot et le Dakar et la preuve que le rallye est important, c'est que lorsque le Congo-Brazzaville a cherché un skipper pour leur bateau sur la dernière Route de l'équateur*, ils se sont souvenus de moi parce qu'on était passé là-bas en 1992 lors du Paris-Le Cap."

Il oublie un peu rapidement le Darfour, la Somalie et quelques autres évènements internationaux. On doit décerner une palme de la mémoire aux Congolais qui se souvenaient d'un mec passé en auto en 1992. Pourtant ce n'est pas avec ce qu'ils ont à manger qu'ils font des réserves de phosphore. 

A la question "[...]d'où vous vient cette passion pour le Dakar ?
"J'ai rêvé de partir en bateau quand j'ai découvert la mer à 17 ans, quand j'ai découvert le Dakar à la télé, j'y ai vu le moyen de continuer à découvrir le monde dans une épreuve qui fait appel à l'instinct, au talent. En plus, l'Afrique est le continent que je préfère dans le monde, particulièrement l'Afrique des villages qui n'a pas encore été polluée par le modernisme, c'est très rare de voir cette symbiose avec la nature dans les autres parties du monde, il y a encore plein de coins vierges en Afrique et une grande diversité de paysages."

Philippe Monnet aime beaucoup l'Afrique des villages qui n'a pas encore été polluée par le modernisme. C'est pour cette raison qu'il va la traverser à 150 km/h avec son buggy qui répand une bonne odeur de lavande. On espère simplement que son engin ne fera pas trop de symbioses avec des enfants africains sur les pistes de l'Afrique ancestrale. 

* La Route de l'équateur qui est en fait surnommée "la course du dictateur" dans les milieux bien informés. C'est une course pour redorer l'image du Président de l'UA, Sassou qui en a plein des sous avec la rente pétrolière de son pays qu'il détourne. Sassou qui comme notre ministre JF Lamour est un ami de Philippe Monnet. 

11/12/2006

Les partenaires de la Route de l'Equateur 2005

J'ai remarqué dans les stats de mon blog que quelqu'un de chez publicis avait lu pendant 58 minutes les notes de mon blog dédiées à la course de l'équateur. Bienvenue à toi, fidèle lecteur que ta prise de conscience te soit bénéfique.

Mais ça fait un peu peur comme les fois où je constate qu'on se connecte sur mon blog depuis le vatican, la Sacem ou le quai d'Orsay. Je vais vérifié que le son est normal sur ma ligne téléphonique et éviter de passer des coups de fil à Carole Bouquet.

Les partenaires institutionnels, privés et média de l’édition 2005 (source: www.matondo-congo.com):
      

  • le Gouvernement du Congo,
  • la Mairie de Marseille,
  • la Mairie de Pointe Noire,
  • Le Port Autonome de Pointe Noire,
  • l’Office de la Mer,
  • la Marine Nationale française,
  • l’Armée de l’Air française,
  • l’Ambassade de France,            
  • Boscongo,
  • Celtel,
  • Codisco,
  • Crédit Lyonnais,
  • ENI,
  • Puma,
  • GNCAC,
  • Saaris,
  • SDV,
  • SNPC,
  • Socofran,
  • Socotrans,
  • Texaco,
  • TOTAL,
  • XOil,
  • Zetah,
  • Météo France,
  • Metro,
  • Netency,
  • Volvo,
  • Pernod,
  • Ifotec,
  • B Network,
  • I2E,
  • ORTEC Friedlander,
  • Les Dépêches de Brazzaville,
  • Canal Plus,
  • Celtel,
  • Libertis…

 

Quel était le partenaire préféré de Philippe Monnet ? ;-) A la tienne ! 

10/12/2006

Route de l'Equateur

Samedi 9 décembre - Je commence ma journée par une visite chez mon pote Gros Bill. J'ai besoin de quelques composants informatiques pour le noël de mes filles. Je décide de me rendre au point de vente de Thiais pour éviter d'avoir à tourner pendant des heures à Paris pour me garer à proximité toute relative de la boutique du boulevard de l'Hôpital. Je ne connaîs pas ce dépôt mais je connais Thiais. Supposant que la boutique se trouve dans la rue de l'alouette, je ne prends pas l'adresse ni le plan d'accès. Rue de l'alouette pas de grosbill. Je tente Belle-Epine. On y trouve un Darty et un Surcouf mais toujours pas de trace de GrosBill.

Je me résouds à demander chez monsieur kiloutou qui me dit tout. Grosbill est caché dans une impasse au fond de la zone industrielle. C'est impossible de tomber dessus par hasard. Conclusion, c'est très bête de chercher un magasin sans l'adresse.

Le retrait des commandes dans le dépôt de Thiais est aussi bien organisé qu'à Paris. Un mélange de FIFO, de LIFO et d'une pointe d'anarchie. Arrivent-ils à fidéliser leurs clients comme cela ? Mais pour une fois, je ne m'en sors pas trop mal contrairement à une femme pas très heureuse d'attendre 1h30 pour un composant et un monsieur assez agaçé de voir arriver son ordinateur en kit, pièce après pièce au rythme d'une pièce toutes les dix minutes.

Je prends la route pour Paris afin de me rendre au salon nautique. Cela commence par un embouteillage sur l'A6. A6a ou A6b même combat. De toute façon, je dois prendre le périphérique ouest. Pendant que nous roulons à 2 km/h, on a le droit de se ranger sur le côté pour laisser passer une délégation de voitures officielles précédées de motards. Une personnalité politique ou l'ennemi public numéro 1 ? On ne le sait pas car les vitres des véhicules sont fumées. Et puis peu importe, la différence entre nos élus souvent véreux et les chefs de la mafia est plutôt ténue. 

La circulation se fluidifie mais se rebouche sur le périphérique où une Austin Morris rouge a mis à terre un motard sur une moto jaune. Une fois à la porte de Versailles, c'est la quête aux places de parking. Tous les parking du parc des expositions sont réservés aux VIP. Je me trouve une place à Vanves, ça me permet de me dégourdir les jambes pendant 20 minutes pour rejoindre l'entrée du salon. Je ne suis pas VIP et je n'ai pas d'invitation. Je me soulage de 13 € pour l'entrée et je file directement vers le hall 1 où se trouve l'exposition dédiée aux voiliers. Les Class America sont à l'extérieur du bâtiment. Il y a deux splendides voiliers de compétition que l'on retrouve lors de l'america's cup: BMW Oracle Racing et AREVA Challenge.

On peut flâner entre les halls sans billet. Par contre pour entrer dans un hall, il faut un billet. On nous met alors un bracelet rose fluo particulièrement tendance. C'est un bracelet à usage unique qui permet de vérifier que l'on a bien une invitation ou un ticket payant et ainsi de visiter les différents halls sans problème. Il est impossible de le refiler à quelqu'un d'autre sans détruire le système de verrouillage. Cela me rappelle les bracelets que l'on met au nouveaux nés dans les hôpitaux. Ils doivent avoir la même destination, éviter les fraudes. Du genre, la dame et le monsieur qui trouvent que leur bébé n'est pas terrible. Du coup, ni vu, ni connu, je t'embrouille, ils l'échangent avec un autre bébé plus à leur goût. Avec les bracelets, c'est maintenant impossible. Cela évite aussi les erreurs de manipulation par les auxiliaires de puéricultrice qui sont tête en l'air.

Dans le hall 1, je commence par regarder les nouveautés sur les catamarans, dans les catalogues de Jeanneau, de Béneteau et des constructeurs anglo-saxons. Il y a vraiment des bijoux qui font rêver. Cela en restera au stade du rêve, ce n'est pas vraiment dans mes moyens. Je ne fais pas partie de la famille d'un dictateur d'Afrique Centrale et je ne vends pas de prestations à de tels individus. En parlant de cela, il est temps de faire un tour sur le stand de la Route de l'Equateur.

Voyons voir dans le catalogue du salon où se trouve le stand: course de l'équateur, rien, matondo congo, rien, Sail Incentive, rien, route de l'équateur, rien. On voit les pros du marketing. Des gens qui ont un stand mais qui ne veulent surtout pas qu'on les trouve. Je m'adresse au blondinet du stand "informations" après l'avoir laissé terminer un grand baillement qui montre l'enthousiasme pour sa fonction ou une nuit trop courte. Il m'oriente vers le secteur course qui est à l'opposé de l'endroit où je me trouve.

Le stand de matondo congo est dans un coin. C'est un stand de 30 m2 environ avec une grosse partie privée. Il y a une statue gigantesque de Rhode Bath-Schéba Makoumbou. La sculpture est une Africaine avec un cabat qui sert visiblement de poubelle aux visiteurs ou aux personnes du stand. Quand l'artiste va récupèrer sa statue, il faudra qu'elle vide son sac. Les 3 "congolaises" d'accueil sont regroupées dans un coin du stand. Je m'approche et lance un enjôleur "mboté na yo". Elles prennent le sourire de celles qui pensent: "c'est quoi ce demeuré ?". L'une est en communication avec son téléphone portable. Aucune des 2 autres ne profitent de mon lingala irréprochable pour enchaîner comme le ferait toute hotesse d'accueil normalement constituée en me demandant si je connais le Congo. Je doute fort que ces hotesses soient réellement congolaises comme le blog de Matondo l'affirme haut et fort. Elles peuvent aussi bien être d'Abidjan ou de Pointe à Pitre. J'entame alors un petit dialogue avec l'une d'entre elles après qu'elle m'ait répondu par "Bonjour" à mon "Mbote" :

-C'est quoi cette course ?

-C'est une course qui relie Marseille à Pointe-Noire au Congo... Brazzaville (Une légère hésitation qui montre qu'on lui a bien dit de toujours préciser)

-Et ?

-Ben, c'est tout. Posez-moi des questions !  (J'ai pourtant pas beaucoup de ressemblance avec Jean-Pierre Foucault et c'est une étrange façon de faire l'article sur cette course...)

-Il y a beaucoup de participants ?

-Non, il y en avait 5 la première fois.

-Et cette fois-ci ?

-On espère doubler le nombre de participants.

-C'est pas très connu comme course ?

-Non, c'est difficile au début. Le but c'est de développer le tourisme au Congo, de faire connaître le Congo aux entrepreneurs français et de faire de l'humanitaire en donnant du matériel pour les écoles. (Là, il manquait un fond de violon et de joueurs de pipeaux...)

-C'est tous les ans ?

-Non, tous les 2 ans. La prochaine c'est en 2007... Avril 2007...

-Il y a des skippers connus ?

-Non, pas trop. Cette année les bateaux sont des "Class 40" qui est une classe jeune.  

Là, j'ai préféré abréger mes souffrances. Je quitte les hôtesses Congolaises à leur plus grand soulagement. La troisième étant toujours au téléphone.

Il y avait, à 2 pas de là, un stand intéressant avec un vrai concept original: Rames Guyane 2006. C'est une course qui relie Saint-Louis du Sénégal à la Guyane en aviron. J'ai récupéré une belle plaquette qui présente la course. Cette plaquette bien faite m'a donné l'idée de retourner sur le stand de Sail Incentive pour récupérer une plaquette. Je me pointe, les 3 hotesses se sont volatisées. Il y a, dans la partie privée interdite d'accès, uniquement 2 gars qui jouent au foot sur une Xbox et une fille qui parle avec un troisième. Je m'installe devant l'écran où passent les images de l'arrivée 2005 dans lesquelles on voit Sassou lever constamment les bras comme s'il avait lui-même gagné la course. Aucune des personnes de la partie privée du stand ne fait un geste pour s'enquérir des gens qui passent sur leur stand. On sait recevoir chez Sail Incentive ! Visiblement plus l'argent des dictateurs qui détournent les revenus du pétrole que les curieux qui veulent en savoir plus sur la Route de l'Equateur, Matondo Congo ou Sail Incentive. Puiqu'il n'y a personne pour s'occuper des visiteurs et que j'en ai marre de voir la trombine de Sassou se faire applaudir par des Congolais à qui ses hommes de main ont payé une bière, je fais un petit tour sur les stands de région.

Sur le stand de Marseille, il y a un animateur pour qui le mot incentive veut réellement dire quelque chose. Il ressemble à Thierry Lhermitte et prend aussi ses intonations. Il vante les mérites de Marseille. Quelle surprise, il ne parle pas de la route de l'Equateur qui n'est clairement pas un événement dont les marseillais sont fiers où qui n'apporte rien pour attirer les touristes aux pieds de la Bonne Mère à déguster une bouillabaisse.

Après avoir fait un grand tour sur des stands où l'on sait décliner le terme incentive, je retourne sur le stand de Matondo. Les trois hôtesses sont revenues et déjeunent tranquillement toutes les 3 ensemble. C'est la notion de permanence par Sail Incentive. Pourquoi ce stand est-il autant à l'image du commanditaire de la Route de l'Equateur ? Il y a bien quelques visiteurs qui attendent pour poser des questions et en savoir plus sur cette course inconnue. Mais cela ne les perturbent pas dans leur dégustation. Il faut se faire une raison. Les seules plaquettes disponibles sur ce stand viennent des autres stands alentours. Les hôtesses sont out of work pendant leur déjeuner. Les membres de sail incentive qui sont dans la partie privée ne sont visiblement pas là pour prendre leur relais. Etrange façon de faire de l'incentive. Je fais comme les autres visiteurs qui attendaient vainement que l'on s'occupe d'eux, je m'en vais. 

Cela confirme bien que la Route de l'Equateur n'est qu'une nouvelle invention pour permettre aux habitués du régime Brazzavillois de s'en mettre plein les poches au détriment de la majorité des congolais qui crèvent la dalle. Il ne faut tout de même pas prendre les congolais pour des imbéciles. Pour distribuer 3 cartables et 10 moustiquaires aux déshérités Congolais, le meilleur moyen est-il d'organiser une course dont le prix pour le vainqueur est de 400 000 € ?  Une course qui a nécessité de construire un village pour les skippers et les organisateurs qui est utilisé 2 jours tous les 2 ans et interdit d'accès le reste de l'année par des vigiles armés ? Une course dont le comité d'organisation est constitué des membres de la famille du Président voyageant aux frais de la princesse ?

La route de l'équateur est, comme le mausolée de De Brazza, une nouvelle humiliation pour le peuple Congolais. Sail Incentive est simplement une entreprise française complice de cet acharnement contre le peuple congolais. Cette entreprise recrutant beaucoup en ce moment, il ne fait pas de doute que le gouvernement congolais de Sassou est toujours aussi généreux envers ses griots. Générosité qui est inversement proportionnelle à celle qu'il a pour son propre peuple affamé par son incompétence extrême et polymorphe. 

La Route de l'Equateur n'est ni une course humanitaire, ni un concept innovant pour développer le tourisme au Congo et le faire connaître. En effet, si vous voulez faire une épreuve sportive qui développe le tourisme au Congo, vous ne faites pas une épreuve ou l'équipement nécessaire vaut entre 250 000 et 350 000 € alors que ce pays a tout fait pour être reconnu comme un des plus endetté malgré le pétrole qui coule au large de Pointe-Noire et qui ne profite qu'à la famille Sassou ou des entreprises françaises comme Sail Incentive.  C'est dommage pour les hôtels de luxe que la famille Bongo-Sassou achètent avec l'argent qu'ils ont pillé dans les caisses des Etats Congolais et Gabonais.

Vous voulez être innovant et faire découvrir le Congo ? Faites une course à la rame depuis Bangui jusqu'aux rapides en aval de Brazzaville. Cela ferait découvrir le vrai Congo et donnerait la chance à un Congolais d'être vainqueur de l'épreuve. Il sont très entrainés. Avec le gouvernement d'incompétents actuel, les ressortissants congolais ont plus l'habitude de ramer que de mettre les pieds sur un voilier à 350 000 € pièce.

Si vous aussi vous êtes contre une course qui n'a été construite que pour humilier le peuple congolais, vous pouvez laisser votre commentaire ici : Non à la Route de l'Equateur