17/02/2008
Tant qu'on parle de la Shoah, on ne parle pas d'autre chose
Fantastique président que nous avons là. Psychorigide qui croit qu'il sait tout mieux que tout le monde. Son idée est un tollé. Continuons cependant dans cette voie pour éviter d'avoir à aborder d'autres questions.
Article du monde : ... L'Elysée veut mener le projet sans fléchir
Un internaute du monde ayant d'ailleurs, avec humour, dénoncé une erreur sur le titre. Sans "réfléchir" étant plus proche de la réalité. Il n'est pas besoin d'être madame soleil pour prédire que Sarlozy va atteindre le record d'impopularité d'un Président de la République française.
Peut-il en être autrement ? De la part d'un être complexé au plus haut point, dont la seule façon d'exister est d'arriver à être le premier des français et à épouser des top modèles, certainement que non.
Le plus hilarant c'est qu'il entraîne pas mal de monde dans son sillage. Madame Mignon conseillère du Président sur la question: "Les discriminations dont sont victimes aujourd'hui les personnes issues de l'immigration ont la même origine que les crimes dont les juifs ont été victimes : la bête immonde du racisme". C'est d'ailleurs pour cette raison que cette année l'objectif est d'en "désimmigrer" 26000 qui n'ont pas le profil pour une immigration positive. Trop peu quoi ou trop coloré ?
La directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy souhaite ainsi "empêcher les amalgames entre la Shoah et d'autres drames". "Personne ne conteste" qu'il existe d'autres drames "mais ce sont des drames politiques. Les enfants palestiniens, vietnamiens, d'autres encore ont été victimes de conflits politiques, qui doivent et qui sont enseignés, mais avec la Shoah, les enfants ont été victimes du racisme. En enseignant la mémoire de ce génocide, on prémunit toute la société contre ce fléau", estime-t-elle.
Le drame du Rwanda, c'est un drame politique ou raciste ? Le Darfour, c'est un drame politique ou raciste ? L'ex-yougoslavie, c'est un drame politique ou raciste ?
Et puis tant qu'on s'occupe des morts, cela évite d'avoir à se précoccuper des drames qui touchent les vivants à cause de la politique de civilisation.
12:50 Publié dans Sarkozy a dit et a fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Shoah, génocide
15/02/2008
Sarkozy et la shoah
Finalement, il n'y a plus beaucoup de notes sur ce blog. La plupart des auteurs de blogs que je lisais de manière assidue ont décidé un jour de les achever plus au moins violemment. Un matin on récupère une erreur 404 ou une épitaphe pour officialiser la fin du journal. Mais malgré le manque de notes, je n'ai pas encore scellé le destin du mien. L'actualité française avec notre président qui est de plus en plus apprécié de ses compatriote est une vraie source d'inspiration. J'ai quelques minutes pour donner des extraits étonnants de ses paroles récentes.
Discours de Dakar du 26 juillet 2007:
"Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s'efface pas. Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes. Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, ce fut un crime contre l'humanité toute entière. Et l'homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l'un d'entre eux qu'on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s'empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir, je veux le dire ici à Dakar, a le visage de tous les hommes du monde. Cette souffrance de l'homme noir, je ne parle pas de l'homme au sens du sexe, je parle de l'homme au sens de l'être humain et bien sûr de la femme et de l'homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l'homme noir, c'est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l'âme de l'homme noir est une blessure ouverte dans l'âme de tous les hommes.
Mais nul ne peut demander aux générations d'aujourd'hui d'expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.
Jeunes d'Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l'esclavage comme des crimes envers l'humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes. Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance. Je suis venu vous proposer, jeunes d'Afrique, non d'oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser. Je suis venu vous proposer, jeunes d'Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d'en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l'avenir."
Discours au dîner du CRIF du 13/02/2008:
"Mais c’est d’abord à la mémoire et à la transmission de la Shoah vers les jeunes générations que la France doit consacrer toute son attention et toute son énergie. Nous le devons aux victimes. C’est surtout notre meilleure arme contre le racisme et l’antisémitisme, et notre seule protection contre la réitération des faits et le réveil de la bête immonde. Mais cette éducation doit être suffisamment précoce pour toucher aussi les coeurs. C’est dans les premières années de l’éveil de sa conscience qu’un enfant doit être élevé dans le rejet absolu du racisme. En même temps, je sais qu'il n'est guère facile d'initier des enfants de primaire à la complexité de la seconde guerremondiale et de la solution finale. C’est pourquoi j’ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l’Education nationale, Xavier DARCOS, de faire en sorte que désormais, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne. Rien ne touche autant un enfant que l'histoire d'un autre enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies, et les mêmes espérances que lui, mais qui, à l'aube des années 40, avait le malheur de répondre à la définition de juif. A Paris, au mémorial de la déportation, chacun verra donc le nom de l'enfant dont le souvenir lui aura été confié. Et pas un seul de nos enfants ne pourra oublier qu'en dehors de cette inscription, ce n'est qu'entre ses mains que subsiste un petit fragment de mémoire de cet enfant."
Faut-il faire des commentaires sur ces 2 passages ?
Pas nécessairement pour ceux qui me connaissent. Pour les autres, je tiens à préciser que j'estime que nous avons un devoir de mémoire vis à vis de la Shoah. Mais n'ayons surtout pas la mémoire sélective en occultant complétement les victimes dont en tant que français nous sommes de loin bien plus responsables. Peut-être que parmi les élèves de CM2, ils s'en trouvent dont les parents ont encore sur la conscience le sang d'êtres humains laminés par la realpolitik et la guerre économique menée par les nations occidentales. Ce n'est pas l'action de la France au Tchad dernièrement qui pourra contredire la sale impression que notre politique étrangère continue de me procurer. L'aide au développement de la part de nos pays se réduit toujours plus et quand elle persiste elle ne sert qu'à enrichir des potentats locaux. C'est une information récente qu'il convient de mettre en face de celle reçue ces derniers jours où l'on apprenait que la France avait construit toute la logistique pour réapprovisionner en munitions le régime d'Idriss Déby qui était arrivé au pouvoir par un coup d'état dans les années 90. Qui se maintient au pouvoir par manipulation des élections depuis lors et détourne la rente pétrolière comme la plutart de ses collègues dictateurs équatoriaux.
La France osera-t-elle un jour se lever comme la nation australienne qui vient de demander pardon au peuple aborigènes ?
La patrie des droits de l'homme est sans doute aux antipodes de la France d'aujourd'hui.
21:15 Publié dans Afrique, Humeurs, Sarkozy a dit et a fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, mémoire, shoah, aborigènes, pardon




