28/04/2007
"Ils tiennent l'argent et les armes"
Hier soir, j'ai assisté à une conférence-débat organisée par Africamaat et Menaibuc: "Afrique pillages et crimes économiques". C'était un débat modéré par Jean-Jacques Seymour et Jean-Philippe Omotunde. Le premier intervenant étant Xavier Harel du journal économique "La tribune" dont j'ai déjà parlé de l'ouvrage "Afrique pillage à huis clos" et de son interview sur I Télé. Le second conférencier étant Jean-Paul Mopo Kobanda qui a écrit "Les crimes économiques dans les grands lacs africains".
Dans la première partie, les intervenants se sont attachés à donner le constat. Il est, sans surprise, bien amer pour les africains. Ces peuples vivent sur une réserve de ressources naturelles extraordinaire. Celles-ci sont extraites par les pays occidentaux qui en profitent et les peuples africains ramassent toutes les retombées négatives.
La République Démocratique du Congo est une "anomalie géologique"
C'est le cas des pays pétroliers comme l'a expliqué Xavier Harel à partir des éléments qu'il a cité de son livre. En particulier pour le Congo Brazzaville pour lequel le dossier à charge vis à vis du clan au pouvoir est particulièrement accablant. Jean-Paul Mopo a lui insisté sur le cas de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre ou Congo Belge), gigantesque voisin du Congo Brazzaville. Ce pays de la taille de l'Europe est une "anomalie géologique" tant il regorge des matières que nous occidentaux convoitons. Ces matières sont exploitées par nos multinationales sans créer d'emploi dans le pays d'origine puisque toute la chaîne de transformation se situe ensuite en Europe, aux Etats-Unis et de plus en plus en Chine.
Ces matières sont achetées à vil prix (voire gratuitement dans le cas de l'uranium Nigérien) pour être transportées à l'état brut par nos bateaux, puis transformées par nos usines, pour alimenter nos fabrications High-Tech qui alimentent essentiellement notre confort des pays riches et, pour le surplus, revendues au prix fort dans les pays pauvres. Ce scandale perdure car nos gouvernants avec notre coupable ignorance entretiennent des gouverneurs noirs à la tête des pays producteurs du continent spolié.
Aucune opposition crédible ne peut émerger dans ces pays
Dans la seconde partie, il s'agissait de parler des moyens à mettre en place pour faire en sorte que les choses changent. Jean-Paul Mopo a évoqué la possibilité de s'appuyer sur l'ONU et la voie judiciaire comme cela a été le cas pour des crimes comme le Rwanda ou l'ex-Yougoslavie. Mais il ne se fait guère d'illusions. Moi non plus !
L'ONU n'est certainement pas l'organisme supra-national qui changera le destin du continent noir. A la fin de ma lecture du livre de Xavier Harel, j'étais arrivé à la conclusion que la priorité, pour influer sur les événements, était de légiférer au niveau du commerce international sur ce que l'on appelle les paradis fiscaux. L'existence même de ces pays favorisant les transferts financiers opaques est en grande partie responsable de l'impossibilté de mettre en place un suivi transparent des ressources naturelles d'un pays. Ce qui permet ensuite de maintenir des corrompus à la tête des Etats, pourris qui perpétuent la spoliation de leur propre peuple pour l'intérêt des multinationales occidentales (pétrolières et minières en particulier). Xavier Harel n'a pas réellement parlé des paradis fiscaux lors de ses interventions. Il a par contre dit qu'il était pessimiste pour l'avenir des pays qu'il cite dans son livre.
Dans l'état actuel des choses aucune opposition crédible ne peut émerger dans ces pays. Comme il l'a dit en évoquant le clan Sassou, "ils tiennent l'argent et les armes". L'opposition est donc neutralisée, par la force des armes s'il le faut, ou achetée comme on peut le voir avec un autre génocidaire congolais Bernard Kolelas. Ex-chef de milice dont les fils et filles accumulent un patrimoine immobilier important dans les quatiers bourgeois d'Abidjan. C'est cool l'exil d'un ex-condamné par coutumace.
"On voit nos ressources naturelles qui partent et bien on les suit !"
Enfin pour finir, la parole était donnée à la salle pour poser des questions. J'ai trouvé dommage que cette partie soit réduite à la portion congrue. C'était un moment très intéressant puisque les africains sont amers et qu'ils l'expriment avec passion. Les occidentaux ont été mis en accusation et cela a vite dérivé sur l'aspect de l'immigration qui est un sujet à la mode à cause de la personnalité d'un des finalistes de la présidentielle française 2007. Comme l'a exprimé avec humour un camerounais: "On voit nos ressources naturelles qui partent et bien on les suit !". Cela résume beaucoup de choses. Vous ne créez pas d'emploi chez nous en pillant nos ressources naturelles. Pourquoi refusez-vous que nous allions dans vos pays froids pour travailler dans vos usines où vous transformez ce que vous nous avez quasiment volé ?
D'autres se sont appesanti sur la responsabilité des gouvernants locaux et de la léthargie de leurs compatriotes. La jeunesse de ces pays a été montré du doigt à plusieurs reprises. Un autre encore s'est interrogé sur le fait qu'au Venezuela, avec Hugo Chavez, les choses évoluaient favorablement et pourquoi cela n'était pas le cas dans les pays africains. JJ Seymour qui a écrit un livre sur Hugo Chavez a expliqué comment les bidonvilles de Caracas bénéficiaient maintenant de l'argent du pétrole ce qui n'est pas le cas de Pointe-Noire, Brazzaville, Port-Gentil ou Luanda.
Pas vraiment de solution à l'horizon
Au bout du compte, un énorme ressenti mais pas vraiment de solution à l'horizon. L'Afrique n'en a pas fini d'être spolié et ce n'est pas les initiatives de Survie ou Global Witness qui changeront les choses à court terme. Je rejoins les réflexions de Jean-Philippe Omotunde qui a expliqué que l'opinion publique devait être mobilisé et que pour débuter il fallait éradiquer l'ignorance des occidentaux sur la situation qui prévaut dans les relations entre nos pays et l'Afrique. Mis à part Xavier Harel et quelques autres, trés peu de journalistes ont osé briser les tabous que la France traînent depuis plusieurs décennies. Mais la tâche est difficile, comme l'a expliqué Jean-Philippe, les Sociétés qu'il s'agit de dénoncer sont celles qui achétent les encars de publicité dans les médias de la place. Jusqu'à présent, la plupart des rédactions ont préféré garder les revenus publicitaires en vendant leur âmes aux diables plutôt que de prendre le parti d'informer objectivement leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs.
Les deux photos ont été prises lors de la manifestation à Paris pour le contre sommet France-Afrique qui se déroulait à Cannes. Le clan Sassou a bien aimé les grands hôtels et les casinos de la cité balnéaire française. Chirac avait, semble-t-il lors de son dernier sommet, mis les petits plats dans les grands. Il est vrai que celui-ci aime beaucoup les africains... surtout ceux qui favorisent les multinationales françaises.
Voici une vidéo de François-Xavier Verschave, la solution idéale pour l'Afrique est sans doute de trouver une centaine de FX dans chaque pays du G8...
21:35 Publié dans Afrique, Présidentielles 2007, République du Congo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Africamaat, Xavier Harel, Mopo Kobanda, Jean-Jacques Seymour, Crimes, pillages, Afrique
17/12/2006
Un bon paquet de morts sur la conscience
Je parlais hier de l'interview assez décevante de Xavier Harel sur iTélé. Décevante tant le temps de parole était ridicule par rapport au sujet que ce journaliste aborde dans son livre. Je viens d'en terminer la lecture. Cela me permet de faire un petit compte rendu de lecture. Mais avant de délivrer mes commentaires voici le texte du dos de l'ouvrage:
Au Congo, au Gabon, au Nigéria, en Angola ou en Guinée équatoriale, on peine à découvrir à quoi a servi la manne pétrolière. Pauvreté, guerres civiles, maintien au pouvoir de régimes dictatoriaux, tel est le bilan peu glorieux de l'exploitation pétrolière en Afrique.
La précieuse huile nourrit surtout une corruption débridée. Au Congo-Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso a mis en place une kyrielle de sociétés écrans qui lui ont permis de détourner des centaines de millions de dollars. Mais il bénéficie pour cela de l'expertise occidentale. Certaines entreprises françaises, et non des moindres, ainsi que de prestigieux cabinets d'avocats, ont mis leur savoir-faire au service de ce pillage à huit-clos.
Ne nous y trompons pas. La mobilisation des pays riches (G8) en faveur de l'Afrique ressemble surtout à une opération de communication. Le locataire de l'élysée amuse la galerie avec sa taxe sur les billets d'avion mais il couve affectueusement une poignée de régimes kleptocrates. George W. Bush prétend s'attaquer aux postes avancés de la tyrannie mais il reçoit à la Maison-Blanche les pires dictateurs pourvu qu'ils aient quelques barils à offrir. Tony Blair bataille pour passer la dette du continent à l'ardoise magique mais il ferme les yeux sur le rôle des banques britanniques dans le recyclage de l'argent de la corruption.
Il est temps de mettre fin au bal des hypocrites. Si Jacques, George et Tony se soucient réellement du continent, qu'ils contraignent leurs compagnies pétrolières à faire la lumière sur ce qu'elles versent aux Etats africains. La transparence reste le meilleur antidote contre la corruption.
Xavier Harel est journaliste, spécialiste de l'Afrique et des questions pétrolières.
Xavier Harel nous livre un plaidoyer pour les populations africaines en se positionnant de ce fait comme le digne héritier de Francois-Xavier Verschave qui nous a quitté trop tôt. Il dénonce le double langage que nous connaissons bien sûr dans les discours de Jacques Chirac mais aussi dans la bouche de Tony Blair ou de Georges W. Bush.
Dans le souci de sécuriser les approvisionnements de pétrole, les pays riches ont toujours été prêts à soutenir des régimes dictatoriaux qui sont, comme les aides aux développements, "le lubrifiant pour piller les ressources naturelles de l'Afrique". Xavier Harel a synthétisé l'ensemble des affaires qui sont apparues sur les deux dernières années à propos des détournements et du train de vie astronomique du clan au pouvoir au Congo. Ayant déjà été le relais de la plupart des ces affaires, il n'y a pas spécialement de révélation pour moi en ce qui concerne le Congo Brazzaville. Je suis même déçu que Xavier Harel ne décrive pas plus le népotisme du clan Sassou. Okiessi, NG entreprise, ... sont des affaires scandaleuses dans l'économie congolaise. Mais les documents doivent être difficiles à obtenir. La partie concernant la République du Congo reste cependant très intéressante à lire par le souci "clinique" qu'a l'auteur à démonter tous les rouages pour détourner de l'argent. Le chapitre "BNP Paricibas la monnaie" est particulièrement édifiant à ce propos. Le système construit pour le paiement de la facture d'electricité du Congo-Brazzaville envers le géant voisin de RDC est un modèle du genre. Pourtant, il ne s'agissait que d'un montant de 46 millions d'euros. C'est très peu par rapport aux cargaisons représentant un montant de 1,4 milliards de dollars dont BNP Paribas ne préfinancait que 650 millions de dollars avec tout le potentiel de tricherie possible et inimaginable sur la différence. On peut regretter, comme l'auteur, que le système des paradis fiscaux empêche de savoir qui se cache derrière des sociétés comme Montrow International Ltd qui est très impliquée dans l'affaire de Likouala SA. Avec le récent décès de Patrick Maugein, soyons fou pour l'arrivée de la nouvelle année et espérons que quelques documents remontent subitement sous les projecteurs...
Les autres parties du livres sont beaucoup plus instructives pour moi qui suis un peu trop spécialisé sur le Congo-Brazzaville. Xavier Harel décrit aussi les rouages dans des pays non protégés par Paris. La Guinée équatoriale est ainsi passée au crible. Le schéma est identique au Congo-Brazzaville avec un clan qui détourne l'argent du pétrole dans des banques occidentales peu regardantes sur les moeurs de leurs clients. On s'amuse avec le surnom du fils du dictateur : "narcotin". Les populations guinéennes partagent le même triste sort que les populations congolaises. C'est de toute façon le cas de toutes les populations des pays africains riches en pétrole. Le développement économique ne suit pas. C'est la faute au double langage occidental qui permet à une poignée d'initiés occidentaux ou locaux de s'enrichir au détriment des peuples qui s'enfoncent toujours un peu plus dans la misère.
Pour terminer de noircir le tableau, Xavier Harel décrit l'arrivée de la Chine dans le paysage Africain. Ce pays à forte croissance et énorme population a aussi un gros besoin de sécuriser ses approvisionnements de brut. Contrairement aux occidentaux au double langage, la Chine affiche d'office la couleur: elle ne fera pas d'ingérence dans les affaires intérieures des pays. On le voit déjà avec le Soudan.
Le tableau est plutôt noir, la concurrence des pays riches ou en croissance risque de perpétuer le maintien de régime dictatoriaux qui ne font rien pour le développement de leur pays.
Xavier Harel donne les solutions élémentaires pour éviter cela: la remise en cause ferme des paradis fiscaux (en particulier par le Royaume-Uni qui est un des premier impliqué dans le système) et une réelle transparence sur l'industrie pétrolière. L'EITI (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) est montrée comme une transparence de façade qui ne fonctionne pas, puisque les pays et les multinationales qui y ont adhérés ne jouent absolument pas le jeu. L'auteur prouve même par le cas de l'Angola, qui a tancé BP trop transparente, que l'on continue à bien supporter l'opacité dans l'industrie pétrolière.
Après avoir lu ce livre, on ne peut que rester pessimiste sur l'avenir des populations qui subissent les effets négatifs des politiques occidentales qui protègent leurs dirigeants tyranniques. A moins qu'une prise de conscience des populations occidentales pèse enfin sur nos élus pour faire adopter les lois et les pratiques que propose Xavier Harel ?
Le livre de Xavier Harel est un livre très argumenté, au vocabulaire simple et donc très percutant. Je ne peux que le conseiller à lire pour tous ceux qui ont une réelle pensée pour ces populations du Sud dans la misère par la protection inhumaine de nos économies. On y trouve de nombreuses anecdotes qui complètent un excellent plaidoyer pour l'Afrique.
21:30 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Xavier Harel, Paradis fiscaux, EITI, industrie pétrolière
16/12/2006
T'as pas fini de siphonner les réservoirs ?
Xavier Harel est passé 4 minutes sur iTélé suite à la sortie de son livre sur les scandales du pétrole africain. Je regrette vraiment que l'on accorde si peu de temps de temps dans une émission dédiée à l'Afrique alors que nos médias nationaux accordent 45 minutes à Denis Sassou-Nguesso qui est l'un des principaux protagonistes dans les scandales dénoncés par le journaliste. Je suis assez dépité par le journaliste d'iTélé (Joseph Andjou) qui par ses questions semble prendre partie pour ces régimes mafieux soutenus par Paris. En particulier la question "Vous l’avez écrit seul ou avec d’autres complicités ?" m'a plutôt interpellé après son premier demi-lapsus "je pense bien que tous ceux que vous jugez... vous citez dans votre livre". Mounzeo et Makosso qui dénoncent l'opacité de l'industrie pétrolière au Congo sont en jugement par un très bon montage du régime dont ils mettent sur la place publique les détournements des revenus pétroliers. Xavier Harel qui dénoncent lui aussi les pratiques douteuses est nécessairement, d'après le journaliste télé, un délinquant dont il s'agit d'identifier les éventuels complices.
Voici le texte de l'interview bien trop courte :
- Nous arrivons à nos questions à Xavier Harel qui a sorti chez Fayard : "Afrique Pillage à huit Clos Comment une poignée d’initiés siphonne le pétrole africain". Bonjour Xavier
- Bonjour
- Dans votre livre, vous tapez très fort sur les grandes puissances qui amusent la galerie, selon vous, avec la complicité des chefs d’Etats de ces pays producteurs de pétrole toute cela au détriment de leurs populations. Alors, Pensez-vous que votre livre peut changer quelque chose ?
- C’est un livre qui peut effectivement changer un certain nombre de choses car il révèle d’une certaine façon l’envers du décor. Derrière les beaux discours, les choses sont malheureusement beaucoup moins claires. Depuis quelques années, il y a une certaine mobilisation de la communauté internationale en faveur de l’Afrique. On annule la dette, on augmente l’aide publique au développement, on crée même des taxes sur les billets d’avion pour financer un certain nombre de luttes contre des maladies. En revanche, dès qu’il s’agit de regarder ce que font leurs compagnies pétrolières, leurs banques dans ces pays, notamment en Afrique centrale, tout le monde détourne la tête de peur d’y découvrir la corruption absolument débridée qui s’y passe et notamment des centaines de millions de dollars qui y sont détournés. On est complètement dans un double discours. On ne peut pas à la fois faire la campagne pour une taxe sur les billets d’avion et puis soutenir un certain nombre de régimes qui détournent des centaines de millions de dollars de revenu pétrolier. Argent qui vient évidemment à manquer quand il s’agit de financer la santé, l’éducation ou des infrastructures. La raison pour laquelle l’industrie pétrolière génère une telle corruption, génère des détournements aussi importants, c’est évidemment la grande opacité qui entoure cette industrie. C'est-à-dire qu’on ne sait pas combien les compagnies pétrolières versent aux Etats. Ce qui permet toutes les tricheries possibles et inimaginables et tous les montages qui bien souvent passent par des Paradis fiscaux. Qui sont financés par des grandes compagnies bancaires comme BNP Paribas ou bien qui sont couverts par certaines compagnies pétrolières.
- Alors Xavier dans votre livre, vous avez particulièrement la dent dure envers Denis Sassou-Nguesso, le Président du Congo Brazzaville. Vous l’accusez même de bénéficier du soutien de Monsieur Jacques Chirac, notre Président. Notamment dans le cadre de l’affaire Elf. Ce n’est pas assez dangereux pour vous ?
- Ecoutez, quand on est journaliste et qu’on a de bonnes informations, il faut les donner. L’objectif de ce livre est de dénoncer le double discours des pays riches à l’égard de l’Afrique et le fait est qu’il y a un soutien incontestable de Jacques Chirac à Denis Sassou-Nguesso qui est le Président du Congo Brazzaville.
- Il y a aussi la Guinée Equatoriale que vous épinglez, le Nigéria…
- Il y a une sorte de malédiction de l’or noir, malédiction du pétrole, qui fait que tous les pays pétroliers enregistrent des performances économiques inférieures aux pays qui n’ont pas de ressources naturelles. C’est lié à cette industrie qui est à la fois très opaque et qui génère des revenus absolument colossaux mais qui ne crée pas d’emploi. Donc l’essentiel du débat politique se résume à une chose capter la rente pétrolière, capter une partie de la rente pétrolière.
- Dans un souci de débat contradictoire, je pense bien que tous ceux que vous jug… citez dans votre livre n’approuvent pas forcément vos écrits. Est-ce que vous pensez que des procès seront intentés contre vous ?
- Alors, on m’a fait passer le passage que certaines compagnies m’attaqueraient en diffamation. Elles ne l’ont pas fait car tout ce qui est écrit dans ce livre est étayé par des documents. On ne s’attaque pas à des régimes ou à des multinationales sans preuve. Ce serait évidemment une folie. Mais jusqu’ici personne ne m’a attaqué en diffamation. Le livre est parfaitement étayé. C’est évidemment sur la base de documents incontestables que j’affirme…
- Vos sources sont tout à fait fiables ?...
- Fiables, sûres !
- Vous l’avez écrit seul ou avec d’autres complicités ?
- J’ai écrit seul ce livre.
17:45 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Denis Sassou-Nguesso, Xavier Harel, Afrique, Afrique Centrale, détournements, pétrole




