25/06/2006

Pour ou contre le prolongement de l'A12 ?

medium_DSCN0906.JPGJ'ai ajouté 2 photos du pommeret à l'album* sur le prolongement de l'A12. Ce n'est donc plus l'A12 en 11 photos mais l'A12 en 13 photos.

http://suis-jeleseulcommecela.hautetfort.com/album/a12......

Alors vous êtes pour ou vous êtes contre ?

 

Depuis que je suis passé de la version payante à la version gratuite* des blogs hautetfort, le blog en est tout chamboulé dans son paramétrage (* du coup l'album est mort par manque de place). Cela impacte fortement la partie commentaire, puisque plusieurs personnes saisissent des commentaires dont la validation de ma part ne donne rien.  J'ai ainsi reçu ce commentaire que je ne peux pas intégrer comme tel, je l'inclus donc directement dans la note.

 

De la part de Pascale

Pour info, voici la lettre ouverte que nous avons récemment diffusée aux habitants de la Verrière:

Habitant à La Verrière depuis près de 15 ans, nous avons été très tôt sensibilisés aux risques que représentait l’autoroute A12 pour notre ville. Comme beaucoup de verriérois, nous avons participé à des manifestations, des pétitions, des réunions pour s’opposer aux nombreux tracés qui, au fil des années, ont menacé La Verrière de tous les côtés. Lors du débat public en 2006, nous sommes intervenus à de nombreuses reprises, en écrivant une contribution sur le tracé 2C’, en formulant des avis, en posant des questions sur le site internet de la CNDP et en prenant la parole plusieurs fois  lors des réunions publiques. Jusqu’alors, notre opposition concernait des tracés. Les enseignements que nous avons pu tirer du débat public (le Pommeret décidément «  intouchable » ; A12 = mauvaise réponse au vrai problème de la N10) et la prise de conscience de deux faits majeurs pouvant remettre en cause la place de la voiture dans notre société ( réchauffement climatique et fin du pétrole)  nous ont amenés à penser que c’est au projet A12 lui-même qu’il faut s’opposer. Nous avons fait savoir notre position et les arguments qui la fondent par des textes diffusés aux élus de cette ville et à des membres d’associations mais aussi à des personnalités politiques. Ces idées ont rencontré un écho certain, notamment à La Verrière. Dans le cadre de la campagne présidentielle, avec d’autres verriérois partageant cette position, nous avons interpellé divers responsables politiques dont le président de la région Ile de France et celui de l’agglomération de Saint Quentin en Yvelines. Leurs réponses nous ont confortés dans l’idée que c’est au projet de l’A12 dans son ensemble qu’il faut s’opposer.
Nous avons donc décidé de poursuivre cet effort lors de la campagne législative en nous adressant aux candidats des circonscriptions concernées. Les réponses très favorables apportées par ceux à qui nous nous sommes déjà adressés nous encouragent à continuer.
Pourquoi écrire cette lettre ouverte aujourd’hui ? pour faire bouger les choses ! La campagne des législatives vient de commencer ; si vous partagez l’analyse développée ici, n’hésitez pas à écrire aux candidats et à saisir l’occasion des réunions publiques à venir pour les interpeller !


Pierre et Pascale Gerbouin
La Verrière, 7 mai 2007


Pierre Gerbouin, agronome et socio-anthropologue, est enseignant chercheur. Il est conseiller municipal de La Verrière depuis  2001. Pascale Gerbouin est chargée de projets en santé publique. Elle est membre de l’Advaar. Pour  prendre contact et obtenir des informations complémentaires : dossierA12.lv(at-nospam)gmail.com 

A12 : un choix très discutable pour l’environnement et l’économie

La décision du ministre de prolonger l’A12 est discutable à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique devient une priorité. Comme tout projet autoroutier, il favorisera l’augmentation du trafic des voitures et des camions, gros émetteurs de gaz à effet de serre, alors que les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) estiment que ces émissions doivent être divisées par 4 d’ici à 2050 dans les pays industrialisés, si l’on veut éviter que le réchauffement franchisse le seuil fatidique de 2°C, au-delà duquel la « machine climatique s’emballerait » de façon irréversible. Les conséquences en seraient dramatiques : fonte accélérée des glaciers et élévation des mers mettant en péril de nombreuses populations côtières, intensité croissante des cyclones et canicules de plus en plus fréquentes, augmentation des risques sanitaires et de famine, forte diminution de la biodiversité (plus d’1 million d’espèces pourraient ainsi disparaître d’ici à 2050) et de la disponibilité en eau potable, affectant plus d’1 milliard d’êtres humains en Asie et plusieurs centaines de millions en Afrique.D’autre part, c’est un choix discutable au niveau économique. A l’horizon 2030, période prévisible de la mise en service de l’autoroute, faute de carburants suffisants et d’un prix abordable, nous devrons, comme certains experts nous le prédisent, réduire drastiquement le trafic routier. Nous savons tous que dans 20 ans du fait de sa rareté, le pétrole deviendra extrêmement cher… certains pensent que les agrocarburants résoudront tous les problèmes. C’est un leurre sur le plan énergétique puisque la production de ces carburants nécessite beaucoup d’énergie, voire presqu’autant qu’ils en fournissent, dans le cas de l’éthanol. C’est aussi un leurre puisque faute de surface cultivable suffisante, l’agriculture ne pourra pas répondre au défi de nourrir les 9 milliards d’humains prévus pour 2050, si elle doit aussi alimenter des milliards de réservoirs tout en conservant quelques forêts !  Michel Griffon  dit ainsi  «  il faudrait 2 planètes pour remplir les estomacs, les réservoirs et préserver la biodiversité ». Sans compter que la production que ces agrocarburants, grande consommatrice d’eau et de produits chimiques, aggravera la pollution du milieu et la pénurie de cette ressource précieuse qu’est l’eau.  Sans compter que l’éthanol et le biodiesel sont tout aussi polluants que les dérivés du pétrole, selon des études toutes récentes, et que leur combustion contribue tout autant au réchauffement de la planète !

Certes, la science et la technique sont mobilisées sur ces grands problèmes, mais rien ne dit que des réponses suffisantes seront apportées à temps et  le principe de précaution s’impose à nous. La proposition d’un moratoire sur les autoroutes, préconisée par de nombreuses personnalités, dont Nicolas Hulot, et reprise lors de la campagne présidentielle par des partis politiques comme Cap 21, les Verts, le PCF, prend alors tout son sens… un moratoire sur l’A12 s’impose donc.

A12 : un danger évident pour La Verrière et Le Mesnil

Il est aujourd’hui clair que l’A12 ne passera jamais par le vallon du Pommeret. Même les plus ardents défenseurs de ce tracé, y compris à La Verrière, n’y croient plus car ils font ce constat : aucun gouvernement depuis plus de 20 ans n’a opté pour ce tracé. Cela parait encore plus inconcevable aujourd’hui que les questions environnementales sont au cœur des débats et des priorités politiques, comme vient d’ailleurs de le rappeler, dès son élection , le nouveau Président de la République, dans sa déclaration dimanche 6 mai, place de la Concorde, en annonçant qu’il ferait « du combat pour la défense de notre planète une des priorités de la France ». Il est aussi clair que le passage de l’A12 au nord de la N10 est tout aussi inconcevable : aucun tracé ne figurait au dossier du débat public et ceux proposés par les participants ont tous été rejetés après analyse. Il est donc finalement clair que les seules alternatives possibles sont les 2 tracés médians qui traversent le Mesnil et La Verrière. Nous avions  perçu ce risque dès le début du débat public, ce qui nous avait conduits à cibler nos interventions sur ces tracés, particulièrement le 2C’. Ce danger a été confirmé par la décision du ministre de choisir le 2C’ en octobre 2006. La construction et la mise en service de l’A12 par ces tracés apporteraient des nuisances inacceptables aux riverains. On entend dire qu’un tunnel résoudrait ce problème ; c’est oublier que lors du débat public, on nous a expliqué qu’un tracé en tunnel avait du être abandonné pour être remplacé par une tranchée couverte parce que les formations géologiques ne le permettent pas. Quand bien même l’obstacle technique serait vaincu, la question du coût ne permettrait pas d’envisager un tunnel de longueur suffisante. L’A12 resterait donc à ciel ouvert à moins de 200m de l’ERPD, du centre de gériatrie, de l’Institut Marcel Rivière, d’Orly Parc II et de la zone pavillonnaire du Mesnil et ne résoudrait pas non plus le problème de l’échangeur à ciel ouvert, tout près du quartier du Bois de l’Etang et du hameau du Rodon. Dans ces conditions, souhaiter le prolongement de l’A12, c’est accepter qu’elle traverse La Verrière et Le Mesnil, ce qui n’est évidemment pas acceptable.

A12 : une réponse tardive et inappropriée aux problèmes actuels

Le prolongement de l’A12 est un projet datant de plus de 40 ans. Il ne devrait pas être achevé avant 2030. Dès lors, les problèmes de sécurité routière, d’embouteillage et de nuisances que subissent riverains et utilisateurs de la N10 depuis 40 ans, problèmes que ce projet est censé résoudre,  perdureront encore plus de 20 ans. Par ailleurs, comme cela nous a été démontré par différents spécialistes durant le débat public, la création de cette portion de l’A12 ne diminuera que partiellement la circulation sur la N10, et ces problèmes continueront ainsi d’exister même après sa mise en service. Un aménagement conséquent sera donc de toute façon nécessaire pour fluidifier le trafic, réduire la vitesse des véhicules, améliorer la sécurité et diminuer significativement les nuisances. Il sera nécessaire en particulier d’enterrer des tronçons de la N10 (ce qui facilitera aussi les circulations transversales et contribuera à réduire la fracture urbaine), de changer le revêtement par un « enrobé silencieux » permettant de diminuer les bruits de roulement,  d’étendre la construction des murs anti-bruits.  Pour réduire la fréquentation de cet axe, il faudra aussi encourager les automobilistes à utiliser les transports en commun, en améliorant l’offre de transport collectif et en facilitant l’accès et le stationnement aux gares et il faudra aussi créer une véritable offre de ferroutage, de façon à inciter les entreprises à l’utiliser pour le transport de marchandises.

Plutôt qu’un prolongement de l’A12 qui ne résoudra pas les problèmes de la N10 et qui créera de nouvelles nuisances pour la santé d’autres populations, en contribuant par ailleurs à augmenter le trafic routier, et donc le réchauffement climatique, ne faudrait-il pas s’en tenir à ces aménagements de la N10 et au développement des transports en commun et du ferroutage ?

15/06/2006

A12 or not A12, that is the question ?

 

medium_DSCN0742.JPGBon, en fait ce n'est pas tout à fait la question. C'est plutôt, par où faire passer le prolongement de l'A12 dont on parle depuis 30 ans ?

Cette question tient en haleine les Yvelines en général mais plus particulièrement quelques communes bien concernées: Trappes (qui n'à rien à voir avec le disque de David TMX "Avant j'étais trappeur"...), La Verrière, Montigny le Bretonneux (à ne pas confondre avec Montigny le Boutonneux qui est un village encore adolescent), le Mesnil Saint-Denis, Lévis Saint-Nom, Coignières et quelques lieu-dits pittoresques.

Pour résumer: y'a ceux qui sont complétement contre, ceux qui sont pour un passage "hors la ville" dans le parc national pour faire suer les riches et ceux qui sont pour un passage "dans la ville" pour faire suer les pauvres.

J'ai fait un petit album photo des revendications des uns et des autres: A12 en ... 11 photos. Il y a la dernière réunion de concertation demain à Montigny.