03/12/2008

Drôle de rencontre

Il y a un moment que je n'avais pas pris d'autostoppeur. Aujourd'hui, je suis tombé sur un cas. Je me suis levé très tôt ce matin comme cela ne m'arrive jamais sans l'aide du réveil. Ces temps-ci, je suis plutôt du genre à décaler le réveil de quart d'heure en quart d'heure avant de me lever une heure après l'heure souhaitée. Même depuis que nous sommes passés à l'heure d'hiver. Mais pas ce matin! Je me suis levé une heure avant l'heure du réveil. Je l'avais pourtant placé super tôt afin de bosser un peu sur des sites avant de partir au boulot. Du coup, je suis parti aussi très tôt au travail en me disant que j'allais lire dans la voiture quelques chapitres du livre d'Albert Jacquart "Mon Utopie" en attandant que la sécurité nous ouvre les portes vers le travail torture (référence au livre d'Albert...). Il y parle des rencontres que l'on peut faire par les livres en précisant cependant que cela ne remplace pas les rencontres physiques. Ce sont ces rencontres qui construisent réellement au fil du temps ce que nous sommes.

Je suis donc parti sur le coup de six heure. Pas grand monde sur la route. Un petit crachin breton bien désagréable. Une bonne journée de fin d'automne en région parisienne.

Carrefour de misèreSur la D91, après avoir passé le carrefour de misère et l'embranchement vers les ruines de Port-Royal, dans la côte qui mène vers le plateau qui précéde Voisin Le Bretonneux, une silhouette me montre un pouce juste après un virage alors que les phares viennent seulement d'éclairer son visage (j'essaie de faire du Stephen King mais c'est pas vraiment réussi...). Crachin, nuit, silhouette, autostop, je stoppe et je prends le gars.

Il me dit qu'il revient de Bretagne et va sur Montigny le Bretonneux. Cela tombe bien car nous y sommes presque. Sauf qu'il ne connaît pas l'adresse... Il est arrivé la veille pour retrouver ses parents, sa femme et sa fille. Il est ensuite sorti rapidement avec ses frères. Ceux-ci l'ont ensuite laissé revenir à pieds.

En voyant l'heure sur l'horloge de la voiture, il me dit son grand étonnement de découvrir qu'il a erré toute la nuit (12 heures) dans la campagne pour retrouver son chemin.

La sortie devait être sacrément arrosée me suis-je dit intérieurement.

Je me dirige vers le centre ville (SQY OUEST) mais il me dit qu'en fait, dans son souvenir, la maison est à la sortie de la ville dans la campagne. Bon c'est pas gagné...

La rue dont il se souvient à un nom qui commence par poir. Je cherche sur mon navigateur gps, pas de réponse. La batterie de son portable est HS. Nous appelons toot toot yout toot pour avoir le téléphone de son père. Pas de réponse non plus, il doit être sur liste rouge. Dans un éclair de lucidité, il pense se souvenir du portable de sa mère. Pas de chance, ça ne répond pas non plus.

Dans un autre éclair, il se souvient d'un point de repère. Il s'agit du Lidl qui se trouve à côté d'un champion. En ces temps de crise, c'est utile de connaître l'adresse d'un Lidl. Lidl, champion, pour moi c'est le tilt. Demi-tour direction Voisins le Bretonneux. Après avoir tourné encore un peu dans les impasses du coin, nous trouvons enfin la sortie de la ville et la maison du jeune homme.

Il me remercie chaleureusement en me dépouillant de mon portefeuille et de mon automobile.

Non, je rigole.

Il me serre sincèrement la main avec le regard de celui qui est soulagé d'avoir retrouvé son chemin.

J'ai pas avancé le livre de Jacquart mais j'ai fait une nouvelle rencontre d'autostop aussi étonnante que les précédentes.

   

24/11/2006

Quelques histoires d'autostop (épisode 1): Faire du Stop à Belle-Île en mer

C'est un sujet intéressant l'autostop. Mais il convient, avant de décrire quelques anecdotes, de dire qu'il faut être très prudent quand on fait de l'autostop ou qu'on prend des autostoppeurs. Si on a un mauvais feeling, il est préférable de s'abstenir.

Première chose dans l'autostop, il faut un autostoppeur (voire une autostoppeuse... parfois les deux) et un autostoppé ou une autostoppée. Comme j'ai joué dans les deux rôles, il y aura plusieurs histoires avec plusieurs point de vue. Mais quelque soit le point de vue, il y a une constante dans mon cas. Je ne peux pas faire du stop ou prendre quelqu'un en stop sans penser à l'histoire de coluche: "l'autostoppeur". Dont voici un trop court extrait:

- J'dis à cette vitesse là on est pas arrivé, hein. Comme ça au moins si on a un accident, on l'aura moins vite.

- Dis faudrait pas qu'on se fasse rentrer dedans, il en resterait pas beaucoup de votre mixer.

 

I. Séquence grosse paresse: faire du stop à Belle-Île en mer

Un mois de mai des années 90, j'étais parti faire du voilier (sur Héloise I ? ou II ? ou III ? qu'il ne faut pas confondre avec Héloïse) avec un ami skipper de Marseille, le père d'un collègue, à qui appartenait le bateau de course, et un couple qu'il connaissait. En partant de Lorient, nous avions longé Groix où des avions de chasse faisaient des manoeuvres. Un  navire de la marine nationale nous avait même sommé de sortir de la zone où nous étions. Nous avions pratiquement eu droit à un panneau du genre : "Cassez vous!".

En nous bougeant de là, nous nous étions rendus vers Belle-île en mer où nous avons mouillé dans la zone de mouillage du port de "Le Palais" qui est la capitale de Belle-île. Deux accostages d'annexe plus tard, nous nous trouvions en ville. Première halte au pub pour rafraîchissements et décision de se rendre de l'autre côté de l'île pour admirer les magnifiques aiguilles de Port Coton dont Monet a fait des toiles célèbres. Quand je dis de l'autre côté de l'île, on ne comptait pas non plus faire l'Île dans le sens de la longueur. Faut pas nous prendre pour des tarés des inconscients, je parle du petit côté. Une simple petite balade de 13 kilomètres, aller et retour. Aussitôt dit, aussitôt fait.

Nous entamons notre balade par la montée qui permet d'accèder de "Le Palais" vers un plateau où se trouve l'aérodrome de l'Île. Nous sommes devant avec l'ami marseillais et je lui propose de jouer un bon tour aux autres membres de l'équipage. Nous pressons le pas et, une fois hors de vue, nous piquons un sprint pour nous mettre à l'abri d'un virage afin de faire du stop sans que les autres ne puissent nous voir. Par chance, la première voiture qui passe s'arrête (il n'y en a pas des masses de voitures sur Belle-Île ...). C'est une vieille magnifique 4L conduite par un ornithologue.

Pour l'anecdote, c'était la seconde fois que je tombais sur un ornithologue en chair et en os. La première fois, c'était la soeur d'un copain d'école d'ingénieur dont les parents avait une maison de campagne où nous allions, soit pour planter des patates, soit pour couler des dalles en béton. Travaux que nous faisions pendant que sa soeur ramassait les merdes crottes excrêments d'oiseaux (chouettes, hiboux, etc...) pour reconstituer le squelette des animaux qu'ils avaient pris au dîner. Elle nous montrait les différentes opérations juste avant que nous ne prenions notre déjeuner ou notre dîner. Rien de tel qu'une bonne chiure de grand duc pour se mettre en appétit. L'ornithologue de Belle-île ne pouvait pas nous emmener jusqu'à Port Coton mais il nous avait largement épargné 4 kilomètres et nous avait instruit sur les volatiles du cru.

Nous avons fini le chemin pour admirer les belles aiguilles et nous nous sommes installés à la terrasse d'un café pour siroter une bonne dizaine de bières pendant que nos amis finissaient le chemin à pied. Quand nous les avons vu arriver en sueur alors que nous étions frais et dispos à notre terrasse et bourrés, nous avons bien rigolé.