05/11/2006
Sassou sur TV 5 - Europe 1 (5)
Episode 5: Sassou et la colonisation.
Journaliste: Monsieur le Président, le débat en France sur les mérites de la colonisation, qu'en avez-vous pensé ? Il vous a étonné ? Il vous a... Comment l'avez-vous jugé ?
DSN: Notre point de vue, notre point de vue sur la colonisation est connu. Euh, le point de vue du Congo, euh, des africains, pas seulement des Congolais, tous les africains ont condamné le, le, le colonialisme. Et je, euh, ne pense, pas qu'y a... qu'y a [couic, une nouvelle fois coupé par un journaliste]
Journaliste: Il n'y a pas d'aspect positif à la colonisation pour vous ?
DSN: Bon, vous en connaissez peut-être.
Journaliste: C'est une question, Monsieur le Président, c'est une question.
DSN: Globalement, globalement, nous avons, euh, estimé, euh, que... l'esclavage parce qu'on parle, euh, euh, de, de colonialisme mais on ne parle pas de, de, d'esclavage.
Journaliste: Là, on ouvre un débat.
DSN: Ben, oui, y'a que ce débat, y'a que ce débat. Parce que quand on parle de retard de l'Afrique on met.. on n'occulte des siècles d'esclavage et de, de... euh, euh, .... où tous les développements n'étaient pas possible pour l'Afrique.
Journaliste: D'accord, mais à l'époque de de Brazza, il était dans un ensemble de royaumes et de chefferies où régnait parfois la traite des noirs. Y'avaient des noirs et des rois noirs qui se sont rendus complices et acteurs de la traite des noirs.
DSN: On sait à qui profitait le crime, non, évidemment. Euh, des pauvres gens, parfois pour des pacotilles, ont vendu les leurs. Mais à qui profitait le crime, donc, j'espère que nous nous comprenons.
A suivre... Episode 6: L'argent des ressources naturelles (Le mardi 7 novembre)
"Y'a que ce débat là", dit Sassou. Voici l'image (photo de Mère Evé de Congopage) de la stèle aux esclaves à Pointe-noire. Une tour écroulée sans surveillance alors qu'à quelques kilomètres le village inhabité, qui sert une nuit tous les 2 ans pour la course de l'équateur, est surveillé par des gardes armés de peur que quelques Congolais réclament ce qui leur revient de droit.
Quand des méthodes peu orthodoxes sont utilisées pour masquer les revenus du pétrole, "à qui profite le crime", Monsieur Zazou ? A Edgar qui vient de se faire voler 270 000 € dans un palace parisien ?
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03/11/2006
Sassou sur TV5 - Europe 1 (4)
Episode 4: Le mausolée de De Brazza à Brazzaville
Journaliste: Nous sommes avec vous, Président Sassou Nguesso, vous avez commencé à répondre sur le Darfour, la Côte d'Ivoire avec beaucoup de franchise. Et bien on va continuer.
DSN: Avec plaisir.
Journaliste: Vous avez organisé le 3 octobre chez vous au Congo une cérémonie en l'honneur de Pierre Savorgnan de Brazza. Y'a 12 jours, les cendres de De Brazza ont été transférées d'Alger ou elle se trouvaient à Brazza, inhumées face au fleuve Congo que, apparemment, Brazza aimait et où il a passé 14 années de sa vie. C'est une extraordinaire aventure. Mais pourquoi, il fallait le faire ? Parce qu'il y a des bons et des mauvais colonisateurs ?
DSN: Bon, il fallait le faire d'abord par ce que c'était la volonté même de de Brazza et, euh, sa famille nous l'a demandé. Et aussi parce que il s'agit pas de bon ou mauvais colonisateur, euh, il s'agit de l'histoire. Eeeeet nous pensons que, euh, les peuples d'Afrique centrale ont gardé de cet explorateur, euh, le souvenir d'un humanisme, d'un homme qui a eu, euh, avec eux des échanges, euh, des contacts de, de, de peuple, de culture.
Journaliste: Il a apporté beaucoup, vous voulez dire.
DSN: Il n'était pas le seul. Il n'y a pas que lui qui a apporté [Chouette, super. On va avoir d'autres Mausolées. Brazzaville la ville aux mille mausolées comme Rouen est la ville aux mille clochers]. Il a apporté quelque chose, c'est à dire, euh, le, le respect, euh, d'une autre culture, euh, le respect d'un autre peuple.
Journaliste: Président, justement je crois que, euh, Brazzaville est la seule capitale en Afrique qui porte le nom de son colonisateur, ça fait débat ça ?
DSN: Oui, ça peut faire débat mais c'était en toute connaissance de cause. Vous savez, euh, les, les bouleversements qui se sont produits en Afrique, les changements même dans notre propre pays. [Quel est le rapport ?]
Journaliste: Justement, 1960, l'indépendance du Congo Brazzaville.
DSN: 63, et...
Journaliste: Néanmoins, cinquante ans après, il faut honorer un colonisateur.
DSN: C'est en toute responsabilité. C'est en toute responsabilité que les Congolais ont maintenu... euh...
Journaliste: C'est tout à leur honneur.
DSN: Au moment où sous d'autres cieux, on assiste à des exclusions, je crois que c'est un message aussi.
Journaliste: Et, et, sur son épitaphe, il paraît qu'il y avait gravé, sur sa tombe, en épitaphe sur sa tombe "sa mémoire est pure de sang humain". J'ai vu dans une des revues du Congo-Brazzaville que le général de Gaulle avait dit: "Aucun des pionniers de l'Afrique ne fut plus humain que Savorgnan de Brazza".
DSN: Et, et, tous les témoignages l'attestent et c'est, c'est justement ce qui nous a amenés à cette... [Sassou coupé une nouvelle fois par un journaliste]
Journaliste: Est-ce que donc par rapport à un débat français, il y a donc des aspects positifs à la colonisation ?
DSN: Euh, nous, nous ne parlons pas de la colonisation, nous...
Journaliste: Ecoutez avec de Brazza, si, Monsieur le Président.
DSN: Nous parlons, Euh, De Brazza c'est peut-être même l'homme, euh, qui, euh a recusé (?) tous les actes inhumains et toutes les violences qui ont été posés dans notre pays par les patrons des sociétés concessionnaires et même à quelques administrateurs, euh, euh, coloniaux dans notre pays. Et cela, euh,.. [couic, encore coupé]
Journaliste: On peut ajouter même les missionnaires qui ont eu des comportements qui n'étaient pas toujours aussi bien que ceux de de Brazza.
DSN: Possible ! Exact, Possible ! Mais, il les a, il les a récusé (? 2nde fois). Et pour l'histoire. Parce que nous faisons l'histoire. Et euh, on veut pas s'engager dans la politique [Si tu pouvais effectivement l'avoir fait, il y a 40 ans, le Congo aurait sans doute un autre visage bien plus avenant]. Nous faisons l'Histoire, pour l'Histoire. On retiendra que de Brazza était justement envoyé en mission au Congo pour mener une enquête sur les comportements, euh, de, de ces sociétés concessionnaires.
Journaliste: Enquête qu'on n'a pas retrouvée.
DSN: Enquête qu'on n'a pas retrouvée.
Journaliste: Dont, vous en avez des copies vous même.
DSN: Pas encore. Mais peut-être ensemble nous allons engager les recherches. [En arrière de la réponse de Sassou, un journaliste dit en ricanant: "Ouais, on va lancer des appels aux historiens"] Mais, euh, euh, ce rapport de de Brazza a totalement condamné, euh, tous les excès qui ont été commis au, euh, au Congo. Et d'ailleurs, c'est au retour de cette mission qu'il a trouvé la mort.
Journaliste: On vous a reproché le prix de ces festivités, de ces commémorations.
DSN: Oh, Oui, mais y'a eu la, la, l'amalgame. Tout le monde a son prix. euh, Nous avons, euh, réalisé quelque chose, à, à, à notre avis, de, d'honorable, et, de respectable et je crois que pour les rapports entre les peuples, euh, sera mérité d'être fait. [J'ai réécouté plusieurs fois... Suis-je trahi par mon oreille ?]
A suivre... Episode 5: Sassou et la colonisation (Dimanche 5 novembre)
Mais à propos du mausolée de De Brazza, ne pas oublier de lire ces différents articles:
00:05 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sassou, Mausolée, De Brazza, Brazzaville, Colonisation, Gabegie
30/09/2006
Un âne à deux pieds peut devenir général et rester âne.
"Un âne à deux pieds peut devenir général et rester âne" écrivait la Comtesse de Ségur dans "le général Dourakine" (On peut télécharger ce livre via le projet Gutenberg). Cette citation est d'autant plus valable quand le titre de général s'obtient par seul mérite de faire partie de la bonne ethnie. S'il faut donner un exemple où le titre de général ne détermine pas une franche compétence en quoi que ce soit, nous pouvons citer un pays cher à mon coeur: la République du Congo ou Congo-Brazzaville.
Les généraux y sont dans leur grande majorité originaires de la partie Septentrionale du pays d'où vient également le Général Président ex-Camarade mais surtout homme d'affaires Denis Sassou-Nguesso. Certains étant même de la famille génétique de l'instituteur milliardaire d'Oyo.
On pense immédiatement à la citation de la Comtesse quand on voit l'affaire du mausolée "De Brazza". Pourtant ce mausolée est tout à fait logique et ne montre pas Sassou Nguesso comme un âne mais plutôt un mulet. Un mulet toujours prêt à porter les bagages de ses patrons français.
Le remerciement du Président Congolais à son ami Chirac et à De Brazza
Le geste de Sassou, contrairement à ce qu'avance les dépêches de l'AFP, est le geste d'un homme et non celui d'un peuple. C'est le remerciement à un ami franc-maçon, Jacques Chirac qui l'a remis en selle malgré son éviction par le peuple congolais lors de la CNS (Conférence Nationale Souveraine).
Le mausolée de Mfoa délivre plusieurs messages aux Africains de la part du Président Congolais et Président de L'Union Africaine. Le premier est d'imprimer dans l'esprit des masses que l'histoire de l'Afrique Centrale ne débute qu'au moment où Stanley et De Brazza se sont tapés la bourre sur les rives du fleuve Congo, l'un pour les futures colonies belges, l'autre pour les futures colonies françaises. Pour Sassou, l'histoire de son pays débute quand les européens ont gommé de leurs cartes le terme "Terra Incognita" qui couvrait une grande partie de l'Afrique Centrale jusqu'au début du XIXème siècle.
Le second est une éminente démonstration que le Président de l'Union Africaine n'est qu'un vassal des puissances occidentales. En effet, en France c'est la traque aux sans papiers. Ces africains chassés par la misère engendrée par l'incompétence et le manque de déontologie de leurs dirigeants ainsi que l'attitude anti-démocratique autour du soutien des dictateurs par les dirigeants occidentaux ou les institutions internationales. Il ne se passe pas un mois sans que des africains soient victimes d'agression en Belgique, en Russie, en France ou ailleurs... Les squats sont vidés de leurs habitants, les incendies des hotels de la misère allongent la liste des victimes. Pourtant, je ne crois pas avoir vu une seule réaction de la part de Sassou Nguesso sur ces scandales du XXIème siècle.
Non, lui, ce qui l'intéresse c'est de construire un énorme bâtiment avec l'argent qu'il ne met pas dans les hôpitaux de son pays ou dans le système éducatif. Tout cela pour honorer celui qui est à l'origine du massacre de nombreux Congolais par les entreprises concessionnaires coloniales afin de remercier ses soutiens français. Tout cela ne se limite pas aux frontières de l'actuelle République du Congo, jusqu'où est-on allé pour soutirer la main d'oeuvre qui est venu mourir sur l'équateur lors de la construction du Chemin de Fer "Congo Océan" ? Le Gabon, le Tchad, la Centrafrique, le Cameroun sont concernés.
Le Président de l'Union Africaine montre une nouvelle fois que le seul objectif qu'il poursuit est à l'opposé de celui que les peuples d'Afrique souhaitent. Combien de personnes bien vivantes pouvait-on loger dans un tel bâtiment ? Avec l'argent de la construction, combien de vie pouvait-on sauver dans les hôpitaux du pays ? Combien de classes de cours pouvait-on équiper ?
20:20 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Sassou, De Brazza, Mausolée, dictateur, scandale, colonisation




