26/07/2007
La corruption ne prend pas de vacances
Je profite de mes vacances pour accélérer le rythme de mes lectures. L'accélération est tellement forte que j'entame 3 à 4 livres à la fois. Je découvre Romain Gary et son pseudonyme Emile Ajar. J'ai fait l'acquisition du dernier livre d'Eva Joly "La force qui nous manque".
Eva Joly y retrace son parcours de Norvégienne venue en France comme jeune fille au pair, qui s'y est installé pour l'amour d'un français pour finalement instruire les plus gros dossiers de corruption et d'abus de biens sociaux de l'hexagone (affaire Elf).
Je ne l'ai pas encore terminé mais je vous livre ici un extrait de la part d'une personne qui a très certainement eu accès à des documents que les ONG qui se battent contre la corruption n'ont pas eu le droit de consulter.
Ce paragraphe crédibilise, par la fonction de son auteur, tout le combat des ONG comme Global Witness ou Survie. Le paragraphe en question fait suite à l'explication sur l'enterrement en première classe au nom de "l'intérêt national"* par Tony Blair d'une enquête sur le versement d'énormes pots-de-vin par British Aerospace (BAE) à l'Arabie Saoudite.
"Il y a en moi dans ces moments-là une colère immédiate que je ne raisonne pas. J'ai des mots plein la bouche. Des souvenirs, des chiffres, des noms, les contrats saoudiens et leurs pourcentages astronomiques de commissions, entraperçus augré d'anciennes investigations, tambourinent dans ma tête. Le journal The Independent a fini par m'offrir une tribune. Puisque Tony Blair laissait entendre qu'il sauvegardait les emplois et la tout-puissance britannique, j'ai tenté d'expliquer, en quelques feuillets, que la corruption fragilise le monde et la vie de chacun de nous. Les pots-de-vin ne profitent jamais aux populations d'Asie ou d'Arique, ils atterrissent dans nos banques via les paradis fiscaux. Les lointains despotes y sont de respectables clients. En prétendant sauver ici des emplois, ou veiller sur le prix de l'essence à la pompe, on maintient là-bas des régimes assis sur la misère, cette longue mèche d'un monde explosif."
*Ce même intérêt national qui fait écrire à Sarkozy sur le livre d'or de Mouammar Kadhafi "Je suis heureux d'être dans votre pays pour parler de l'avenir!". C'est vrai qu'avec Kadhafi, il est préférable de ne pas s'occuper du passé. Qu'il soit peu récent avec le terrorisme d'Etat qui a conduit entre autres aux morts de Lockerbie ou ceux du DC10 d'UTA qui a explosé au dessus du Ténéré en revenant de Brazzaville. Ou qu'il soit encore tout chaud avec l'affaire des infirmières bulgares et du médecin palestinien où l'Europe s'est fait, comment dire ? ... enfilée à sec pour la gloire finale du petit Nico et de son épouse non élue, non nommée, Cécilia. Donner l'accès au nucléaire à la Libye présente-t-il moins de risques que de laisser l'Iran continuer son propre programme ? Quand l'intérêt national transforme le monde en poudrière, ça fait vraiment peur pour nos enfants.
La corruption n'est pas en vacances.
Les combattants anti-corruption ne s'arrêtent pas non plus. Deux dates à mettre à son agenda:
le 28 juillet avec une manifestation devant le siège de BNP paribas qui est sous le coup d'une procédure RICO aux Etats-Unis et qui a été nommée dans l'affaire "Pétrole contre nourriture",**
le 31 juillet avec une conférence débat dont les intervenants seront : Théophile Obenga, Abel Goumba et Henda Diogène Senny.***
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COMMUNIQUE DE PRESSE
Depuis plusieurs années la banque B.N.P. Paribas a mis ses experts financiers les plus talentueux à la disposition du Général SASSOU NGUESSO pour faire disparaître dans les paradis fiscaux, la rente pétrolière du Congo Brazzaville (pays pauvre très endetté) ; SASSOU NGUESSO, Président du régime dictatorial de Brazzaville, revenu au pouvoir par les armes en octobre 1997, avec l’aide des armées et mercenaires étrangers.
Aujourd’hui La banque B.N.P. Paribas et la SNPC (société nationale des pétroles du Congo) sont poursuivies par un créancier privé, Kensington International Ltd devant la cour fédérale à New York pour conspiration au travers d’arrangements d’une complexité croissante pour piller la rente pétrolière congolaise.
Par ailleurs, une enquête préliminaire est ouverte par la justice française à l’encontre du Général SASSOU NGUESSO pour enrichissement illicite et détournement des deniers public.
- La paupérisation du Congo Brazzaville, pays riche très endetté, ne laisse que trois possibilités à sa population : L’immigration, la survie dans la misère ou le recours à la violence.
- L’irresponsabilité de la banque B.N.P. Paribas qui participe à la paupérisation du Congo Brazzaville par des méthodes mafieuses, pour des profits inavouables, ni pour le Congo ni pour la France.
<< [..] Nos lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain [...] >>
Jean Marie BOCKEL Secrétaire d’Etat à la Coopération français.
Le Conseil Représentatif de la Diaspora Congolaise se réserve le droit de se porter partie civile contre la banque BNP Paribas et le dictateur SASSOU NGUESSO.
Aussi nous vous convions à la marche que nous organisons ce samedi 28/07/2007 de 14h à 18h30 de La place de la République au siège de La banque BNP Paris sise 16 boulevards des Italiens 75009 Paris., Pour :
- Réclamer du conseil d ‘administration de la Banque BNP Paribas l’arrêt de toutes sortes de soutien au régime de Brazzaville.
- Le gel des fonds détournés du Trésor public Congolais par le Général SASSOU NGUESSO
Fait à Paris le 24/07/2007
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- Professeur Théophile Obenga
- Professeur Abel Goumba
- M. Henda Diogène Senny
Maison de Radio France (entrée porte A)
116 av. du Président Kennedy
75220 Paris cedex 16
France
Accès:
Parking : Pont de Grenelle - Maison de la Radio
12:35 Publié dans Afrique, République du Congo, Sarkozy a dit et a fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Eva Joly, Théophile Obenga, Corruption, Tony Blair, Sarkozy
27/06/2007
Conférence-Débat à Metz sur la corruption en Afrique
C'est le genre de conférences auxquelles il faut assister pour ne pas être obligé de dire dans un avenir (que j'espère proche): "bah, on ne savait pas". Ne comptez pas sur les médias nationaux pour vous informer sur ces questions. Ceux-ci préfèrent comptabiliser les morts au proche, au moyen orient ou au Darfour, quand l'honneur de la France ne risque pas d'être écornée. Quand il s'agit de prendre du recul sur la France ancienne puissance coloniale et pays néo-colonialiste, cela donne mal aux fesses à nos journalistes pire qu'une crise hémorroïdaire aiguë.
INVITATION CONFERENCE DEBAT ORGANISEE PAR L'AICP
L'association Inter-Cultures Promotion (AICP) organise une conférence publique sur le thème :
« Biens mal acquis, dette, revenus pétroliers, fonds vautour, bonne gouvernance : Comment panser le Congo et l'Afrique aujourd'hui ? »
Qui se déroulera le jeudi 28 Juin 2007 à 20h00 à l'Université de METZ - Campus du Saulcy UFR Sciences Humaines et Arts (1er bâtiment à droite en rentrant sur le campus) à l’amphithéâtre Pascal.
Nous aurons pour invité et intervenant Brice MACKOSSO, activiste des Droits de l'Homme, prisonnier d'opinion au Congo Brazzaville, membre de la Commission Justice & Paix de l'Eglise Catholique et acteur dans l’ONG « Publish What You Pay » (Publiez ce que vous Payez) soutenue par la Banque Mondiale et les grandes Institutions Internationales.
L’association AICP et ses partenaires, l'Université de Metz, le Journal BA SANGO Les Nouvelles, le CCFD, l’association Survie Lorraine invitent un très large public à participer à cette conférence- débat.
Contact :
ASSOCIATION INTER-CULTURES PROMOTION
1 rue Rochambeau
BP 34135 57041 METZ Cedex 1
03.54.62.40.23
06.64.82 43.10 (permanence téléphonique)
Mail : aicpacem@yahoo.fr
23:00 Publié dans Afrique, République du Congo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afrique, corruption, FMI, IMF, Banque mondiale, worldbank, pétrole
01/01/2007
Mes voeux 2007: Un coup d'arrêt au double langage
Pour les voeux de 2006, j'avais mis en avant les objectifs du millénaire. Je souhaitais que durant cette nouvelle année nous puissions mesurer des avancées significatives par rapport aux cibles devant mener à une réduction très sensible de la pauvreté pour 2015. 2006 n'a malheureusement pas été une bonne année pour cela. Malgré les people qui se battent pour obtenir toujours plus d'aides pour les pays sous-développés. Malgré des Présidents de pays riches qui annulent des dettes colossales et se lancent dans le financement innovant par des taxes sur les billets d'avion pour l'aide publique. Des voix commencent à s'élever qui disent que les objectifs sont déjà inatteignables pour plusieurs pays. En particulier pour l'Afrique subsaharienne.
On ne ne doute pas de la sincérité de Bono ou d'Angelina Jolie vis à vis de la pauvreté dans le monde. Mais il apparaît de plus en plus clairement qu'ils font hélas fausse route. L'aide au développement dans les conditions actuelles n'est pas le remède pour atteindre ces objectifs du millénaire. Les prérequis ne sont pas là.
Faisons un petit jeu pour affiner le diagnostic. En entreprise, on utilise plusieurs méthodes quand il s'agit de résoudre des problèmes. La méthode des "cinq pourquoi" en est une. Cette méthode a été élaborée pour faire en sorte que dans les phases de diagnostic on ne soit pas tenté de s'arrêter de manière superficielle aux causes d'un problème. Cela permet de remonter à la cause racine et, en éliminant cette cause, de résoudre durablement le problème. La pauvreté généralisée sur notre planète est un problème pour beaucoup d'entre nous. Essayons la méthode de résolution de problèmes expliquée plus haut.
- Pourquoi 70% des congolais vivent avec moins de 2$ par jour ?
- Parce qu'ils n'ont pas de travail régulier.
- Pourquoi n'ont-ils pas de travail ?
- Parce que l'économie ne génère pas suffisamment d'opportunités d'emplois.
- Pourquoi un pays en développement ne génère-t-il pas suffisamment d'emplois ?
- On peut alors faire l'erreur de dire que c'est en raison d'un déficit d'aide au développement ou chercher une autre voie: parce que trop d'argent est détourné des caisses de l'état et que l'argent qui y reste est affecté sur des réalisations non prioritaires.
- Pourquoi une telle mauvaise gouvernance ?
- Parce que la nature humaine est ainsi faite que la plupart des êtres humains qui possèdent un pouvoir sont facilement tentés par l'abus de pouvoir pour peu que les conditions s'y prètent. On peut même penser que plus les enjeux financiers sont grands, plus la tentation est grande.
- Pourquoi les conditions sont-elles favorables dans le cas d'un pays pétrolier africain ?
- Parce qu'il n'y a pas de transparence dans le secteur pétrolier international et qu'il existe des paradis fiscaux
Cela pourra sembler tiré par les cheveux pour plusieurs d'entre vous. Mais en utilisant différentes méthodes vous aboutirez au même résultat. C'est la grande leçon que l'on peut tirer du livre de Xavier Harel sorti récemment. Les pays du G8 et la Chine ont tout intérêt à jouer du double langage. On a le coeur sur le main en promettant toujours plus d'annulation de dette et d'aide au développement. Mais derrière on maintient l'opacité sur les industries extractives et les flux financiers internationaux pour permettre aux pays riches de quadrupler leur mise.
Certains chiffres sont très instructifs. En 2004, le montant annuel de l'aide publique au développement au niveau international se situait autour de 60 milliards d'euro (Source: monde diplomatique "une nécessaire réforme de l'aide internationale"). En 2006, les golden boys de la City vont se partager un pactole de 13,2 milliards d'euro rien que pour leur prime de fin d'année. Ces golden boys dont le grand mérite est de savoir jouer de la spéculation, manager des fusions-acquisitions bénéfiques pour leurs actionnaires ou de maîtriser parfaitement les possibilités offertes par les paradis fiscaux pour leurs clients présidents de pays pauvres très endettés (A propos des financiers et de l'adage "l'argent n'a pas d'odeur", le chapitre sur le scandale de la Riggs Bank avec le dictateur guinéen Teodoro Obiang Nguema est un must à lire dans "Afrique pillage à huit clos"). 4000 super-privilégiés de la City percevront même une prime moyenne de 1,5 million d'euros (Source article du monde du 22 décembre 2006: "Les rémunérations dans la finance explosent, la polémique enfle"). On comprend pourquoi la Grande-Bretagne s'érige en modèle pour l'aide au développement mais surtout en contre-modèle quand il s'agit de faire la peau aux paradis fiscaux. Il faudrait 2671 ans à 70% des congolais pour accumuler une telle somme en ne dépensant rien... Pour en finir avec les chiffres: le budget annuel du Venezuela est de 60 milliards de dollars. Ce pays est lui aussi, comme les pays pétroliers africains, en proie à une gestion arbitraire des ressources et une corruption généralisée.
Ce constat n'est pas nouveau. L'association française "survie" de Francois-Xavier Verschave et les ONGs anglo-saxonnes"Global Witness", "Publish what your pay" et "Transparency internationale" dénoncent depuis plusieurs années la protection de règles internationales qui permettent à des dictateurs de se maintenir, d'enrichir leurs clans et d'appauvrir leurs peuples pour permettre à nos pays occidentaux de garantir 1/2 ou 1 point supplémentaire pour notre déesse croissance qui conditionne toute notre économie. Survie donne 8 propositions pour changer la politique de la France à l'égard de l'Afrique. Toutes les propositions sont à prendre en compte. Mais il me semble qu'il est nécessaire de fixer des priorités qui touchent en fait à une remise en cause plus globale de la politique des pays riches vis à vis des pays pauvres et principalement des règles l'exploitation et la vente des ressources naturelles. Les points suivants du site de survie sont essentiels:
3. Lutter contre l'impunité
Création d’une agence internationale pour la régulation du commerce des minerais précieux (de type diamants, or...) : label d’origine, certification, traçabilité des transactions et pouvoir de sanction.
Au niveau international
7. Lutter contre les réseaux de criminalité internationale, de blanchiment et d’évasion fiscale
- Suppression du Franc CFA, qui favorise l’évasion des capitaux et la sujétion des politiques économiques des Etats africains, et instauration d’un code d’investissement contraignant,· Application stricte du droit existant en matière de régulation et de transparence bancaire et financière dans tous les Etats membres de l’UE ainsi que dans les territoires qui en dépendent : Monaco, Andorre, Jersey, Guernesey...
- Renforcement de la coopération européenne entre autorités judiciaires et fiscales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale et contrôle strict, au niveau national et européen, des sociétés de compensation,
- Renforcement vigoureux du mandat et des moyens du Groupe d’Action Financière Internationale (GAFI) à l’encontre des « territoires non coopératifs » (notamment les centres financiers off shore) en lui permettant des contrôles sur le terrain de l’application des normes internationales en vigueur contre le blanchiment et l’évasion fiscale, et en lui attribuant des pouvoirs de sanction dissuasifs,
- Renforcement de la coopération internationale au sein du Forum de Stabilité Financière (FSF) pour assurer la surveillance et la régulation des marchés financiers,
- Promouvoir l’instauration d’une norme internationale contraignant les entreprises et les gouvernements à publier tout paiement effectué dans le cadre de l’exploitation de ressources naturelles (plus contraignante que l’Initiative de Transparence des Industries Extractives).
8. Travailler à la construction d’une gouvernance mondiale représentant et défendant les intérêts des peuples
- Instauration d’un code international en matière d’investissement local par les entreprises multinationales,
Réorganisation des conseils exécutifs de la Banque mondiale et du FMI afin d’augmenter le nombre de sièges revenant aux pays du Sud, et subordination de ces institutions aux obligations et Conventions internationales en matière de respect des droits fondamentaux(pas tant que les sièges iront à des représentants des pays du sud qui ne sont que des vassaux de puissances du G8, oui à partir du moment où ils servent les intérêts de leurs peuples respectifs)- Création d’une Commission de respect des droits humains et de consolidation de la paix, au sein de l’ONU, dotée de réels pouvoirs en terme d’opérations de maintien de la paix, et subordination des interventions militaires de l’ONU à cet organisme,
- Ré-affirmation et mise en pratique de la primauté du droit international des droits humains, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme ainsi que dans les Pactes internationaux de 1966 relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels, qui doit être appliquée de façon coercitive à l’égard des États, des entreprises et des individus,
- Transformation du Conseil économique et social de l’ONU en une véritable Autorité internationale en matière économique et sociale.
Cette note est longue mais je devais justifier les voeux qui vont suivre pour cette nouvelle année. Ma conviction est faite, les opposants du Congo, du Gabon, de Guinée, d'Angola, du Nigéria, du Venezuela, et des autres pays riches en ressources naturelles s'usent actuellement à dénoncer les gabegies, la mal gouvernance, l'appauvrissement et l'humiliation dans leur pays respectif. Il faut clairement que cette lutte continue. Bien évidemment plusieurs dictateurs, profitant de conditions excellentes, n'ont plus aucune limite dans le pillage de la rente liée aux ressources naturelles et s'enrichissent éhonteusement alors que leur peuple crève dans la misère. Mais ce n'est pas suffisant ! Je suis même tenté d'écrire que n'est pas la priorité. La priorité est d'éliminer les conditions qui permettront à un autre dictateur de prendre la place du précédent dans un cycle sans fin. Pour moi, ces conditions restent à ce jour l'opacité sur la gestion des ressources naturelles et l'existence de paradis fiscaux.
Je souhaite donc pour 2007 une mobilisation des peuples lésés d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'ailleurs, derrière les ONG citées au-dessus avec le soutien des bonnes volontés occidentales pour réclamer aux pays du G8 de sortir de leur double langage. Afin qu'ils adoptent enfin des règles internationales respectueuses des peuples du sud même si cela doit coûter de la croissance à leur économie. Nous sommes tous sur la même planète, non ?
Si vous vous reconnaissez dans ces voeux, vous pouvez laisser un commentaire sur ce blog avec votre nom ou pseudo et votre pays d'origine (c'est pas une enquête pour Sarkozy... ;-). Sinon, vous pouvez aussi laisser un commentaire pour dire pourquoi !
19:45 Publié dans Afrique, Humeurs, Présidentielles 2007, République du Congo | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Afrique, Voeux 2007, Aide au développement, Pays riches, corruption
14/11/2006
Sassou sur TV5 - Europe 1 (10)
Episode 10: Sassou, les financements innovants et les préjugés
Journaliste: Monsieur le Président à propos des situations extrêmement difficiles, dramatiques de l'Afrique. Il y a la question du SIDA, euh, le président Jacques Chirac est à l'initiative d'un plan Unitaid pour collecter des fonds hors budget afin de venir en aide, tenter de pallier ce, règler en tout cas une partie de ce drame. Qu'est-ce que vous vous en pensez ? Est-ce que c'est une bonne idée, euh, est-ce que cela peut changer les choses ?
DSN: Euh, d'abord, j'étais venu ici à Paris. Je crois que, euh, c'était mon avant dernier voyage. J'étais ici à Paris, à l'Elysée. J'ai pris part, euh, à la conférence sur les financements innovants.
Journaliste: Les billets d'avion, notamment.
DSN: Sur les billets d'avion. J'ai salué l'initiative et j'avais déclaré que le Congo adhérait à cette initiative. J'encourageais les dirigeants africains à adhérer à cette initiative là. Récemment encore à New-York, nous avons officiellement lancé l'Unitaid, et, euh, y'a, euh, un cadre Congolais qui, euh, a, je crois qu'il est à Genève en ce moment, et il prend part à la réunion conseil d'administration de l'Unitaid. Donc, c'est une initiative que nous soutenons.
Journaliste: Vous pensez, c'est utile ?
DSN: C'est très utile. Très utile.
Journaliste: Mais qu'est-ce qui garanti que cet argent ira bien à ceux qui en ont besoin ? Y'a des évaporations, y'a des réseaux de corruption, on est sûr que cet argent arrivera bien à ceux qui en ont besoin ?
DSN: Bon, et ben, on ne va s'enfermer dans des préjugés.
Journaliste: On n'est pas enfermés, on pose des questions.
DSN: Bon, on ne va pas s'enfermer dans des préjugés. Je pense que, euh, un mécanisme, euh, sera mis en place pour que, euh, l'argent arrive, euh, effectivement à ceux qui en ont besoin.
Journaliste: Vous nous dites les préjugés, etc..
DSN: Parce qu'il y en a. Pas ici, pas ici. Mais largement répandus qu'en même.
Journaliste: Monsieur le Président, quand on parle de votre pays et surtout du Continent Africain, est-ce que vous pensez que l'on en parle bien ? [Sassou ne répondant pas, le journaliste précise la question] Qu'on en parle convenablement, correctement, dans le respect de ce que sont les africains ?
DSN: Avec quelques préjugés. Nombreux sont ceux qui parlent de l'Afrique sans y avoir mis les pieds et ils n'ont jamais les pieds et, euh, c'est des clichés qu'ils, euh, qu'ils, euh, remuent à longueur de journée. Et il serait bon qu'ils viennent en Afrique, qu'ils apprennent à connaître l'Afrique, ils sont nombreux ceux qu'ils parlent de l'Afrique sans avoir mis les pieds en Afrique. Et ça je pense que c'est...
Journaliste: Vous avez vu qu'il y a des leaders français qui se dépêchent d'aller au Sénégal ou en Afrique. Vous avez vu, il y a eu tout un ballet de gens qui ont défilé dans ces ... à Dakar. Pourquoi on va moins dans votre pays, à Brazzaville, vous n'avez pas de boubou à distribuer ?
DSN: Nous, nous recevons à Brazzaville, euh, de nombreuses, euh, personnalités et, euh, françaises, euh, européennes...
Journaliste: Qui viennent faire leur campagne chez vous, leur campagne française...
DSN: Non. Du tout. Euh, y'a, euh, quelques jours la troïka européenne, euh, s'est rendu à Brazzaville dans le cadre de la préparation du sommet Afrique-Europe. Donc, euh, .. c'est pas une affaire de boubou, je ne sais pas si les dirigeants, vous n'allez tout de même pas penser que les dirigeants français ou européens vont à Dakar pour chercher un boubou, non, je ne pense pas. Je ne crois pas qu'ils fassent cela.
A suivre... Episode 11: Sassou et les investisseurs étrangers (en particulier la France) (Vendredi 17 Novembre)
00:10 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Financement Innovants, détournements, corruption, Sassou, Afrique, Aide humanitaire




