25/06/2006

Une longue histoire sur l'eau salée

Un peu d'embruns, de vagues, d'eau salée, de police maritime, d'insconscients et de voileux

Le 23 Août 2002 restera à jamais gravé dans ma mémoire comme un des moments les plus angoissants de mon existence.

Le port de pin rolland à Toulon


Quelle idée m'était passée par la tête quand je m'étais mis à apprécier la voile ? J'avais d'abord fait plusieurs week-end avec mon CE. Je suis passé ensuite à des croisières de 10 jours sur un ancien voilier qui participait dans le temps à la transat anglaise. En 2000, je rallonge encore la durée des expériences maritimes. Nous faisons cette année là une première croisière de quinze jours en méditerranée avec un couple d'amis marseillais rencontrés sur les pistes de ski de la station de Luc Alphand.

Notre itinéraire comprend Porquerolles, Port-Crau, Port-Grimau, Cannes, les îles de Lerins et le retour sur Toulon en nous arrêtant de nouveau dans les différentes îles. Quelques souvenirs avec Christophe qui nous a chassé une murène entre l'ile Saint Honorat et l'ile Sainte Marguerite. Nous nous faisions une joie de la déguster au dîner ce soir là. Quelle déception, tant la bête était immangeable car bourrée d'arêtes. Mais le souvenir le plus comique étant le sauvetage que nous avons effectué en revenant de Saint Honorat.

Le même bateau qu'Heloise amarré dans le port principal de Porquerolles


Je vous décris le tableau. Nous sommes au près, sur notre tribord un couple de personnes d'un age avancé nous fait des signes désespérés. Nous enclenchons le moteur et affalons les voiles pour faire une manoeuvre d'approche de ces étonnants personnages. Ce couple est sur un voilier mais ils ne savent pas s'en servir. Ce qui est fort problématique car leur moteur vient de les lâcher. Nous lançons un bout pour que le septuagénaire le rattrape avec la gaffe. Au bout de plusieurs essais infructueux, il réussit enfin à s'en emparer. Malgré notre consigne de passer le bout par le chaumard, ils s'y mettent maintenant à deux pour tenir le cordage sans l'attacher nulle part. Le monsieur nous demande alors de les tracter jusqu'au Yachting Club en nous précisant qu'il en est le président. Nous ne relevons pas. Par contre, nous n'en pensons pas moins. Une fois dans le port, il lache le cordage et avec l'inertie l'embarcation se dirige vers une place libre. Nous jetons un dernier regard pour voir qu'ils viennent de perdre leur gaffe dans la mer et qu'un groupe de personnes arrive à leur rescousse. Nous nous éclipsons en abandonnant monsieur le Président à une fin de sortie bien ridicule.

La dernière annecdote significative de notre croisière intervient dans un des derniers jours. Nous sommes au mouillage devant une grande plage de Porquerolles. Nous ne sommes pas les seuls. Une bonne trentaine de bateaux sont à l'arrêt dans notre zone. Christophe décide de partir faire son commandant Cousteau dans les alentours. Il met sa combinaison et s'en va faire un peu d'apnée vers un bloc de rochers. Pendant que leur fils et ma fille jouent, nous entâmons une discussion avec la femme de Christophe. Une poignée de dizaine de minutes passent. Soudain, la police maritime arrive et demande à l'ensemble des bateaux de notre secteur de quitter les lieux.

Nous faisons la sourde oreille et cherchons des yeux Christophe. Il est impossible à repèrer. Nous tentons de discuter avec les policiers mais ils ne sont pas d'humeur. Ils nous expliquent que nous nous trouvons sur une zone de taxifolia. Cette algue tueuse détruit peu à peu l'écosystème méditérranéen en se substituant à la posidonie. Nous n'avons pas le choix. Nous démarrons le moteur et partons plus loin. J'imagine en souriant la tête de Christophe s'il sort la tête de l'eau au moment où son bateau part avec sa femme et son fils...

Cela était vraiment très drôle à part le fait qu'une fois repéré le tueur de murènes, il ne me restait plus qu'à prendre l'annexe et à ramer pour aller le rechercher.

sailing,voile,photo


Des marins privés de mer

Après cette première longue croisière, j'ai laissé passer 2 ans avant d'attaquer cette épique épisode de 2002. L'été 2001, j'ai continué dans des aventures nord-africaines par un petit périple en Tunisie. Mais cela est une autre histoire...

En 2002, nous descendons à Marseille en avion depuis Paris pour rejoindre nos compagnons d'aventure. Nous nous rendons à Toulon pour préparer le bateau et nous occuper de l'avitaillement. La femme de Christophe étant enceinte de 6 mois, une règle d'or est adoptée : nous ne ferons pas de navigation au-delà de force 5. Nous prévoyons cette fois-ci de descendre jusqu'à Barcelone et pour partir dans les meilleurs conditions nous préfèrons attendre un vent favorable. Durant cinq jours le vent vient de l'ouest et la houle est importante.

Maintenance des feux du haut du mât

Nous en profitons pour faire la maintenance des feux qui se trouvent en haut du mât. C'est toujours amusant de faire un peu l'équilibriste. Ai-je destabilisé la balise Argos dans les différentes opérations effectuées là haut ?

Baie de Toulon vue des hauteurs

Nous faisons également du Karting sur la presqu'île de Giens. J'ai découvert à cette occasion qu'ils fabriquaient des karts à 2 places. Ceci m'a permis de faire quelques frayeurs à ma fille en véritable père indigne que je suis. Nous faisons également des ballades sur les hauteurs pour avoir une magnifique vue sur Toulon et Saint-Mandrier.

Mais à force, le trampoline, les ballades, le karting et les acrobaties diverses sont des activités lassantes quand on est venu pour faire de la voile. Cependant le constat est vite fait. Même dans le port, l'eau est fortement agitée. Ce qui laisse imaginer ce qui se passe au large ! Nous avons une règle d'or à tenir. Il n'y a que cela qui compte. Nous ferons également une sortie ciné pour voir MIB II.

medium_port.jpg


Un voilier au moteur qui ne tient pas la distance

Finalement après 5 jours d'attente, le vent tourne. Il n'est pas portant mais nous évitera de multiplier les virements de bord. Nous décidons de faire une très longue première étape. Nous partons de Toulon et visons Palavas Les Flots. Nous ferons une navigation de nuit pour y arriver. Nuit qui nécessitera une certaine concentration car nous sommes au large de Fos Sur Mer alors qu'il fait déjà nuit. Il faut être attentif aux sorties des Tankers et à la houle croisée engendrée par l'arrivée des eaux du Rhone en méditérannée. Nous gardons cependant un oeil sur le magnifique ciel étoilé de ce mois août. Les choses se passent sans encombre. Christophe et moi nous partageons les quarts à la barre. Le lendemain le vent disparaît complètement. La mer est étale. La fin de l'étape au moteur est interminable. En fin d'après-midi nous amarrons condiments* dans le Port de Palavas les Flots. Le restaurant tournant nous surplombe. Nous décidons d'y prendre notre dîner et par chance nous y trouvons une table sans avoir réservé, ce qui est visiblement un exploit.

Restaurant tournant de Palavas les Flots


Le lendemain nous réduisons la longueur de l'étape pour rejoindre le Cap d'Agde. Nous enchaînons ensuite sur une étape plus longue pour rejoindre Argelès (Nous visions plutôt Collioure ou Port-Vendres mais à cette époque de l'année les places de port sont rares). Nous sommes un samedi. Nous prévoyons de passer la frontière espagnole le lendemain.

C'est avec envie que nous appareillons le dimance matin pour passer le cap Cerbère. Nous sortons du port au moteur. Je suis dans la cabine pour préparer la navigation. Les enfants finissent leur petit déjeuner sur la table du carré. Soudain Christophe nous crie de sortir. Nous sortons tous, le moteur est coupé mais une fumée pas sympathique s'échappe du caisson moteur. Nous voilà donc sans moteur. Nous laissons dériver un peu pour jeter l'ancre en dehors du passage d'entrée et de sortie du port. Après avoir pris contact avec les autorités du port, nous nous faisons remorquer à quai.

Un dimanche même en plein été c'est plutôt difficile de trouver un mécano ou alors déjà fort chargé. En fouillant dans les pièces de rechange que nous avons à bord, nous trouvons un rotor de la pompe à eau de mer. La documentation nous informe que c'est une pièce fort fragile. La présence à bord de cette pièce laissée par le précédent propriétaire nous suggère que nous devons tenir la pièce stratégique. Les discussions avec nos voisins d'amarrages nous confirment cette hypothèse quand nous évoquons les symptômes de la panne moteur. Malgré l'inaccessibilité de cette partie du moteur nous nous mettons au travail pour changer la pièce déficiente. Quand nous sortons la pièce précédente nous sommes certains d'avoir résolu notre problème. Le rotor en place a perdu quelle pales qui devaient avoir une certaine utilité. Une journée de navigation de perdue et trois heures d'expérience mécanique en plus.

La frontière espagnole sera pour le lundi.

Le temps se fait court

C'est dans un temps britannique que nous hissons les couleurs espagnoles. Nous n'y voyons pas à 10 mètres. Le vent est faible. Le silence est pesant. Il est parfois interrompu par le bruit d'un hors-bord lancé à pleine vitesse. Nous nous attendons à chaque fois à nous faire découper en deux par un abruti qui ne se contente pas d'être un meurtrier potentiel sur route mais également sur mer.

Port de la Selva


Finalement, nous atteignons le port espagnol qui devait être notre première étape dans ce pays (Port de la Selva).

medium_port_de_la_selva.jpg


Musée Dali à FiguerasLe retard du départ, les ennuis avec le moteur, le manque de vent et l'anticipation du retour à Toulon nous obligent à restreindre nos ambitions. Nous ne pourrons pas atteindre Barcelone sans risquer de ne pas être de retour pour l'avion de Paris que nous avions réservé. Nous sommes descendus jusqu'à la Escala en passant devant Cadaquès (Village de bord de mer rendu célèbre par Salvador Dali). Après avoir cherché chez plusieurs loueurs, nous avons trouvé une voiture pour 3 jours. La première journée, nous nous sommes rendus à Figueras pour visiter le musée Dali.

Musée Dali à Figueras


Le lendemain nous nous rendons à Barcelone pour y visiter plusieurs sites où l'empreinte de Gaudi est dorénavant indélébile.

La visite de Barcelone est en images. J'ai créé un album qui reprend quelques photos des oeuvres de Gaudi, en particulier la Sagrada Familia. Il y a aussi quelques photos du parc que l'on voit dans le film "L'auberge Espagnole" de Cédric Klapisch avec Romain Duris, Cécile de France, Audrey Tautou et Judith Godrèche entre autres.

Album Photo : Barcelone (2002)

C'est maintenant que l'affaire se gâte avec la météo qui se dégrade

medium_11111.jpgLe 22 août, nous faisons d’une traite Port-Vendres à Port-Camargue, il n’y a pas de vent et nous finissons au moteur et nous amarrons à la station service du port à 1 heure du matin. A 6 heures du matin des coups de pieds dans la coque nous réveillent. Le gérant de la station service nous fait comprendre qu’il faut que nous décampions. A moitié endormis, nous appareillons sans avoir pu prendre la météo. Nous voilà partis dans un épisode très angoissant. Le début de la navigation commence tranquillement sans réel souci. Les bulletins météos pris à la radio n’annoncent rien de particulièrement inquiétant. Pourtant dans la matinée le ciel à l’horizon commence à se couvrir de nuages menaçants qui ne présagent rien de bon. Nous décidons de nous équiper quand il devient clair que nous nous dirigeons droit sur un grain. Nous ne nous doutions pas, alors qu’il était 11 heures du matin, que nous allions garder nos harnais pendant les 13 heures suivantes.

Le premier grain passé, un second lui succède, puis un suivant jusqu’à réaliser que nous sommes en pleine tempête. Nous sommes à la voile, nous faisons bord sur bord en face des Saintes-Marie de la Mer et ses bancs de sable. Je descends fréquemment pour faire le point à la table à cartes. Nous avons beau faire, nous n’avançons pas. Pire, les éléments contraires nous ramènent d’où nous venons. Pendant une à deux heures nous nous entêtons à rester toilé. Nous sommes encouragés par la vision d’un autre voilier luttant lui aussi avec les éléments. Le vent ne cesse de forcir. Nous avons rencontré le premier grain à force 6-7. Nous en sommes maintenant à 7-8 beaufort.

Nous ne voyons plus l’autre bateau, compagnon d’infortune dans cette mer déchaînée. A-t-il renoncé ? Est-il parti plus au large pour s’écarter des bancs de sables ? Nous ne le saurons jamais. Nous décidons de ne pas renoncer mais de changer de stratégie. Nous allons continuer au moteur avec 2 ris dans la grand-voile. Pourvu que le rotor de pompe ne nous lâche pas une nouvelle fois. Nos talents de mécaniciens étaient-ils suffisants ?

Nous inversons la tendance, à la carte je constate que nous gagnons péniblement dixième de miles par dixième de miles. Mais le vent continue de forcir pendant le reste de l’après-midi. La nuit commence à tomber et nous n’avons pas atteint le point critique de Fos sur Mer. L’endroit où l’arrivée du Rhône et la houle se conjuguent pour donner une mer si difficile. Je continue de faire fréquemment le point. A chaque descente dans la cabine, je dédramatise la situation auprès des enfants et de la femme de Christophe qui ne doit pas être dupe. Quand nous sommes à force dix, je demande à Christophe quelles solutions de replis il y a. Sa réponse me glace le sang, les seuls ports possibles sont à Marseille. Marseille est à 30 miles nautiques après Fos. L’autre alternative c’est la fuite, à savoir se laisser porter par le vent vers notre point départ. Ce qui en fait nous ramènerait à Sète avec une forte probabilité de nous échouer sur un banc de sable. Je tente de contacter le CROS pour me renseigner sur les évolutions de la météo et au moins signaler notre position, impossible de les joindre. Nous apprendrons le lendemain que leur émetteur était tombé en panne à cause de la tempête. Pour couronner le tout Christophe me montre l’étui ouvert de la balise Argos au sommet du mât. Nous continuons d’avancer à raison d’1 ou 2 miles par heure.

La situation est stressante. Parfois Christophe me fait remonter en urgence pour choquer la grand-voile alors qu’une rafale couche notre frêle embarcation. Je surveille la jauge à carburant car la capacité de notre réservoir ne nous permet pas d’atteindre Marseille sans ravitaillement. Je devrais dans un tel déchaînement de vagues me rendre à l’avant du bateau avec un bidon de gasoil pour remplir le réservoir. Cette perspective m’enchante peu. Mais Christophe étant à la barre, il n’y a que moi pour cette tâche. Après avoir de nouveau surveillé notre niveau de carburant, je calcule notre route vers le port de Pointe-Rouge. Mes calculs m’indiquent que le cap que nous tenons nous permet de passer tout droit vers le port en laissant le phare du Planier à tribord et les îles du Frioul à bâbord. Nous avons finalement un peu de chance dans cette tempête. Même si Christophe est sceptique sur ma navigation, craignant que nous nous approchions trop du phare ou des rochers qui entourent les îles. Je suis pour ma part serein sur mes calculs.

Alors que je suis une nouvelle fois en cabine, Christophe me crie violemment : « Patrice, tu t’es planté ! ». Je remonte précipitamment. Alors que le bateau émerge d’une vague, des lumières sont apparues droit devant nous à quelques centaines de mètres. Vers quelle terre allons-nous nous écraser ? Est-ce un mauvais calcul de ma part ? L’Atlantide est-elle en train de réapparaître devant notre frêle esquif ? Soyons rationnels, tout cela n’est que le fruit de notre imagination. Quand nous observons que ces lumières sont en mouvement nous réalisons notre erreur de jugement. C’est un super Tanker qui a quitté Fos et qui suit tranquillement sa route comme si les creux, qui m’impressionnent tant, n’existaient pas. Nous ne savons pas s’il nous a vu mais sa vitesse était suffisante pour que nous croisions son sillage plutôt que nous nous fassions déchiqueter par sa coque métallique. C’est une nouvelle frayeur dans cette journée déjà bien chargée.

Nous n’avons pourtant pas de répit, la jauge arrive à un seuil critique. C’est le moment de prendre son courage à deux mains et d’aller remplir le réservoir dont l’accès se trouve au milieu du pont. Plus tôt dans la soirée, j’avais recherché une autre embouchure. Sans succès, le seul point d’entrée se trouvait au milieu du pont. Nous commençons par déterrer le bidon de gasoil qui se trouve dans les équipées du cockpit sous une masse de bouts, de matériels de plongée et de pêche. Cela a déjà été une sacrée prouesse, vu les circonstances. J’écoute d’une oreille distraite et fatiguée les explications sur le fonctionnement du système de remplissage. Trop distrait, une fois au milieu du pont, je monte le système à l’envers. Christophe est furieux. Je rectifie rapidement l’erreur avant que de l’eau salée ne puisse s’introduire dans le réservoir ce qui serait une catastrophe pour notre moteur et par la même occasion pour notre destination finale. Me voila en équilibre au milieu du pont, mon dos protège l’ouverture de l’eau qui s’écrase sur moi. Le réservoir met un temps infini à se remplir. Mais l’opération est menée à son terme sans conséquence néfaste.

Finalement, ma route était bonne. Nous laissons le phare du Planier à tribord comme prévu. Quelques instants après nous longeons les masses sombres du frioul. Nous sommes en baie de Marseille. C’est sans doute l’une des rares fois où un parisien a été si content de voir les lumières de la ville phocéenne. Voila enfin les petites lueurs vertes et rouges qui marquent l’entrée du port de Pointe-Rouge. Dans la baie la force du vent est plus faible. L’angoisse est terminée, nous sommes arrivés à bon port. Nous prenons la première place inoccupée que nous trouvons. Il y avait peu de chance que l’on vienne nous en déloger par le temps qu’il faisait.

La femme de Christophe et les enfants montent à l’appartement de Marseille. Nous sommes plus que 2 sur le voilier. Je vais chercher le journal pour voir ce qu'ils racontent sur cette tempête. Je découvre que nous n'étions pas les seuls dans la panade.
le Kalinga à Marseille après la tempête


Nous ne sommes plus que 2 sur le voilier. Le hors-bord (un « promène-couillons » comme l’appelle les voileux que nous sommes) à qui nous avons pris la place, se présente pendant leur absence. Au moment où nous longeons le quai nous apercevons les enfants. J’attrape le ravitaillement en marche. Direction le port d’attache de « condiments ». Encore une journée de mer alors que nous sommes complètement épuisés. Nous avons beaucoup d’heures de sommeil à rattraper. Le temps sera bon pour nous, même si à plusieurs reprises nous observons de violents orages dont la route évitera finalement la notre.

Maintenant quand je regarde la scène finale du film "En pleine Tempête", c'est avec des frissons que je suis des yeux le bateau qui escalade la vague fatale.