20/02/2007
Les dictateurs préfèrent emprisonner les militants plutôt que mettre en place des règles de bonne gouvernance
Les dictateurs n'aiment vraiment pas la transparence. Sauf celle des nombreuses baies vitrées qui ornent leurs luxueuses demeures payées sur le sang de leurs peuple. Après Mounzeo et Makosso* qui n'en finissent pas d'être tyrannisés par le régime Congolais, c'est maintenant à l'Angola de se faire remarquer en emprisonnant une ardente militante pour la transparence internationale: "Sarah Wykes, partenaire du Secours Catholique sur la campagne Publiez ce que vous payez, via l’ONG Global Witness pour qui elle travaillle, a été arrêtée en Angola ce dimanche. Global Witness, une organisation oeuvrant en faveur des droits de l’homme et contre la corruption, exige la libération immédiate et inconditionnelle de leur employée Dr. Sarah Wykes , une activiste internationale hautement respectée faisant campagne contre la corruption.
Dr Wykes a été arrêtée par des policiers angolais armés dimanche 18 février 2007 au matin à Cabinda, alors qu’elle se trouvait en Angola, un pays riche en pétrole, pour rencontrer des représentants de la société civile locale et discuter des progrès dans la transparence du secteur pétrolier angolais.
Elle a été arrêtée et emmenée de son hôtel à un commissariat de police, n’a reçu ni nourriture ni eau pendant au moins 5 heures avant d’être inculpée et détenue dans une prison locale tard hier soir.
Selon les informations disponibles Dr Wykes a été accusée d’espionnage et a été emmenée au tribunal de Cabinda ce matin. Aucune preuve justifiant cette accusation n’a été fournie. Les autorités angolaises refusent le choix d’avocats du Dr Wykes et insistent pour lui assigner un avocat du gouvernement. Son appareil photo et sa clé USB ont été confisqués.
Dr Sarah Wykes est une activiste infatigable, faisant campagne pour la transparence dans le secteur pétrolier et son arrestation et détention sont une atteinte à ses droits humains. Elle doit être libérée immédiatement et inconditionnellement."
Encore un ami de Jacques Chirac à l'honneur...
* Ces deux militants congolais cités par Paul Wolfowitz pour leur bravoure mais cités à comparaître devant les tribunaux de leur pays car ils osent dénoncer les dérives d'un clan aux dépens de tout un peuple.
Wolfowitz : "I am hopeful that this time it will turn out differently and the major reason I am hopeful is because I see a much, much more active civil society. I’ve been around the world and most importantly in Africa. I had the privilege during the course of (inaudible) to meet two very brave civil society representatives to the Republic of Congo who literally at great personal riskhad called attention to problems of transparency in their country."
20:05 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarah Wykes, prison, angola, dictateur, tranparence, angolagate, global witness
09/11/2006
Sassou sur TV5 - Europe 1 (7)
Episode 7: Sassou, la politique et les opposants
Journaliste: Quand on vous dit cela dans votre pays, vous dites on est des détracteurs. On peut vous le dire ou on va en prison ? Je ne suis pas allé au Congo-Brazzaville, je ne sais pas.
DSN: Bon, il n'y a pas de prisonniers d'opinion dans notre pays. Et la loi l'interdit d'ailleurs.
Journaliste: Et il n'y en aura pas ?
DSN: En tout cas pas, pas sous ma responsabilité.
Journaliste: On peut critiquer Sassou-Nguesso sans avoir des ennuis.
DSN: Bon, la, la, la presse écrite au Congo est à 99% de l'opposition. Et il n'y pas de journaliste...
[Dans le brouhaha on devine cet échange exceptionnel ] :
Un journaliste en ricanant: Elle ne doit pas avoir beaucoup d'influence si vous êtes encore au pouvoir.
DSN très sérieusement prouvant qu'il n'a rien compris de la boutade: Ah ben, la preuve, j'y suis.
Journaliste: On parlait à l'instant des ressources pétrolières. L'un de vos collégues, Abdoulaye Wade le Président du Sénégal dit que en Afrique c'est plutôt une calamité que d'avoir des ressources pétrolières parce que le peuple ne le voit pas, ça génère des guerres civiles, des coups d'états et de la corruption. Il dit, moi j'ai de la chance, j'ai pas de pétrole.
DSN: Mais enfin. Cela n'engage que lui.
Journaliste: Qu'est-ce que vous en pensez ?
DSN: Je n'en dis rien. Je préfère ne pas faire de commentaire sur cette.... Je crois que tous les chefs d'états africains souhaiteraient avoir un peu de pétrole chez eux.
Journaliste: Mais il y a aussi cette question est-ce que les Congolais vont voir efficacement les produits de ces richesses de leur sous-sol ?
DSN: Je suis persuadé que non seulement, euh, euh, ils le voient mais ils le verront davantage. bon.
Journaliste: Je viens d'apprendre par mon assistante qui est de l'autre côté de la vitre que Monsieur Abdoulaye Wade vient d'être proposé par son parti pour qu'en 2007, il poursuive son mandat après des élections, qu'il soit le candidat. C'est très bien si les Sénégalais l'élisent mais, euh, vous pensez que là aussi l'alternance peut avoir lieu de manière démocratique ? Si on l'élit ou on l'élit pas.
DSN: Je suis sûr que c'est, c'est, ce qui pourrait se produire au Sénégal. C'est...
[Brouhaha indescriptible]
Journaliste: L'age des Présidents. sans vouloir être irrévérencieux, on peut être président autour de 85 ans ? Partir pour un nouveau mandat. Comment se fait-il que des élites nouvelles ne puissent pas prendre le relais ?
DSN: Dans notre pays, euh, euh, à plus de 70 ans, on n'est, on n'est, on n'est plus éligible. La constitution prévoit qu'à 70 ans on ne peut plus se présenter.
Journaliste: Encore une différence avec le Sénégal, Monsieur le Président.
A suivre... Episode 8: Sassou et les amitiés françaises (Jeudi 9 novembre)
00:15 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : prisonniers politiques, Congo, politique, Sassou, opinion, prison




