04/10/2007

Test ADN: Une très bonne idée

On fait tout un fromage pour cette histoire d'ADN. Mais finalement c'est une très bonne idée. Tout étranger entrant en France étant un délinquant en puissance, il suffit de reprendre les résultats du test pour les intégrer dans le fichier central des criminels. C'est une économie sur l'enrichissement du fichier et en fonctionnaires de police puisque les délais d'enquêtes seront raccourcis. Le jeune Sarkozy se fait voler son scooter, en avant les tests ADN pour confondre un étranger venu sur notre terre sacrée via la procédure de regroupement familial. C'est cette économie potentielle qui a facilité la modification de l'amendement pour faire prendre en charge les frais par l'Etat français.

A la première mouture de l'amendement, l'étranger devait payer les frais et saisir lui-même le résultat, via une interface web, dans le fichier central des délinquants.  Et cela même s'il n'avait que l'age de deux mois. Un enfant de deux mois qui réussi au test de la langue française doit également être familier avec le clavier AZERTY.

A part cela, le texte voté prévoit également d'interdire l'accès aux hébergements d'urgence pour les étrangers en situation irrégulière. La patrie des droits de l'homme renoue ainsi avec les fondamentaux. Nous évitons ainsi aux étrangers sans papiers une promiscuité avec les clodos qui leur serait particulièrement dommageable.

C'est une première étape dans la lutte contre l'immigration d'êtres humains vers la France. La seule immigration acceptable est celle du bois, du pétrole et de différents métaux à qui on fera ni test ADN, ni test de langue française. J'ai quelques suggestions pour notre brillant gouvernement humaniste:

Lutte contre les mariages blancs, un frottis vaginal et un test adn pour vérifier que le mariage a bien été consommé ou présence d'un huissier dans la chambre nuptiale pour au moins le premier rapport. Lutte contre la délinquance, tout étranger entrant en France devra porter un bracelet électronique pour que nous puissions constamment le géolocaliser.

Puisque nous nous asseyons tranquillement sur le principe d'égalité de notre constitution, je propose que le salaire des étrangers n'excède pas 2 fois le smic, que le nombre maximum d'enfants par couple d'étranger soit limité à 2 avec un demi enfant supplémentaire si l'un des deux conjoints est français. Tout enfant étranger aura une pénalité de 5 points sur ses notes scolaires. La franchise médicale des étrangers sera multipliée par 2. Les cotisations salariales et patronales pour les étrangers seront multipliées par trois.

Je vais arrêter là, j'ai l'impression d'écrire le programme électoral du front national.

En conclusion, les tests ADN c'est de toute façon anti-constitutionnel. On aimerait voir nos élus avoir autant de zèle pour la haute délinquance financière. Chirac n'est toujours pas en prison ? 

Encore une chose, je réclame également un test ADN rétroactif. Que l'on nous prouve que le petit Sarko avait bien le droit de rester en France. Si les tests sont négatifs, avec sa petite taille, je suis prêt à fournir le papier cadeau pour le renvoyer avec les hongres.

16/09/2007

Test ADN pour le regroupement familial

Brice hortefeux de nice casséJe classe cette note dans la catégorie "Sarkozy a dit et a fait", même s'il s'agit surtout de la politique de Brice "un étranger dehors c'est mieux !". Comme celui-ci est le bras armé de l'homme qui aime les africains, ce ne sera injure ni pour l'un, ni pour l'autre.

Voilà un nouvel amendement qui risque de se faire taper bien violemment par le conseil constitutionnel. "Un amendement déposé par le député Thierry Mariani et voté mercredi dernier par la commission des lois de l’assemblée nationale est à l’origine d’une tempête. Le texte dont le député UMP est à l’origine, et qui prévoit des tests ADN lors de demandes de regroupement familial, pourrait contraindre les candidats à l’immigration à prouver génétiquement leur filiation." (source: agoravox). De toute façon à 300 euros le test ADN, les étrangers iront acheter un test bidonné à 10% de ce prix.

Voilà, qu'il faudra que l'on prouve la filiation par un test ADN pour avoir droit au regroupement familial. Voilà une notion bien intéressante. Le regroupement familial concernant les conjoints, faire venir seulement les conjoints consanguins risquent de faire mal à l'efficacité de la discrimination positive... Mais surtout dans le cas des enfants, c'est anticonstitutionnel puisque en totale contradiction avec la notion d'égalité et avec une loi qui existe sur les tests ADN.

Législation française: "En France, depuis l'entrée en vigueur des lois dites de bioéthique du 29 juillet 1994, l'article 16-11 du Code civil réglemente l'identification d'une personne par ses empreintes génétiques. Contrairement à d'autres pays francophones, notamment la Suisse, la Belgique et le Canada, la France interdit aux particuliers la consultation de laboratoires quant à leur recherche de paternité. En effet, en matière civile, le test de paternite ne peuvent être ordonnés que que dans le cadre d'une procédure judiciaire visant à établir ou à contester un lien de filiation." 

Et si l'enfant n'est pas l'enfant biologique de la personne qui est en France ?

Voici un texte qui est intéressant à ce propos: "En effet, la France fait actuellement figure de dernier bastion de la résistance aux tests de filiation génétiques en Europe. Autorisée librement dans la grande majorité des pays occidentaux, le test de paternité est pourtant soumis en France à des règles strictes. Ordonné par un magistrat dans le cadre d’une procédure judiciaire, le test de paternité peut faire l’objet pour le demandeur, s’il est intercepté par la douane par exemple, d’une peine d’1 an de prison et de 15.000 euros d’amende (art.226-28 du Code Pénal).


Mais alors, pourquoi tant de précautions ? Techniquement, il apparaît que ces tests effectués sans contrôle arbitraire, peuvent être faussés à un moment ou un autre de leur réalisation (erreur d’échantillonnage ; erreur de diagnostic…).

Selon Frédérique Granet, professeure de Droit à l’université R-S de Strasbourg, qui répondait aux questions du journal Le Monde (novembre 2006) « tout cela se déroule hors de toute procédure, de sorte qu’aucun expert judiciaire n’est désigné pour vérifier l’identité, l’échantillonnage et l’adéquation avec les résultats. On comprend que ces analyses n’aient aucune valeur juridique en France, où les expertises biologiques ne peuvent être ordonnées que par un juge saisi d’une action relative à la filiation et où elles sont pratiquées avec les garanties procédurales dues aux parties ».


Cependant, il faut aussi considérer l’aspect socio affectif qui demeure une composante majeure dans la relation parent- enfant.
La filiation est un fait complexe qui découle d’une vérité biologique, mais aussi sociale. Un enfant élevé par un homme qui lui prodiguera soins, affection et éducation, sera considéré par tous les acteurs de la société comme étant son enfant. Inversement, cet enfant reconnaîtra ensuite cet homme comme son père, et ceci, en dépit d’une réalité biologique qui pourrait indiquer le contraire.


De même, l’extrait de naissance désignera, sur le plan juridique, le père reconnu du nouveau-né, soit parce qu’il est le mari de la mère, soit parce qu’il se sera présenté à l’état-civil pour une « reconnaissance »officielle… Et pourtant, les exemples autour de nous abondent, la réalité biologique est souvent bien différente de cette réalité juridique, mais la loi stipule que cette filiation juridique sous-entend une réalité biologique correspondante.


Et cette loi permettra alors d’assurer une stabilité de paternité pour un enfant qui pourrait être, le cas échéant, soumis au « ballottage du vote génétique ».
Didier Sicard, président du Conseil consultatif national d’éthique, s’exprime à ce propos dans le journal Le Monde : « Le rapport à la famille est tout sauf biologique. La vérité génétique ne doit pas forcément l’emporter sur la paternité socialement reconnue, l’éducation ou les relations affectives. »
Que dire alors de l’adoption, ou du don de sperme, qui introduisent la notion de filiation élective ?


Au-delà de l’aspect biologique bien réel, la relation parent- enfant implique aussi un amour désintéressé dont l’existence ne serait pas lié seulement au don d’une part génétique.


Un père qui aime et élève son enfant depuis 1, 3 ou même 15 ans, changera-t-il de comportement affectif parce qu’il recevra un courrier lui apprenant que cet être n’est au bout du compte, pas de son « sang » ?
En dépit des sentiments mêlés qui pourraient assaillir ce père, reprendra-t-il l’amour donné et reçu depuis la naissance de l’enfant, juste parce que leurs gènes ne correspondent pas ?"

Cet amendement ne résistera pas longtemps. Uniquement un moyen pour le gouvernement de caresser dans le sens du poil les électeurs plutôt frontistes. Mariani et Hortefeux leurs disent :" Regarder on va faire chier un peu plus les étrangers".