22/01/2009
Chienne de Vie
Que puis-je dire d'autre ?
Alors que les voeux de nouvel an sont encore chauds, la fatalité s'acharne sur un ami. Une amitié qui est née par ce blog.
C'était à la fin de l'année 2005. En décembre de cette année là, Bruno avait beaucoup commenté certaines notes concernant la gouvernance pas vraiment exemplaire du pouvoir congolais (République du Congo). Il s'en était suivi de nombreux contacts par tous les moyens de communication à notre disposition. Echanges qui avaient permis une entraide extraordinaire entre deux personnes qui ne s'étaient finalement jamais rencontrées de visu.
J'ai assisté depuis 2005 à la lutte continuelle que Bruno menait pour que l'avenir du Congo ne soit pas celui qui se grave dans le marbre depuis trop longtemps déjà. Une société à deux vitesses à l'instar de la plupart des anciennes colonies d'Afrique francophone. Une majorité subissant la pauvreté en étant écrasée par une minorité qui s'approprie l'ensemble des richesses venant des ressources naturelles. Ces gens qui ont pris le pouvoir par les armes et dont les multiples affaires passées ou en cours semblent démontrer qu'ils ne servent que leurs intérêts personnels.
C'est ce que Bruno, dénonçait avec des investigations très poussées pour récolter tous les éléments de preuves démontrant les pratiques scandaleuses du clan au pouvoir. Pas plus loin que samedi dernier, il avait sorti un papier qui avancait plusieurs éléments troublants paraissant démontrer que le gouvernement Congolais s'apprétait de nouveau à avoir recours discrètement aux prêts gagés sur la production pétrolière future du pays. Un préfinancement en négociation, alors que les engagements pris auprès des bailleurs de fonds et des institutions financières internationales l'obligeaient à y renoncer. D'après plusieurs sources, ce papier aurait finalement fait échouer la transaction avec, à la clé, une forte colère de plusieurs acteurs impliqués dans la l'affaire.
Mardi soir encore, nous communiquions à propos de l'investiture de Barack Obama et l'espoir qu'elle suscite pour les oppressés de toute la planète.
Malheureusement, hier au petit matin, la maison de Bruno Ossebi a été la proie des flammes. Sa compagne et ses deux filles sont décédées dans le sinistre. Bruno lutte actuellement à l'hôpital militaire de Brazzaville avec des brûlures au 3ème degré. On peut hélas imaginer le pire sur les circonstances de cet incendie. Et ce d'autant plus que le même jour au matin, la résidence d'un autre défenseur du peuple Congolais, Benjamin Toungamani, était elle aussi la proie des flammes à Orléans. Sans victime à déplorer, fort heureusement.
Peut-on croire qu'à une somme de coïncidences ?
Contrairement aux dignitaires du régime congolais, Bruno n'a pas les moyens d'être rappatrié dans une structure prévue pour traiter les grands brûlés. Il ne peut compter que sur ce système sanitaire congolais dont il a toujours dénoncé les carences inacceptables.
Bruno, rétablis toi vite ! Tu verras sur les différents sites congolais que beaucoup sont derrière toi.
"La paix entre les humains ne dépend que d'eux, elle est possible. Mais elle n'est nullement certaine, le pire est lui aussi possible. Entre le pessimiste désespéré et l'optimiste satisfait, la seule attitude raisonnable est le volontarisme. A nous d'agir, pour que tous les humains combattent ensemble leurs ennemis communs: la maladie, l'égoïsme, la faim, la misère, le mépris. Pour qu'ils acceptent enfin l'évidence: chacun peut trouver sa source chez les autres, tous les autres." Dernier paragraphe de "Mon utopie" d'Albert Jacquard.
19:23 Publié dans République du Congo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bruno ossebi, tragédie




