23/01/2007
Un jour j'achèterai un bateau et je le baptiserai Titanic
Avertissement: cette note est illustrée de manière sonore. Pour entrer complétement dans le sujet, je vous invite à écouter la chanson ci-dessous ci-dessus en la lisant.
Non, je ne suis pas un fan de Leonardo Di Caprio. Beaucoup plus de Kate Winslet. Mais pas trop du film de James Cameron de 1997 qui a fait pleurer dans les chaumières. Il arrive encore fréquemment aux bateaux de couler quelque soit leur taille avec ou sans sous-marin.
Pourquoi cette accroche, alors ?
Avez-vous regardé les actualités de ces jours-ci ? On a aujourd'hui retrouvé le corps d'un marin dont le chalutier avait chaviré en manche. En lisant l'article, stupeurs et tremblements comme dirait Amélie Nothomb, le chalutier était nommé "Manureva". Manureva, vous imaginez ? Une chanson d'Alain Chamfort ! Faut pas s'étonner que votre bateau tienne pas le gros temps.
Surtout, je précise pour les plus jeunes des visiteurs de cet espace, qu'avant d'être une chanson d'Alain Chamfort écrite par Serge Gainsbourg, Manureva était le nom du voilier d'Alain Colas. Un skipper au talent exceptionnel dont les exploits étaient en passe de faire de lui l'un des 2 meilleurs navigateurs français de tous les (mauvais) temps aux côtés d'Eric Tabarly à qui il avait acheté Pen Duick IV pour le rebaptiser "Manureva" (l'oiseau du voyage en tahitien). Malheureusement pour sa famille, sa femme tahitienne et leurs trois enfants en particulier, ses nombreux admirateurs, les forces de la nature ont été les plus fortes. "Manureva" a disparu corps et biens le 16 novembre 1978 lors de la course du rhum. Un signe des temps, cette année là a vu naître le Paris-Dakar où certains skippers d'aujourd'hui font le choix de dévoyer leur talent dans une course honteuse. On n'a jamais retrouvé une seule trace de son naufrage. Ce qui a alimenté pendant de longs mois les plus étonnantes supputations et blagues de mauvais goûts.
Malgré l'admiration pour un tel marin, iriez-vous jusqu'à baptiser votre embarcation du nom d'un bateau disparu ?
Le langage tahitien devra-t-il évoluer pour que Manureva soit maintenant "l'oiseau du dernier voyage" ?
20:00 Publié dans Mer et voiliers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Voilier, Manureva, titanic, Alain Colas, Alain Chamfort, Serge Gainsbourg
24/11/2006
Quelques histoires d'autostop (épisode 1): Faire du Stop à Belle-Île en mer
C'est un sujet intéressant l'autostop. Mais il convient, avant de décrire quelques anecdotes, de dire qu'il faut être très prudent quand on fait de l'autostop ou qu'on prend des autostoppeurs. Si on a un mauvais feeling, il est préférable de s'abstenir.
Première chose dans l'autostop, il faut un autostoppeur (voire une autostoppeuse... parfois les deux) et un autostoppé ou une autostoppée. Comme j'ai joué dans les deux rôles, il y aura plusieurs histoires avec plusieurs point de vue. Mais quelque soit le point de vue, il y a une constante dans mon cas. Je ne peux pas faire du stop ou prendre quelqu'un en stop sans penser à l'histoire de coluche: "l'autostoppeur". Dont voici un trop court extrait:
- J'dis à cette vitesse là on est pas arrivé, hein. Comme ça au moins si on a un accident, on l'aura moins vite.
- Dis faudrait pas qu'on se fasse rentrer dedans, il en resterait pas beaucoup de votre mixer.
I. Séquence grosse paresse: faire du stop à Belle-Île en mer
Un mois de mai des années 90, j'étais parti faire du voilier (sur Héloise I ? ou II ? ou III ? qu'il ne faut pas confondre avec Héloïse) avec un ami skipper de Marseille, le père d'un collègue, à qui appartenait le bateau de course, et un couple qu'il connaissait. En partant de Lorient, nous avions longé Groix où des avions de chasse faisaient des manoeuvres. Un navire de la marine nationale nous avait même sommé de sortir de la zone où nous étions. Nous avions pratiquement eu droit à un panneau du genre : "Cassez vous!".
En nous bougeant de là, nous nous étions rendus vers Belle-île en mer où nous avons mouillé dans la zone de mouillage du port de "Le Palais" qui est la capitale de Belle-île. Deux accostages d'annexe plus tard, nous nous trouvions en ville. Première halte au pub pour rafraîchissements et décision de se rendre de l'autre côté de l'île pour admirer les magnifiques aiguilles de Port Coton dont Monet a fait des toiles célèbres. Quand je dis de l'autre côté de l'île, on ne comptait pas non plus faire l'Île dans le sens de la longueur. Faut pas nous prendre pour des tarés des inconscients, je parle du petit côté. Une simple petite balade de 13 kilomètres, aller et retour. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Nous entamons notre balade par la montée qui permet d'accèder de "Le Palais" vers un plateau où se trouve l'aérodrome de l'Île. Nous sommes devant avec l'ami marseillais et je lui propose de jouer un bon tour aux autres membres de l'équipage. Nous pressons le pas et, une fois hors de vue, nous piquons un sprint pour nous mettre à l'abri d'un virage afin de faire du stop sans que les autres ne puissent nous voir. Par chance, la première voiture qui passe s'arrête (il n'y en a pas des masses de voitures sur Belle-Île ...). C'est une vieille magnifique 4L conduite par un ornithologue.
Pour l'anecdote, c'était la seconde fois que je tombais sur un ornithologue en chair et en os. La première fois, c'était la soeur d'un copain d'école d'ingénieur dont les parents avait une maison de campagne où nous allions, soit pour planter des patates, soit pour couler des dalles en béton. Travaux que nous faisions pendant que sa soeur ramassait les merdes crottes excrêments d'oiseaux (chouettes, hiboux, etc...) pour reconstituer le squelette des animaux qu'ils avaient pris au dîner. Elle nous montrait les différentes opérations juste avant que nous ne prenions notre déjeuner ou notre dîner. Rien de tel qu'une bonne chiure de grand duc pour se mettre en appétit. L'ornithologue de Belle-île ne pouvait pas nous emmener jusqu'à Port Coton mais il nous avait largement épargné 4 kilomètres et nous avait instruit sur les volatiles du cru.
Nous avons fini le chemin pour admirer les belles aiguilles et nous nous sommes installés à la terrasse d'un café pour siroter une bonne dizaine de bières pendant que nos amis finissaient le chemin à pied. Quand nous les avons vu arriver en sueur alors que nous étions frais et dispos à notre terrasse et bourrés, nous avons bien rigolé.
22:35 Publié dans Récits Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belle-ile en mer, autostop, ornithologue, voilier, port coton, monet, le palais




